Kim Hyun

  • Montage

Biographie

Kim Hyun, monteur de cinéma sud-coréen, naît le 5 août 1948 à Gyeongju, en Corée du Sud. Il meurt le 13 janvier 2026, à l’âge de 77 ans. Au cours d’une activité longue de plus d’un demi-siècle, il assure le montage de 185 longs métrages.

Une vocation née dans les salles itinérantes

Enfant, Kim Hyun découvre le cinéma lors d’une projection ambulante organisée dans un village côtier proche de Gampo. Il se rend ensuite jusqu’à cette localité pour assister aux séances installées sur la plage, parfois terminées après minuit. Bon élève et lauréat de concours de dessin, il annonce dès l’école primaire son désir de devenir réalisateur. La pauvreté familiale l’oblige toutefois à interrompre ses études au collège.

À dix-neuf ans, Kim Hyun entre dans une usine de l’industrie chimique et consacre une partie de son salaire à des déplacements vers Busan pour voir des films. Il quitte cet emploi vers l’âge de vingt ans et part seul pour Séoul. Né Kim Hyun-ki, il abrège alors son nom afin que sa famille ne puisse pas facilement le retrouver dans la capitale.

L’année 1967 marque son entrée chez Shin Films, la société fondée par Shin Sang-ok. Kim Hyun souhaitait rejoindre une équipe de réalisation, mais Lee Jang-ho l’oriente vers le montage. Il apprend le métier au temps du travail manuel sur pellicule et demeure au sein du studio jusqu’en 1978. Son premier crédit comme chef monteur lui est confié en 1972 sur La Fille dévouée Sim Cheong, réalisé par Shin Sang-ok.

Le retour au montage et l’ouverture d’un atelier

Après plusieurs années éloignées du métier, Kim Hyun reprend le montage avec La Chasse à la baleine, réalisé par Bae Chang-ho et sorti en 1984. Il ouvre l’année suivante son propre atelier dans le quartier cinématographique de Chungmuro, à Séoul. Cette installation accompagne une période de forte activité durant laquelle il travaille avec des cinéastes appartenant à plusieurs générations du cinéma sud-coréen.

Sa méthode repose sur l’examen du film dans son ensemble. Kim Hyun cherche à préserver la continuité dramatique et règle la durée des plans en fonction du rythme propre à chaque récit. Il considère que le monteur doit disposer d’un jugement indépendant, y compris lorsque le réalisateur souhaite conserver une scène pour des raisons étrangères à la construction du film. Lors du montage de Green Fish, il recommande ainsi à Lee Chang-dong de supprimer une séquence de vengeance familiale tournée après la mort du personnage principal, car elle modifiait la nature du récit.

L’entretien du monteur avec Cine21 en 2003 mentionne quinze récompenses professionnelles déjà obtenues. Kim Hyun reçoit notamment le prix du montage aux Grand Bell Awards en 1985 pour Mother, réalisé par Park Chul-soo. Le festival Chunsa récompense son travail sur Nambugun en 1990, tandis qu’un nouveau Grand Bell lui est attribué en 2002 pour Musa, la princesse du désert.

Une collaboration prolongée avec Lee Chang-dong

La relation professionnelle avec Lee Chang-dong commence lorsque celui-ci passe à la réalisation. Kim Hyun monte Green Fish, premier long métrage du cinéaste, puis poursuit cette collaboration pendant plus de vingt ans. Pour Oasis, il travaille notamment l’enchaînement final entre l’arrestation de Jong-du et la lecture de sa lettre dans l’appartement de Gong-ju.

Secret Sunshine et Poetry sont présentés en compétition au Festival de Cannes, avec Kim Hyun crédité au montage. Le premier vaut à Jeon Do-yeon le prix d’interprétation féminine en 2007, tandis que le second reçoit le prix du scénario en 2010. Cette continuité de travail se prolonge jusqu’à Burning, monté avec Kim Da-won et présenté en compétition cannoise en 2018.

Kim Hyun prend sa retraite après Burning. Le film clôt une carrière commencée sur table de montage et poursuivie pendant le passage de l’industrie sud-coréenne aux procédés numériques. Sa filmographie couvre 185 productions, depuis son premier travail de chef monteur en 1972.

Un engagement collectif dans l’industrie sud-coréenne

En 1987, Kim Hyun signe une déclaration publique de professionnels du cinéma opposés au régime de Chun Doo-hwan. Peu de techniciens participent à cette initiative, dominée par des réalisateurs et des assistants, et il en est l’unique signataire exerçant comme monteur. Des productions lui sont retirées après la publication du texte et les propositions de travail diminuent pendant un temps.

Son atelier accueille par la suite de jeunes cinéastes, auxquels Kim Hyun transmet son expérience du découpage et de la structure dramatique. Pour le premier long métrage de Bang Eun-jin, Princess Aurora, il lui conseille de ne pas tourner trop tôt une séquence finale décisive. La scène est refaite au cours de la production, après que le développement du personnage a permis d’en préciser l’interprétation.

Victime d’une hémorragie cérébrale en 2019, Kim Hyun cesse toute activité et reste malade pendant plusieurs années. Il laisse son épouse et leurs deux filles. Ses funérailles sont organisées à l’hôpital de l’université nationale de Séoul, avant son inhumation au parc Eden de Namyangju.

Filmographie

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