Karin Viard
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 14 films |
Biographie
Karin Viard est née le 24 janvier 1966 à Rouen, en France, dans une famille qui, contrairement à ce que son naturel exubérant pourrait laisser croire, n’était pas du tout ancrée dans le milieu artistique. Et pourtant, c’est sur les planches puis à l’écran que Karin Viard trouve très vite sa manière bien à elle de dire le monde : sans faux-semblants, avec intensité, humour, et parfois même une forme de brutalité salvatrice. Actrice à la présence vive, au timbre vocal immédiatement identifiable, elle s’impose rapidement comme l’un des visages les plus singuliers et les plus reconnus du cinéma français contemporain.
Ce qui définit Karin Viard, c’est peut-être cette liberté totale de ton et de jeu, qu’on sent même dans ses rôles les plus cadrés. Elle ne s’excuse de rien, ose tout, et surtout n’a pas peur de paraître antipathique ou gênante, tant que le personnage est sincère. Elle alterne avec un naturel déconcertant entre rôles dramatiques intenses et comédies acides, en passant par des portraits de femmes ordinaires, touchantes, parfois brisées, mais jamais banales.
Des débuts progressifs, puis une ascension marquée par l’audace
Après avoir été élève au Cours Florent, Karin Viard débute au cinéma dans les années 90, mais ce n’est qu’à partir de La Nage indienne (1993) et surtout Delphine 1 – Yvan 0 (1996) qu’elle commence à se faire remarquer. Elle impose alors une manière de jouer très directe, souvent nerveuse, sans coquetterie, qui tranche dans le paysage assez lisse du cinéma de l’époque. Sa personnalité artistique intrigue autant qu’elle séduit.
C’est dans Haut les cœurs ! (1999), où elle interprète une jeune femme atteinte d’un cancer, qu’elle révèle toute l’étendue de sa palette émotionnelle. Ce rôle lui vaut le César de la meilleure actrice, et ancre son image d’actrice à fleur de peau, mais toujours dans la retenue, jamais dans le misérabilisme.
Une filmographie dense, entre cinéma d’auteur et succès grand public
Ce qui impressionne dans le parcours de Karin Viard, c’est sa capacité à passer d’un univers à l’autre sans jamais perdre sa cohérence artistique. Elle peut être glaçante dans Les Randonneurs, touchante dans Ma part du gâteau, féroce dans La Famille Bélier, décalée dans Le Goût des autres, ou glaçante dans L’Ennemi public n°1. Elle ne joue pas, elle habite ses rôles, souvent à la limite de l’inconfort, mais toujours avec une justesse indéniable.
Dans Les Chatouilles, Polisse, L’origine du monde, ou Je vais mieux, elle prouve qu’elle est capable de tordre les conventions narratives et morales, sans jamais perdre le spectateur. Même quand elle incarne des personnages antipathiques, manipulateurs, cassants, elle reste d’une grande humanité. Elle ne cherche pas à être aimée : elle cherche à être vraie.
Une actrice populaire, mais jamais consensuelle
Karin Viard a cette rare capacité à rassembler un large public sans jamais lisser son propos. Elle peut jouer dans des comédies familiales diffusées à grande échelle, tout en gardant sa liberté de ton, sa petite touche d’irrévérence, son regard critique sur la société et ses hypocrisies. Elle n’a pas peur de déplaire, ou en tout cas ne fait rien pour plaire à tout prix. Cette authenticité brutale, un brin provocatrice, fait partie de son ADN artistique.
Elle n’est pas "bankable" dans le sens lisse du terme, mais elle attire, intrigue, questionne, et surtout ne laisse jamais indifférent. Ses personnages sont souvent des femmes en colère, en crise, ou en révolte, mais jamais caricaturales. Il y a toujours du trouble, du doute, de la complexité. Et c’est ce qui les rend si proches de nous.
Une femme de théâtre et de convictions
Si elle est majoritairement connue pour sa carrière cinématographique, Karin Viard revient régulièrement au théâtre, où elle se distingue par son engagement physique et émotionnel. Elle aime les textes puissants, les auteurs qui bousculent, les partitions exigeantes. Sur scène, elle donne tout — sans filtre, sans masque.
En dehors de son travail d’interprète, elle prend aussi la parole sur des sujets de société, sans chercher à devenir une figure militante, mais toujours avec franchise. Elle parle de la condition féminine, du regard porté sur les actrices vieillissantes, de la place des émotions dans le jeu, avec une honnêteté parfois désarmante, souvent salutaire.