Ki Joo-bong
- Casting
Détails
| Autre nom | 기주봉 |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Ki Joo-bong est un acteur sud-coréen né le 3 août 1955 à Gunsan, dans la province du Jeolla du Nord, en Corée du Sud. Avec une carrière débutée dans les années 1970, Ki Joo-bong fait partie de ces acteurs de second plan dont la présence silencieuse et constante a largement façonné l’évolution du cinéma coréen moderne, sans jamais vraiment chercher à se placer au centre du cadre. Et pourtant, il est difficile de parler de la scène indépendante coréenne sans évoquer son nom.
Une carrière enracinée dans le théâtre et les débuts au cinéma
Avant de se faire remarquer à l’écran, Ki Joo-bong fait ses armes au théâtre, où il développe un jeu précis, épuré, souvent chargé d’émotion retenue. Cette formation scénique lui donne une assise naturelle dans des rôles souvent introspectifs, loin des grandes démonstrations d’acteurs plus médiatiques.
C’est à la fin des années 1970 qu’il commence à apparaître dans des productions cinématographiques, d’abord de manière très discrète. Mais ce n’est que plusieurs décennies plus tard que Ki Joo-bong commencera à être réellement reconnu par les cinéphiles, en particulier grâce à sa collaboration avec des réalisateurs emblématiques du cinéma coréen d’auteur.
Un visage familier du cinéma de Hong Sang-soo
Ceux qui suivent le travail du réalisateur Hong Sang-soo connaissent forcément Ki Joo-bong. Les deux hommes collaborent à de nombreuses reprises, notamment dans Hotel by the River (Gangbyeon Hotel) en 2018. C’est d’ailleurs ce film qui vaut à Ki Joo-bong une reconnaissance internationale, puisqu’il y incarne un poète vieillissant et malade, en quête de paix et de sens.
Le rôle, tout en sobriété et en mélancolie, lui permet de remporter le prix du Meilleur acteur au Festival de Locarno. Une belle consécration tardive pour un comédien qui n’a jamais cherché la lumière, mais qui l’a finalement trouvée dans un film contemplatif et presque méditatif. Avec Hong Sang-soo, Ki Joo-bong trouve un terrain de jeu idéal : celui des émotions discrètes, des dialogues semi-improvisés et des silences qui en disent long.
Cette collaboration a profondément renforcé son statut d’acteur respecté dans le circuit des festivals internationaux, tout en confirmant sa place dans un cinéma coréen plus lent, plus réflexif, souvent à contre-courant des grosses productions.
Un acteur au service des rôles, pas des projecteurs
Ce qui caractérise le mieux Ki Joo-bong, c’est probablement sa capacité à se fondre dans l’histoire sans jamais chercher à voler la vedette. Il incarne souvent des personnages secondaires — pères, professeurs, amis — dont la profondeur dépasse leur apparente simplicité. Cette posture en retrait, qu’on pourrait croire passive, est en réalité parfaitement maîtrisée.
Au fil de sa carrière, il est apparu dans une grande diversité de films, allant du drame intimiste au film historique, toujours avec une présence juste, parfois presque invisible, mais étrangement persistante. Le genre d’acteur dont on se souvient sans l’avoir vu s’imposer, et qui construit sa notoriété non pas sur un rôle unique, mais sur une accumulation de performances solides et nuancées.