Julien Guiomar

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Filmographie 4 films

Biographie

Julien Guiomar est né le 3 mai 1928 à Morlaix, dans le Finistère (France), et s’est éteint le 22 novembre 2010 à Monpazier, en Dordogne. Son nom n’est peut-être pas le premier à venir en tête lorsqu’on évoque le cinéma français des années 60 à 90, mais son visage, sa voix rocailleuse et son autorité naturelle ont marqué plusieurs générations de spectateurs. Julien Guiomar, c’était une présence, une gueule, et une manière bien à lui d’incarner des figures souvent hautes en couleur, parfois autoritaires, parfois grotesques, mais toujours savoureuses.

Du théâtre classique au grand écran : une formation sérieuse pour un acteur qui ne se prenait pas au sérieux

Formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, Julien Guiomar débute sur scène avec des textes classiques, aux côtés de comédiens chevronnés. Il rejoint ensuite la troupe de Jean Vilar au TNP (Théâtre National Populaire), où il affine un jeu puissant, profondément ancré dans la tradition théâtrale française. Mais derrière cette rigueur, il cache un goût certain pour l’excentricité, le décalage et une capacité rare à faire basculer ses personnages du tragique au burlesque, parfois en une seule réplique.

Ses débuts au cinéma, au début des années 60, coïncident avec l’émergence d’un cinéma plus libre, plus audacieux, dans lequel il s’insère avec naturel. Son physique massif, sa diction mordante et son regard tantôt menaçant tantôt goguenard font rapidement mouche.

L’âge d’or : les années 70, ou la consécration d’un second rôle en or

C’est dans les années 70 que Julien Guiomar devient une figure incontournable du cinéma français. Il enchaîne les rôles de préfets, de colonels, de politiciens véreux ou d’autorités ridicules, souvent dans des comédies satiriques ou des films grinçants. Il devient notamment un acteur fétiche de Costa-Gavras, apparaissant dans Z (1969) et L'Aveu (1970), deux œuvres majeures du cinéma politique français. Mais c’est dans la comédie qu’il se taille la part du lion.

Dans Le Coup de grâce, Dupont Lajoie, ou encore La Cage aux folles, Julien Guiomar joue souvent des personnages antipathiques mais inoubliables, des figures de pouvoir moquées, ridiculisées, parfois à la limite de la caricature, mais toujours avec un fond de vérité sociale. Son jeu, entre outrance et précision, colle parfaitement à l’époque.

Et comment ne pas citer sa performance mythique dans Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), où il campe le colonel Farès, militaire tendu au possible, pris malgré lui dans un tourbillon burlesque. Face à Louis de Funès, Julien Guiomar ne se contente pas de faire de la figuration : il impose son rythme, son énergie, et devient un partenaire de jeu redoutable.

Une carrière dense, ponctuée de rôles marquants… mais souvent secondaires

Julien Guiomar n’a jamais été une tête d’affiche au sens classique. Il a pourtant tourné dans une centaine de films, avec des réalisateurs aussi divers que Claude Zidi, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Mocky, Claude Lelouch ou encore Alain Corneau. Il passe avec aisance du polar au vaudeville, du film engagé à la comédie de boulevard. C’est cette capacité à tout jouer, ou presque, qui fait de lui un acteur prisé des metteurs en scène.

Sa présence à l’écran, même brève, suffit souvent à donner du relief à une scène. Il pouvait être drôle sans forcer, inquiétant sans hausser le ton, et toujours parfaitement juste, même dans les partitions les plus outrancières. Ce paradoxe permanent – entre classicisme et dérapage contrôlé – résume bien le style Julien Guiomar.

Retraite anticipée et sortie volontaire de la lumière

Dans les années 90, Julien Guiomar se fait plus rare. Il apparaît encore dans quelques productions, notamment à la télévision, mais il choisit progressivement de se retirer de la vie publique. Lassé des projecteurs, désenchanté par l’évolution du cinéma, il s’installe en Dordogne, où il mène une vie discrète, loin des plateaux.

Il ne cherche ni à capitaliser sur sa notoriété passée, ni à faire des apparitions “nostalgiques” dans les médias. Cette sortie de scène en douceur, presque silencieuse, est à l’image de l’homme qu’il était : un comédien de métier, pas une star. Un artisan du jeu, qui préférait laisser parler ses personnages plutôt que lui-même.

Une mémoire du cinéma populaire, toujours vivante à l’écran

Aujourd’hui, Julien Guiomar reste un acteur cher aux cinéphiles, et son nom revient souvent lorsqu’on évoque les “grands seconds rôles” du cinéma français. Il incarne une époque où les comédiens de caractère avaient toute leur place dans les productions populaires, sans être cantonnés à un archétype unique.

Revoir un film des années 70 ou 80, c’est souvent tomber, presque par surprise, sur une apparition de Julien Guiomar. Et aussitôt, l’ambiance change : le rythme s’accélère, la tension monte, ou bien le rire arrive, toujours porté par cette énergie singulière qu’il savait injecter à chacun de ses rôles.

Sans jamais chercher les honneurs, Julien Guiomar a gagné sa place dans l’histoire du cinéma français. Une place solide, taillée dans le granit de Morlaix, et toujours aussi vivante sur grand écran.

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