Kelly Asbury
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Kelly Asbury, né le 15 janvier 1960 à Beaumont (Texas) et décédé le 26 juin 2020, a laissé une empreinte discrète mais solide dans l’univers du cinéma d’animation. Américain pur jus, c’est à travers les histoires animées qu’il a trouvé sa voie, et sans jamais vraiment chercher la lumière des projecteurs, il a su en projeter beaucoup sur les écrans du monde entier.
Formé à la California Institute of the Arts, l’une des pépinières les plus prestigieuses pour les artistes d’animation, Kelly Asbury a rapidement mis le pied dans l’industrie à une époque où l’animation traditionnelle battait son plein. Son entrée chez Walt Disney Animation Studios dans les années 1980 l’a vu participer à plusieurs classiques du studio. Si son nom ne sautait pas encore aux yeux du grand public, il figurait néanmoins dans les crédits de films tels que La Petite Sirène, La Belle et la Bête ou encore Le Roi Lion, dans lesquels il a contribué à la mise en forme visuelle et narrative.
De l’ombre des studios à la réalisation
Ce n’est pourtant pas chez Disney que Kelly Asbury obtiendra ses plus grandes responsabilités. C’est en rejoignant DreamWorks Animation qu’il passe à la réalisation, avec notamment Spirit, l’étalon des plaines en 2002, co-réalisé avec Lorna Cook. Ce western animé, centré sur un cheval libre et rebelle, affiche un style visuel audacieux et une narration plus mature que les productions animées classiques de l’époque. Le film reçoit un accueil critique chaleureux et une nomination à l’Oscar du meilleur film d’animation.
Mais c’est surtout en 2004 que Kelly Asbury marque durablement les esprits avec Shrek 2. Ce second opus, qu’il co-réalise, devient un phénomène planétaire, tant pour son humour décalé que pour sa capacité à séduire petits et grands. Grâce à son travail, Kelly Asbury contribue à élever Shrek au rang d’icône de la pop culture. Il apporte une touche narrative pleine d’ironie et de dérision, sans jamais perdre de vue l’émotion sincère des personnages.
Une curiosité constante pour les formes nouvelles
Toujours à l’écoute de son époque, Kelly Asbury ne s’est pas contenté de suivre les tendances, il a aussi cherché à expérimenter dans ses choix. En 2011, il réalise Gnoméo et Juliette, une version revisitée et déjantée de l’histoire de Shakespeare, avec des nains de jardin comme protagonistes. Si le concept peut prêter à sourire, le film s’offre un joli succès public et prouve que Kelly Asbury aime s’aventurer là où on ne l’attend pas forcément.
Il récidive quelques années plus tard avec Les Schtroumpfs et le village perdu, sorti en 2017, un retour à l’esprit des bandes dessinées d’origine, plus proche de la patte de Peyo. Dans ces projets plus familiaux et plus légers, il démontre un vrai savoir-faire pour maintenir l’équilibre entre accessibilité enfantine et humour pour les adultes.
Un artiste polyvalent, rarement au premier plan
En plus de la réalisation, Kelly Asbury s’est régulièrement illustré dans d’autres domaines de la production. Il a écrit, illustré, participé à la conception des personnages, prêté sa voix à quelques occasions. Cette polyvalence, souvent discrète, faisait de lui un collaborateur précieux dans n’importe quel studio. Il avait aussi publié plusieurs livres pour enfants, avec une approche visuelle très personnelle et une tendresse palpable dans ses récits.
Son style n’était peut-être pas flamboyant ni immédiatement reconnaissable, mais Kelly Asbury faisait partie de ces artisans du cinéma qui façonnent des œuvres populaires sans chercher à y apposer leur signature à tout prix. Il était avant tout un amoureux des histoires et des images, soucieux de leur donner vie avec sincérité.
Un héritage à hauteur d’humain
La disparition de Kelly Asbury en 2020, à l’âge de 60 ans, des suites d’un cancer, a attristé de nombreux collègues et passionnés d’animation. Même si son nom reste moins connu que d'autres figures de l'industrie, son travail continue de toucher les spectateurs à travers des films devenus cultes. Il fait partie de cette génération qui a su accompagner l’animation dans son passage vers le numérique, sans renier la poésie de l’animation traditionnelle.
À travers des projets audacieux ou ludiques, ambitieux ou décalés, Kelly Asbury a démontré qu’un bon conteur sait aussi rester à l’écoute de ses personnages, de son public, et parfois, de ses envies les plus farfelues. Et c’est peut-être là que réside sa plus grande réussite : avoir su faire sourire, rêver et réfléchir, sans jamais se prendre trop au sérieux.
Filmographie
5 sur 5 films