Jule Styne
- Sons
Détails
| Autre nom | Julius Kerwin Stein |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalités |
| Filmographie | 3 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
Jule Styne, né le 31 décembre 1905 à Londres et mort le 20 septembre 1994 à New York, est un compositeur américano-britannique, surtout célèbre pour son immense contribution à la comédie musicale américaine. Son nom est indissociable de l’âge d’or de Broadway, et ses chansons font aujourd’hui partie du patrimoine musical mondial.
De Funny Girl à Gypsy, en passant par Gentlemen Prefer Blondes, Jule Styne a façonné l’univers de la comédie musicale avec une aisance mélodique remarquable et une productivité impressionnante. Il ne cherchait pas à être révolutionnaire, mais plutôt à toucher le public, ce qu’il a su faire avec une régularité presque déconcertante.
De Londres à Hollywood : une trajectoire transatlantique
Né dans une famille juive ayant émigré de l’Ukraine vers le Royaume-Uni, Jule Styne arrive aux États-Unis dans son enfance, grandissant à Chicago. Très jeune, il est reconnu comme enfant prodige du piano, et commence à jouer dans des orchestres dès l’adolescence. Il se dirige ensuite vers Hollywood, où il travaille pour les studios dans les années 1930, composant pour des films et collaborant avec de nombreux paroliers.
Son passage par Hollywood lui permet d’aiguiser son sens de la mélodie et de la structure dramatique, deux qualités qui deviendront la signature de ses futures œuvres de Broadway. Il compose pour des films avec des stars comme Shirley Temple ou Judy Garland, avant de se tourner résolument vers le théâtre musical.
Broadway : le royaume de Jule Styne
C’est à Broadway que Jule Styne donne le meilleur de lui-même. Sa première grande réussite est High Button Shoes (1947), mais c’est dans les années 1950-60 qu’il enchaîne les chefs-d’œuvre.
Il est l’auteur des partitions de Gentlemen Prefer Blondes (1949), où il coécrit "Diamonds Are a Girl’s Best Friend", immortalisée par Marilyn Monroe. Vient ensuite Bells Are Ringing (1956), avec Judy Holliday, puis l’un des sommets de sa carrière : Gypsy (1959), considéré comme l’une des plus grandes comédies musicales de l’histoire, avec Ethel Merman dans le rôle-titre et des chansons comme "Everything’s Coming Up Roses".
Mais son plus grand triomphe commercial arrive en 1964 avec Funny Girl, conçu pour une jeune Barbra Streisand, et contenant la mythique "People", une des ballades les plus célèbres de l’histoire de Broadway. La combinaison de l’expressivité de Streisand et des mélodies signées Jule Styne est d’une efficacité redoutable. Le spectacle devient un classique instantané.
Une écriture populaire mais exigeante
Ce qui distingue Jule Styne, c’est sa capacité à écrire des mélodies immédiates, sans jamais sombrer dans la facilité. Ses chansons ont ce qu’il faut de lyrisme, de swing ou d’ironie, selon le contexte. Il a collaboré avec de grands paroliers : Stephen Sondheim, Bob Merrill, Sammy Cahn, Betty Comden & Adolph Green, et à chaque fois, le résultat sonnait juste.
Même si certains critiques lui ont reproché de ne pas avoir eu l’avant-gardisme d’un Leonard Bernstein ou l’ambition musicale d’un Richard Rodgers, il reste l’un des plus grands créateurs de tubes scéniques de son époque. Et dans le théâtre musical, faire chanter le public, littéralement, reste un sacré exploit.
Un héritage toujours vivant
En plus de Broadway et de Hollywood, Jule Styne a composé plus de 1500 chansons, dont plusieurs sont devenues des standards du jazz et de la chanson américaine : "Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow!", "Time After Time", ou encore "Three Coins in the Fountain". Autant dire qu’on a tous, à un moment ou un autre, entendu une mélodie de Jule Styne, sans forcément le savoir.
Il est intronisé au Songwriters Hall of Fame, et son œuvre continue de vivre à travers des reprises, des réinterprétations et des remakes sur scène ou à l’écran. Les comédies musicales qu’il a écrites sont régulièrement remontées, preuve que son sens de la dramaturgie musicale reste pertinent, des décennies après leur création.