Karra Elejalde
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 4 nominations et 2 victoires |
Biographie
Karra Elejalde, né Carlos Elejalde Garay le 10 octobre 1960 à Vitoria-Gasteiz, au Pays basque (Espagne), est un acteur, scénariste et réalisateur espagnol qui incarne une forme de versatilité rare dans le paysage cinématographique ibérique.
À la fois capable de porter des films d’auteur exigeants et des comédies grand public à succès, Karra Elejalde a su s’imposer, au fil de plusieurs décennies, comme une figure familière et respectée, aussi bien par ses pairs que par le public.
Son surnom “Karra”, adopté dès ses débuts dans le monde artistique, reflète bien le ton de sa carrière : accessible, direct, enraciné dans le quotidien. Il commence par le théâtre indépendant au début des années 80, à une époque où le cinéma espagnol est encore en pleine mutation post-franquiste. Très vite, il trouve sa voie dans des rôles qui lui permettent d’explorer la complexité humaine, souvent avec un humour grinçant ou une gravité inattendue.
Des débuts ancrés dans la liberté du cinéma basque
Avant de devenir une référence nationale, Karra Elejalde est d’abord une figure importante du cinéma indépendant basque. Il collabore régulièrement avec Juanma Bajo Ulloa et Julio Medem, deux réalisateurs qui contribuent à renouveler le langage cinématographique espagnol dans les années 90. On le retrouve dans La madre muerta ou encore Airbag, film culte qui mêle action déjantée et comédie explosive, où Karra Elejalde se distingue par son charisme rugueux et son sens inné de la répartie.
C’est aussi à cette période qu’il commence à écrire et à réaliser ses propres projets, comme Año Mariano, coécrit avec Fernando Guillén Cuervo. Il y mêle absurde, satire et références populaires, dans un style parfois anarchique mais toujours singulier. Cette liberté de ton, cette volonté de sortir des cases, resteront présentes tout au long de sa carrière.
Une reconnaissance tardive, mais éclatante
Bien qu’actif depuis les années 80, Karra Elejalde connaît une vraie reconnaissance nationale plus tard, grâce à des rôles marquants dans les années 2010. Il surprend le public avec También la lluvia (2010) de Icíar Bollaín, où il joue un producteur de cinéma cynique en tournage en Bolivie, dans un récit à double niveau sur le colonialisme et l’engagement. Son interprétation lui vaut le Goya du meilleur second rôle masculin, un tournant dans sa carrière. Fini les seconds rôles anecdotiques, Karra Elejalde devient un nom que l’on associe à des performances solides, puissantes, nuancées.
Mais c’est avec Ocho apellidos vascos (2014), énorme succès populaire, qu’il devient véritablement une figure transgénérationnelle. Il y incarne Koldo, père basque traditionaliste, dans une comédie romantique jouant sur les stéréotypes régionaux. Le film, tout en étant très grand public, permet à Karra Elejalde de montrer une nouvelle facette : celle d’un comédien capable d’attirer des millions de spectateurs en jouant sur l’autodérision et le décalage. Il reprendra le rôle dans Ocho apellidos catalanes, confirmant son statut d’acteur “bankable” sans renier son parcours plus indépendant.
Un acteur à l’aise dans tous les registres
La force de Karra Elejalde, c’est sa capacité à naviguer entre des univers très différents, sans jamais trahir son style. Il peut incarner un homme ordinaire face à des situations absurdes, comme dans Los cronocrímenes (2007), un film de science-fiction minimaliste réalisé par Nacho Vigalondo, devenu culte parmi les amateurs du genre. Il peut aussi porter des rôles historiques avec une présence magnétique, comme celui de Unamuno dans Mientras dure la guerra (2019), réalisé par Alejandro Amenábar. Ce rôle, qui le plonge dans les heures sombres de la guerre civile espagnole, lui vaut un deuxième Goya, cette fois comme meilleur acteur principal.
Dans chacun de ces rôles, Karra Elejalde apporte une gravité discrète, une sincérité brute, parfois désarmante. Il n’a pas besoin de grands discours ou de gestes spectaculaires. Il laisse le poids des silences, des regards, des hésitations s’installer. Son jeu est profondément humain, souvent teinté d’un humour amer, d’une forme de tendresse désabusée qui rend ses personnages d’autant plus crédibles.