Karen Black

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Karen Black est née le 1er juillet 1939 à Park Ridge, dans l’Illinois, aux États-Unis, et elle est décédée le 8 août 2013 à l’âge de 74 ans. De son vrai nom Karen Blanche Ziegler, elle est restée dans les mémoires comme l’une des figures les plus atypiques et inclassables du cinéma américain des années 1970.

Avec ses yeux asymétriques, sa voix traînante et son jeu toujours un peu en décalage, Karen Black n’était pas une actrice classique, elle était une présence, presque une vibration à part entière.

Elle ne se contentait pas d’interpréter ses personnages, elle les absorbait, souvent jusqu’à l’inconfort. Qu’elle joue une serveuse romantique, une femme instable, une créature de l’étrange ou une mère en crise, Karen Black donnait à chaque rôle une étrangeté organique, un mélange d’intuition brute et d’émotion mal contenue. Et c’est justement cela qui fascinait : on ne savait jamais vraiment où elle allait nous emmener.

Une ascension fulgurante avec le Nouvel Hollywood

Karen Black débute au cinéma dans les années 60, mais c’est avec l’explosion du Nouvel Hollywood dans les années 70 qu’elle s’impose comme une actrice incontournable. Elle joue dans Easy Rider (1969), l’un des symboles de cette contre-culture filmique, puis enchaîne avec Five Easy Pieces (1970), où elle donne la réplique à Jack Nicholson dans un duo resté mythique. Son personnage de Rayette Dipesto, serveuse un peu paumée et follement sincère, lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle et un Golden Globe.

Ce rôle définit une bonne partie de sa carrière : Karen Black incarne comme personne ces femmes en marge, sensibles mais imprévisibles, à la fois tendres et dérangeantes. Son jeu n’est jamais académique, il est instinctif, presque animal parfois. Ce n’est pas qu’elle casse les codes, c’est qu’elle ne semble jamais les avoir appris — ou alors qu’elle les contourne avec une grâce désordonnée.

Une actrice prolifique, entre auteurisme et cinéma de genre

Dans les années 1970, Karen Black devient l’une des actrices fétiches de cinéastes comme Robert Altman, Francis Ford Coppola, ou encore John Schlesinger. Elle tourne dans The Great Gatsby (1974), où elle campe Daisy’s cousin Jordan Baker avec une classe rétro teintée d’ironie. Elle enchaîne ensuite avec Nashville (1975), The Day of the Locust, ou encore Airport 1975, où elle est l’hôtesse de l’air aux commandes d’un avion en perdition (oui, vraiment).

Elle excelle aussi dans le cinéma de genre, et notamment l’horreur, où son visage expressif et sa capacité à frôler la folie sans basculer complètement font des merveilles. Dans le téléfilm culte Trilogy of Terror (1975), elle incarne pas moins de trois rôles différents, dont une femme poursuivie par une figurine tribale démoniaque — un segment devenu légendaire chez les amateurs d’angoisse vintage. Son statut d’icône du cinéma bis et de l’horreur psychologique se forge là, dans cette capacité à rendre le grotesque crédible, et l’effroi presque touchant.

Une carrière volontairement hors des sentiers battus

Contrairement à beaucoup d’actrices de son époque, Karen Black ne cherche pas la sécurité des grands studios ou des rôles prévisibles. Elle multiplie les films indépendants, accepte des projets marginaux, parfois même bancals, mais toujours motivés par une forme de recherche artistique. Son jeu, souvent qualifié de "trop", est en réalité un refus des filtres : elle montre les émotions à vif, sans chercher à les lisser.

Cette attitude lui vaut d’être adorée des cinéastes, mais parfois mal comprise du grand public. Ce n’est pas grave : Karen Black n’a jamais cherché à plaire. Elle voulait explorer, bousculer, ressentir, transmettre. Elle écrivait, composait, chantait aussi — notamment des chansons country mélancoliques à souhait — comme si la comédie ne suffisait pas à contenir tout ce qu’elle avait à dire.

Une figure culte, redécouverte après sa mort

Même si sa notoriété s’est un peu estompée dans les années 1990 et 2000, Karen Black n’a jamais cessé de tourner. Elle reste une actrice culte, adulée par les amateurs de cinéma bis, de séries B, de films de genre à la frontière de l’étrange et du dérangeant. Son influence se retrouve chez de nombreuses actrices et réalisatrices d’aujourd’hui, attirées par cette idée qu’on peut être imparfaite, excessive, mais profondément vraie à l’écran.

Elle meurt en 2013 d’un cancer, après une carrière riche de plus de 100 films, d’innombrables rôles, et surtout d’une liberté artistique revendiquée jusqu’au bout. Son regard, légèrement asymétrique, est devenu une signature — non pas une bizarrerie, mais une force. Une manière d’annoncer qu’ici, rien ne sera tout à fait normal. Et que c’est justement pour ça qu’on regarde.

Filmographie

6 sur 6 films

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