Justin Hurwitz
- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompenses | 6 nominations et 3 victoires |
Biographie
Justin Hurwitz, né le 22 janvier 1985 à Los Angeles, en Californie, est un compositeur et scénariste américain surtout connu pour sa collaboration étroite avec le réalisateur Damien Chazelle. Derrière chaque grande scène de La La Land ou Whiplash, il y a souvent une partition signée Justin Hurwitz, toujours là pour souligner la tension, l’émerveillement ou la mélancolie. Il fait partie de cette génération de compositeurs qui marient l’exigence musicale classique avec une modernité parfaitement calibrée pour le cinéma d’auteur.
Les débuts de Justin Hurwitz : Harvard, jazz et amitié fondatrice
C’est sur les bancs de Harvard que Justin Hurwitz rencontre Damien Chazelle, lors de leurs études communes. Ils partagent une passion pour la musique, le cinéma... et surtout, une volonté de créer. Ensemble, ils montent un groupe de rock universitaire (au nom peu subtil mais totalement honnête : Chester French), puis commencent à travailler sur des courts-métrages. La complicité artistique est immédiate, et ne les quittera plus.
Leur première collaboration professionnelle voit le jour avec Guy and Madeline on a Park Bench (2009), un film musical tourné en noir et blanc avec un budget riquiqui. La musique, déjà signée Justin Hurwitz, pose les bases de son style : influences jazz assumées, instrumentation soignée, et sens aigu du rythme narratif. Le film passe presque inaperçu à sa sortie, mais dans les cercles du cinéma indépendant, on commence à chuchoter que ces deux-là ont un truc.
Whiplash : l’explosion sous tension
En 2014, Whiplash propulse le duo Chazelle-Hurwitz sur le devant de la scène internationale. Dans ce thriller musical où un jeune batteur affronte un professeur tyrannique, Justin Hurwitz ne compose pas seulement de la musique : il conçoit une véritable tension sonore. Les morceaux de batterie deviennent presque des dialogues. Le silence lui-même prend une valeur dramatique. Et le spectateur se retrouve au bord de son siège, le cœur battant au rythme des percussions.
La musique de Whiplash n’est pas là pour enrober les scènes, elle en est le moteur. Et dans ce film où le tempo est une question de vie ou de mort, Justin Hurwitz livre une bande-son nerveuse, précise, qui deviendra une référence instantanée dans l’univers des films musicaux modernes.
La La Land : l’envolée lyrique et les Oscars
Puis vient La La Land (2016). Et là, on change complètement de registre. Place à la couleur, au romantisme assumé, aux chansons qui font danser... et pleurer. Pour ce film hommage aux comédies musicales hollywoodiennes, Justin Hurwitz compose une bande originale inoubliable, avec des morceaux comme City of Stars ou Another Day of Sun, qui resteront dans les oreilles bien après la dernière note.
Résultat : deux Oscars pour Justin Hurwitz, celui de la meilleure musique originale et celui de la meilleure chanson originale. Sans parler des Golden Globes, des BAFTA et d’une reconnaissance internationale immédiate. Il devient alors l’un des compositeurs les plus en vue d’Hollywood, tout en conservant un style très personnel, fait de sophistication discrète et d’émotion retenue.
First Man et Babylon : des ambiances radicalement différentes
Avec First Man (2018), biopic centré sur Neil Armstrong, Justin Hurwitz prouve qu’il ne se cantonne pas au jazz ou à la comédie musicale. Il compose ici une partition plus atmosphérique, utilisant le theremin pour évoquer le mystère de l’espace et l’intériorité du personnage. Loin des envolées lyriques de La La Land, cette musique est plus froide, presque introspective, mais tout aussi précise dans sa fonction narrative.
Il retrouve à nouveau Damien Chazelle pour Babylon (2022), plongée dans le Hollywood des années 1920. Là, Justin Hurwitz livre une bande-son explosive, baroque, et totalement débridée. Entre jazz halluciné et orchestration chaotique, la musique accompagne l’excès, le tumulte et la décadence. Encore une fois, il adapte son style au ton du film, tout en conservant son exigence d’orfèvre.
Un compositeur rare et exigeant, fidèle à sa vision
Justin Hurwitz compose peu, mais toujours avec soin. Il ne court pas les projets, préférant rester fidèle à ses collaborations de cœur. Il travaille presque exclusivement avec Damien Chazelle, ce qui contribue à construire une œuvre cohérente et singulière. Chaque partition est pensée comme une extension du récit, et non comme un simple habillage.
Sa musique, toujours très écrite, trouve un équilibre entre émotion pure et complexité technique. Il aime les harmonies classiques, mais n’hésite pas à expérimenter. Il est autant à l’aise dans un studio d’enregistrement que devant un piano à queue, et ne cherche jamais à en faire trop.