Kim Han-min

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Détails

Autre nom 김한민
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films

Biographie

Kim Han-min, né le 14 novembre 1969 à Suncheon, dans la province du Jeolla du Sud, en Corée du Sud, est un réalisateur, scénariste et producteur sud-coréen surtout connu pour ses films historiques à grand spectacle.

Son nom est étroitement associé à l’un des personnages les plus vénérés de l’histoire coréenne : l’amiral Yi Sun-sin, qu’il a porté à l’écran à travers plusieurs longs-métrages devenus des références du box-office sud-coréen. Avec un sens aigu de la mise en scène, une grande rigueur documentaire et un souci constant de grandeur visuelle, Kim Han-min s’est imposé comme l’un des piliers du cinéma historique coréen, sans pour autant délaisser les aspects humains et émotionnels de ses récits.

Des débuts dans le thriller et une montée rapide

Avant de se faire un nom dans le registre épique, Kim Han-min commence sa carrière dans des genres plus modestes mais déjà exigeants. Il signe son premier long-métrage, Paradise Murdered (극락도 살인사건, 2007), un thriller criminel situé sur une île isolée. Le film intrigue par son atmosphère sombre et sa construction narrative complexe. C’est un succès inattendu qui révèle un réalisateur attentif aux détails, capable de créer une tension dramatique soutenue sans recours excessif à la violence graphique.

Il enchaîne avec Handphone (2009), un thriller technologique autour du chantage et de l’intrusion dans la vie privée, puis avec War of the Arrows (최종병기 활, 2011), un film d’action historique qui lui ouvre une toute nouvelle dimension. Ce dernier, centré sur un archer d’élite luttant contre l’invasion mandchoue au XVIIe siècle, combine scènes de combat spectaculaires, tension dramatique et reconstitution historique minutieuse. Avec plus de 7 millions d’entrées en Corée, Kim Han-min frappe un grand coup.

L’amiral Yi Sun-sin : une trilogie historique monumentale

C’est en 2014 que Kim Han-min entre dans une autre catégorie de réalisateurs avec The Admiral: Roaring Currents (명량), qui reconstitue la célèbre bataille de Myeongnyang (1597) durant laquelle l’amiral Yi Sun-sin, avec à peine une douzaine de navires, repousse une flotte japonaise largement supérieure. Le film devient immédiatement un phénomène. Il dépasse les 17 millions d’entrées, établissant un record historique du box-office coréen.

Au-delà du patriotisme latent du sujet, le succès du film tient à la manière dont Kim Han-min conjugue spectacle et sobriété. La bataille navale centrale est filmée avec une précision presque chorégraphique, mais ce sont les silences, les regards, la tension psychologique du commandement qui donnent tout son poids au récit.

Le réalisateur poursuit sa fresque historique avec Hansan: Rising Dragon (한산: 용의 출현, 2022), centré cette fois sur la bataille de Hansan (1592). Plus contemplatif, plus stratégique, ce deuxième volet confirme son talent pour faire revivre l’histoire avec une rigueur visuelle et narrative impressionnante. Le troisième opus, Noryang: Sea of Death (노량: 죽음의 바다, 2023), clôt la trilogie avec la bataille finale où l’amiral meurt au combat. Ce triptyque, à la fois hommage national et réussite cinématographique, s’inscrit dans une volonté claire : transmettre la mémoire à travers le cinéma, sans tomber dans la glorification facile.

Un cinéma de tradition, mais ancré dans les codes modernes

Kim Han-min n’est pas un réalisateur avant-gardiste, ni un expérimentateur formel. Son cinéma reste très narratif, très cadré, souvent dans une approche classique de la mise en scène. Mais ce classicisme est volontaire, presque revendiqué, et surtout servi par une maîtrise technique redoutable. Les séquences d’action, les batailles en mer, les mouvements de troupe, les stratégies militaires… tout est minutieusement orchestré.

Son intérêt pour les figures historiques fortes, pour les dilemmes moraux liés au pouvoir et au sacrifice, fait de lui un réalisateur profondément préoccupé par la transmission. Il ne cherche pas à réinterpréter l’histoire à tout prix, mais à lui donner un souffle dramatique accessible au plus grand nombre, avec des personnages complexes et crédibles.

Une figure respectée du cinéma coréen contemporain

Sans chercher la lumière ou le statut de vedette, Kim Han-min est devenu un nom incontournable du cinéma sud-coréen. Il n’est pas dans les cercles du cinéma d’auteur qui brillent dans les festivals internationaux, mais il est un acteur majeur de l’industrie nationale, capable de mobiliser des millions de spectateurs autour d’un récit à la fois instructif et spectaculaire.

Son travail sur l’amiral Yi Sun-sin, en particulier, a marqué durablement l’imaginaire collectif sud-coréen, dans un contexte où le cinéma sert aussi à interroger le rapport au passé, à l’identité et à la souveraineté nationale.

Qu’il s’agisse de suspense insulaire, de complots modernes ou de batailles légendaires, Kim Han-min s’impose comme un conteur visuel d’envergure, attaché aux récits où l’honneur, le courage et la stratégie prennent le pas sur la violence gratuite. Un artisan du grand spectacle historique, mais sans effets de manche.

Filmographie

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