Jun Kunimura
- Casting
Détails
| Autre nom | 國村 隼 |
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Nationalité |
| Filmographie | 12 films |
Biographie
Jun Kunimura (en japonais 國村 隼, prononcé Kunimura Jun), est né le 16 novembre 1955 à Yatsushiro, dans la préfecture de Kumamoto, au Japon. Comédien aux multiples visages, Jun Kunimura est l’un de ces acteurs qu’on ne voit pas toujours venir, mais dont la présence magnétique ne laisse jamais indifférent. Qu’il joue un yakuza impitoyable, un père brisé ou un homme de pouvoir ambigu, il parvient systématiquement à captiver sans forcer.
Une carrière forgée dans le cinéma japonais des années 80 et 90
Après avoir étudié le théâtre au Osaka Broadcasting Corporation Acting School, Jun Kunimura débute sa carrière à la fin des années 1970. Il se fait rapidement remarquer dans des films de genre, notamment ceux signés Kinji Fukasaku, l’un des grands maîtres du cinéma de gangsters japonais. Ce terrain fertile, mêlant action, drame et tension morale, correspond parfaitement à son jeu tout en intériorité, capable d’exprimer l’angoisse ou la menace sans crier.
Durant les années 80 et 90, il enchaîne les rôles dans les films de yakuza, mais aussi dans des thrillers, des drames sociaux et des œuvres plus expérimentales. Il devient un acteur fétiche de Katsuyuki Motohiro, Takeshi Kitano ou encore Takashi Miike, avec qui il explore les zones troubles de la violence psychologique et du pouvoir.
Un visage marquant pour les cinéphiles occidentaux
À l’international, Jun Kunimura est peut-être surtout connu pour ses apparitions dans des productions occidentales, où il a toujours su apporter une profondeur inattendue à des rôles parfois secondaires mais jamais anecdotiques. Il fait une apparition remarquée dans Black Rain de Ridley Scott (1989), l’un des premiers films hollywoodiens à vouloir plonger sérieusement dans l’univers des yakuzas japonais.
Mais c’est surtout Quentin Tarantino qui le met véritablement sous les projecteurs mondiaux avec Kill Bill: Volume 1 (2003), où Jun Kunimura incarne un patron de la pègre dans une scène aussi brève qu’intense. Ce caméo, devenu culte, révèle au grand public occidental ce visage dur, presque hiératique, capable d’imposer le silence par un simple regard.
On le retrouve également dans des collaborations coréennes et chinoises, preuve de son rayonnement régional et de sa capacité à dépasser les frontières culturelles.
The Wailing : un sommet d’ambiguïté et de maîtrise
En 2016, Jun Kunimura livre sans doute l’une de ses plus grandes performances dans le film coréen The Wailing (Goksung), réalisé par Na Hong-jin. Il y incarne un mystérieux étranger dont la présence semble coïncider avec une série d’événements surnaturels dans un village reculé.
Le rôle est ambigu, dérangeant, presque mystique. Jun Kunimura y est à la fois inquiétant et fascinant, dans une performance minimaliste mais d’une intensité rare. Le film est salué par la critique internationale, et l’acteur reçoit plusieurs prix, dont celui du meilleur acteur aux Asian Film Awards. Un tournant dans une carrière déjà riche, mais qui lui vaut une reconnaissance critique internationale bien méritée.
Un acteur de composition, mais jamais sans émotion
Ce qui rend Jun Kunimura si unique, c’est sa capacité à ne jamais se répéter, même dans des rôles apparemment similaires. Il peut passer du père de famille bouleversé au chef de gang calculateur, du conseiller politique à l’étranger inquiétant, toujours avec cette gravité feutrée, ce jeu économe et précis, parfois à la limite de l’impassibilité, mais toujours profondément humain.
Il est aussi l’un de ces acteurs qui s'effacent derrière leurs personnages. On n’a pas affaire à une star au sens hollywoodien du terme, mais plutôt à un artisan, dont chaque rôle semble taillé sur mesure pour le film qu’il sert. Il peut jouer un vieil ami, un assassin ou un homme en deuil, et le faire avec la même intensité retenue, comme si chaque mot, chaque geste, avait été pesé à l’avance.