Kevin J. O'Connor
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 10 films |
Biographie
Kevin J. O’Connor, né le 15 novembre 1963 à Chicago, dans l’Illinois, aux États-Unis, est l’exemple parfait de ces comédiens dont le nom échappe au grand public, mais dont le visage, lui, reste imprimé dans la mémoire collective.
Dès ses débuts dans les années 80, Kevin J. O’Connor se spécialise dans des rôles atypiques, étranges, voire dérangeants, sans jamais tomber dans la caricature. Il n’est pas le héros. Il est celui qui le met en valeur, qui le provoque, ou qui le perturbe.
Formé à la Goodman School of Drama (aujourd’hui DePaul University), Kevin J. O’Connor se destinait d’abord au dessin, mais sa sensibilité artistique trouvera finalement un terrain d’expression plus mouvant : le jeu d’acteur. Et ce terrain, il va le labourer avec une rigueur tranquille, en se construisant une filmographie étonnamment variée, souvent aux marges, parfois au cœur de projets majeurs.
The Mummy, Van Helsing, G.I. Joe : l’empreinte Sommers
Difficile d’évoquer Kevin J. O’Connor sans parler de sa collaboration avec le réalisateur Stephen Sommers. Une relation de confiance qui donnera lieu à une série de rôles très marquants. Dans The Mummy (1999), il incarne Beni Gabor, voleur sans scrupules et traître pathétique, mais rendu presque sympathique grâce à un jeu qui mélange lâcheté comique et flair de survie. Ce personnage, bien qu’antagoniste, est devenu culte, notamment pour ses prières multilingues face à la malédiction imminente, scènes dans lesquelles Kevin J. O’Connor excelle par son sens du timing et de l’expressivité.
Il poursuit cette veine de sidekick étrange avec Van Helsing (2004), où il joue Igor, figure difforme et machiavélique au service du Comte Dracula. Et dans G.I. Joe: The Rise of Cobra (2009), il interprète le docteur Mindbender, un scientifique décalé dont le nom annonce la couleur. Là encore, Kevin J. O’Connor démontre qu’il sait faire exister des personnages secondaires dans des univers visuellement saturés. Il injecte un grain de folie, une étrangeté maîtrisée qui enrichit l’ensemble.
Paul Thomas Anderson, Stephen Frears et les autres : l’acteur fétiche des cinéastes exigeants
Mais Kevin J. O’Connor ne se limite pas à l’univers du divertissement pop corn. Il collabore aussi avec des auteurs reconnus, et pas des moindres. Dans There Will Be Blood (2007), réalisé par Paul Thomas Anderson, il interprète Henry Brands, l’homme qui prétend être le frère du personnage principal joué par Daniel Day-Lewis. Dans ce rôle tout en retenue, il joue une partition radicalement différente : silence pesant, fragilité latente, regard triste. Loin de ses rôles exubérants habituels, Kevin J. O’Connor prouve ici sa capacité à s’effacer dans un jeu minimaliste mais profondément troublant.
On le retrouve aussi dans des films réalisés par Stephen Frears, Francis Ford Coppola, ou encore Robert Redford. Cette diversité de collaborations montre à quel point son profil d’acteur, bien que singulier, reste utile à de nombreuses visions de cinéma. Il s’adapte, sans se diluer.
Une figure caméléon du second rôle
Ce qui rend Kevin J. O’Connor si intéressant à suivre, c’est sa capacité à disparaître dans ses rôles, tout en laissant une trace. Il peut être drôle, inquiétant, pitoyable ou même poétique, parfois tout ça en même temps. Il ne cherche pas la gloire. Il cherche la justesse.
Il représente un archétype rare : celui du comédien que les réalisateurs adorent parce qu’il donne de la texture aux films, sans jamais tirer la couverture à lui. Il ne vole pas la scène, il la complète. Et c’est sans doute pour cela qu’il apparaît aussi bien dans des grosses productions que dans des films d’auteur, parfois à trois décennies d’écart, avec la même intensité discrète.