Jordi Mollà

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 9 films
Récompenses 4 nominations et 0 victoire

Biographie

Jordi Mollà, né le 1er juillet 1968 à Barcelone, en Espagne, est un acteur, réalisateur, scénariste, peintre et auteur. Une accumulation de casquettes qui pourrait sembler excessive si elle ne reflétait pas si bien la nature profonde de Jordi Mollà : celle d’un créateur insatiable, constamment en mouvement, à la frontière entre exubérance artistique et introspection maîtrisée. Bien que souvent identifié comme l’un des visages familiers du cinéma espagnol des années 1990, il est aussi, à sa manière, un passeur entre les cultures, entre le cinéma d’auteur européen et les productions hollywoodiennes.

Formation barcelonaise et premiers pas dans le cinéma d’auteur espagnol

Avant de devenir un habitué des castings internationaux, Jordi Mollà se forme à l’Institut del Teatre de Barcelona, où il suit une formation complète en art dramatique. Il complète ensuite son apprentissage en Italie et à New York, signe d’une ambition artistique qui dépasse d’emblée les frontières de la péninsule ibérique. Ses débuts se font dans un contexte favorable : le cinéma espagnol des années 1990 est en pleine effervescence, porté par des figures comme Pedro Almodóvar, Bigas Luna ou Fernando Trueba.

C’est justement avec Bigas Luna que Jordi Mollà se fait remarquer dans Jamón Jamón (1992), même s’il n’y joue pas encore un rôle principal. Mais très vite, il enchaîne avec des performances plus marquantes, notamment dans La bonne étoile (La buena estrella, 1997), un drame poignant où il incarne un jeune homme perturbé. Ce rôle lui vaut une nomination aux Goya Awards, équivalent espagnol des César, et assoit son statut d’acteur intense, capable de jouer sur toute la gamme des émotions humaines, sans retenue mais sans excès gratuit.

Jordi Mollà dans le cinéma espagnol : figures masculines troubles et passionnées

Ce qui frappe très tôt dans la filmographie de Jordi Mollà, c’est sa capacité à incarner des hommes souvent instables, parfois violents, toujours passionnés. Il joue fréquemment des personnages pris dans des conflits moraux ou affectifs, avec une énergie qui frôle parfois le chaos. Il est à l’aise dans les rôles de marginaux, de criminels, de figures brisées, mais apporte à chacun une nuance qui empêche toute caricature.

Il faut dire que Jordi Mollà ne joue pas : il semble littéralement habiter ses rôles, comme s’il y injectait un morceau de lui-même. Dans Los años bárbaros (1998) ou El cónsul de Sodoma (2010), il propose des performances complexes, nourries par un sens du détail psychologique et un engagement physique presque viscéral. À travers ces rôles, il participe à la redéfinition du masculin dans le cinéma espagnol post-franquiste : plus vulnérable, plus éclaté, plus humain.

Hollywood et les rôles de "méchant à l’accent charmant"

À partir du début des années 2000, Jordi Mollà commence à apparaître dans des productions hollywoodiennes. Il est souvent choisi pour incarner des antagonistes latins, un peu stéréotypés, mais qu’il réussit à rendre crédibles, parfois même fascinants. Dans Blow (2001), il campe Diego Delgado, inspiré du trafiquant Carlos Lehder, aux côtés de Johnny Depp. Le film reste aujourd’hui l’un de ses rôles les plus connus à l’international.

Il enchaîne ensuite avec des apparitions dans des blockbusters comme Bad Boys II (2003), où il incarne un trafiquant de drogue cubain tout en dents serrées et regards menaçants. C’est clairement un rôle de "méchant de cinéma", mais Jordi Mollà y apporte un mélange de charisme et d’excès qui en fait l’un des éléments les plus mémorables du film. On le retrouve plus tard dans Riddick (2013), Knight and Day (2010), ou encore Criminal (2016), toujours dans des seconds rôles marquants, bien que parfois limités par les codes du genre.

Ce double ancrage — Espagne et États-Unis — lui permet de varier les registres, même si ses personnages américains manquent parfois de la profondeur de ses rôles européens. Mais cela fait aussi partie du jeu : Jordi Mollà semble s’en accommoder, tout en continuant à privilégier des projets personnels dans son pays d’origine.

Un créatif multi-supports : caméra, pinceau, plume

Si l’acteur est connu, Jordi Mollà est aussi un réalisateur à part entière. Il passe derrière la caméra avec No somos nadie (2002), puis avec 88 (2012), un film noir expérimental, et Requiem for a Spanish Peasant (2023), qui confirme son goût pour les récits historiques et sociaux. Là encore, il refuse les chemins faciles. Ses films sont exigeants, parfois déroutants, mais portés par une vraie vision.

À côté de tout cela, Jordi Mollà est également peintre. Il expose régulièrement ses œuvres, très colorées, souvent abstraites, entre figuration libre et expressionnisme. Il a aussi publié un livre, preuve qu’il ne se contente pas d’un seul médium pour explorer ce qui l’habite. Son activité artistique multiple n’est pas un caprice de célébrité : elle témoigne d’un besoin de création profondément ancré, presque vital.

Filmographie

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