Kaori Momoi

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Détails

Autre nom 桃井 かおり
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films

Biographie

Kaori Momoi (桃井 かおり, Momoi Kaori) est née le 8 avril 1952 à Tokyo, au Japon. Actrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste et productrice, Kaori Momoi incarne une forme de liberté artistique rare dans le paysage cinématographique japonais. Depuis les années 1970, elle construit une carrière aussi prolifique qu’éclectique, entre cinéma d’auteur, films commerciaux, expériences internationales et projets personnels où elle tient parfois tous les rôles.

Dotée d’une présence scénique magnétique et d’une expressivité parfois déroutante, Kaori Momoi a su s’imposer comme l’une des figures majeures du cinéma japonais contemporain, sans jamais se laisser enfermer dans un style ou une étiquette. Une artiste en constante mutation, imprévisible mais toujours singulière.

Un début fulgurant dans le cinéma des années 70

C’est au retour d’un séjour à Londres, où elle étudie la danse classique à la Royal Ballet School, que Kaori Momoi se tourne vers le cinéma. Elle débute en 1971 dans Tohoshata: Joyû de Kon Ichikawa, puis enchaîne très rapidement les rôles, se faisant une place dans le nouveau cinéma japonais post-golden age.

Elle devient rapidement l’une des actrices fétiches d’Imamura, tournant notamment dans La Vengeance est à moi (Vengeance Is Mine, 1979), où elle livre une performance crue, intense, au sein d’un univers réaliste et brutal. Elle collabore aussi avec Akira Kurosawa, dans Kagemusha (1980), un film majeur dans lequel elle incarne la concubine du seigneur Takeda.

Dès cette époque, Kaori Momoi impose un style à part : un jeu à la fois instinctif, ironique, nerveux, où l’on sent toujours une distance avec le rôle, comme si elle refusait la fusion totale avec le personnage. Cette posture, rare dans le cinéma japonais, fait d’elle une figure à part.

Une filmographie impressionnante, marquée par l’audace

Durant les années 1980 et 1990, Kaori Momoi ne cesse d’explorer des rôles inattendus : prostituée ou épouse respectable, mère brisée ou séductrice manipulatrice, femme d’affaires ou marginale... Elle évite avec constance les chemins balisés. Elle travaille avec des cinéastes exigeants comme Yôji Yamada, Shinji Sômai, Kaneto Shindô, ou encore Jun Ichikawa.

Sa filmographie est immense, souvent labyrinthique, car elle n’hésite pas à alterner cinéma d’auteur, séries télévisées, et même musique. Elle sort plusieurs albums dans les années 70 et 80, entre pop japonaise et morceaux expérimentaux, preuve de son envie constante de se réinventer.

En parallèle, elle entame une carrière à l’international, avec des rôles dans Memoirs of a Geisha (2005) de Rob Marshall, ou The Sun (2005) d’Alexander Sokourov, où elle incarne l’impératrice du Japon dans un registre presque spectral.

Une artiste complète derrière la caméra

À partir des années 2000, Kaori Momoi commence à passer derrière la caméra. Elle écrit, réalise et produit plusieurs films, dont Faces of a Fig Tree (2006), une œuvre étrange et poétique, portée par un ton très personnel. Le film, sélectionné au Festival de Berlin, divise mais confirme son regard d'autrice à part entière, résolument en dehors des cadres habituels du cinéma nippon.

Son cinéma, comme son jeu, échappe aux définitions simples. Elle préfère les dissonances aux réponses claires, l’imperfection à la maîtrise académique. Une approche qui séduit autant qu’elle désarçonne, mais qui témoigne d’une vraie indépendance artistique.

Une actrice libre, hors système

L’une des caractéristiques les plus frappantes de Kaori Momoi, c’est qu’elle n’appartient à aucune école. Ni star formatée du grand public, ni figure canonique du cinéma d’auteur, elle évolue entre les deux mondes, libre de ses choix, souvent à contre-courant.

Elle est aussi connue pour son franc-parler, ses prises de position parfois tranchées sur l'industrie du cinéma japonais, qu’elle juge souvent trop conservatrice. Cette position critique, ajoutée à une carrière aussi dispersée que foisonnante, l’a parfois marginalisée… sans jamais l’effacer. Bien au contraire, elle a conservé une forme de culte autour de sa personne, aussi bien chez les cinéphiles japonais qu’à l’international.

Filmographie

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