Keith Giffen

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Filmographie 6 films

Biographie

Keith Giffen, né le 30 novembre 1952 à Queens, New York (États-Unis) et décédé le 9 octobre 2023, était un scénariste, dessinateur et créateur de comics américain, reconnu pour son style visuel distinctif, son humour cinglant et sa capacité à casser les codes du genre super-héroïque, souvent avec une audace jubilatoire.

Figure incontournable du monde des comics, il a marqué l’univers DC, influencé le ton de nombreuses séries, et laissé une empreinte durable sur les lecteurs et les auteurs. Sa carrière, riche et parfois chaotique, s’est déployée sur plus de quarante ans, et son travail, souvent provocateur ou méta, a contribué à faire des comics un terrain d’expérimentation narratif, bien au-delà de la simple baston en collants.

Un style visuel singulier et immédiatement reconnaissable

Keith Giffen commence comme dessinateur dans les années 1970. Très vite, son style se distingue : des visages expressifs, des compositions audacieuses, un sens du rythme visuel qui attire l’œil et bouscule les formats classiques. Il n’hésite pas à adopter des layouts innovants, parfois inspirés par les comics européens ou l’underground américain, tout en restant au service de l’histoire.

Au fil du temps, même s’il dessinera de moins en moins (au profit du scénario), son influence graphique reste forte, notamment à travers ses travaux sur Legion of Super-Heroes ou Ambush Bug, où il mêle habilement satire et absurdité.

La Justice League version Giffen : humour, camaraderie et déconstruction

C’est dans les années 1980 que Keith Giffen explose réellement, notamment avec sa version de la Justice League (rebaptisée Justice League International) qu’il coécrit avec J.M. DeMatteis, illustrée par Kevin Maguire. Au lieu de proposer une équipe de super-héros solennels et héroïques, Giffen injecte un humour décapant, des conflits absurdes, des personnalités dysfonctionnelles, et même des blagues de bureau.

Résultat ? Une série devenue culte, pleine de dialogues hilarants et de moments inattendus (oui, le coup de poing de Batman à Guy Gardner, c’était lui). Il y transforme des personnages secondaires comme Booster Gold, Blue Beetle ou Fire & Ice en icônes de la comédie super-héroïque, tout en explorant des thématiques sérieuses avec un ton plus léger que d’habitude.

C’est un tournant majeur pour DC, et un rare exemple de série mainstream qui ose l’auto-dérision assumée sans tomber dans la parodie gratuite.

Créateur infatigable, explorateur de genres

Tout au long de sa carrière, Keith Giffen multiplie les projets, les styles et les collaborations. Il travaille sur Legion of Super-Heroes, Lobo (dont il est co-créateur), Ambush Bug (sorte de Deadpool avant l’heure), O.M.A.C., Threshold, Trencher, et bien d’autres titres.

Il n’hésite pas à jouer avec la métanarration, à casser le quatrième mur, à se moquer des conventions tout en les maîtrisant parfaitement. Il est aussi capable d’écrire des récits sombres et durs, comme avec L.E.G.I.O.N. ou certaines séries cosmiques de DC.

Chez Marvel, il signe aussi quelques épisodes de Annihilation, relançant des personnages oubliés comme Star-Lord, Nova ou Rocket Raccoon, bien avant qu’ils ne deviennent des stars de cinéma. Son rôle dans la renaissance du cosmique Marvel est souvent sous-estimé.

Un auteur sans filtre, respecté pour sa franchise

Keith Giffen était aussi connu pour son franc-parler, sa distance vis-à-vis de l’industrie, et son humour noir souvent dirigé contre lui-même ou les travers du monde des comics. Il n’était pas là pour séduire les comités éditoriaux ni flatter les egos. Il aimait raconter des histoires, tester des idées, et parfois tout envoyer valser, quitte à perdre quelques lecteurs en route.

Mais ceux qui le suivaient savaient à quoi s’attendre : quelque chose d’unique, de grinçant, de différent, toujours nourri par une connaissance intime du médium et un plaisir évident à le tordre dans tous les sens.

Keith Giffen : un esprit libre du 9e art américain

Keith Giffen, ce n’était pas un simple artisan de comics. C’était un expérimentateur, un trublion créatif, un visionnaire aux doigts tachés d’encre, qui a su imposer sa voix dans un milieu parfois formaté. Il a prouvé qu’on pouvait faire rire dans un monde de super-héros sans le ridiculiser, et que le fond pouvait être aussi sérieux que la forme était décalée.

Son influence se retrouve aujourd’hui dans des séries irrévérencieuses comme The Boys, Deadpool ou Doom Patrol version moderne, et chez toute une génération de scénaristes et dessinateurs qui n’ont pas peur de jouer avec les genres.

Et comme il l’a lui-même écrit (posthume, bien sûr) : "I told them I was sick... anything not to go to New York Comic Con." Une dernière vanne pour la route, fidèle à l'esprit Keith Giffen jusqu’au bout.

Filmographie

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