Jonathan Pryce

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 19 films
Récompenses 4 nominations et 1 victoire

Biographie

Jonathan Pryce, né le 1er juin 1947 à Holywell, au Pays de Galles (Royaume-Uni), est un acteur britannique dont la carrière incarne une rare alchimie entre théâtre classique, cinéma engagé et productions populaires.

Révélé par la scène, révéré par les cinéphiles, adopté par Hollywood sans jamais en adopter les codes, Jonathan Pryce est de ces comédiens qui s’imposent avec subtilité, par la nuance de leur jeu et la profondeur tranquille de leurs choix artistiques.

Avec son visage expressif, sa voix grave immédiatement reconnaissable et son port noble, il peut aussi bien incarner un roi qu’un fonctionnaire sans âme, un homme de foi qu’un manipulateur retors. En quatre décennies, il a investi des univers aussi variés que le drame shakespearien, la satire dystopique, la fresque religieuse ou la série fantastique, sans jamais perdre sa singularité.

Des planches au grand écran : une formation classique au service de l’inattendu

Formé à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), Jonathan Pryce commence sa carrière sur les planches, où il développe une technique redoutable et une capacité rare à faire résonner des textes complexes avec une clarté accessible. Il brille notamment dans Hamlet, Macbeth et The Merchant of Venice, des rôles où son aisance à marier intensité et retenue séduit immédiatement les critiques britanniques.

Mais c’est avec Brazil (1985) de Terry Gilliam qu’il attire l’attention d’un public international. Il y incarne Sam Lowry, un employé de bureau passif embarqué dans un cauchemar bureaucratique et orwellien. Son jeu sobre, presque lunaire, contraste avec l’esthétique baroque du film, et donne au récit une ancre humaine qui accentue encore son absurdité. Jonathan Pryce y trouve un rôle à la mesure de son talent : un homme banal dans un monde qui déraille, une figure à la fois comique et tragique.

Une palette très large : de la comédie noire au drame religieux

Ce qui frappe chez Jonathan Pryce, c’est sa capacité à naviguer avec aisance entre des registres très différents. Dans Glengarry Glen Ross (1992), il est vendeur en difficulté face à des requins du business, noyé dans la tension verbale d’un scénario signé David Mamet. Dans Carrington (1995), il incarne Lytton Strachey, écrivain pacifiste et figure du Bloomsbury Group, avec une sensibilité contenue et magnétique.

On le retrouve aussi dans des blockbusters où il s’amuse à détourner les stéréotypes. Dans Tomorrow Never Dies (1997), il campe un méchant de James Bond, pastiche d’un magnat des médias, aussi ridicule que dangereux. Une manière pour lui de jouer avec les codes, sans jamais les prendre trop au sérieux. Il récidive dans Pirates of the Caribbean, où il interprète le gouverneur Weatherby Swann, avec cette élégance distante qui devient presque comique par elle-même.

Les Deux Papes : la grâce de la sobriété

L’un de ses plus grands rôles récents reste celui du pape François dans The Two Popes (2019), face à Anthony Hopkins en Benoît XVI. Le film repose presque entièrement sur les dialogues et les confrontations entre les deux hommes, dans un face-à-face tendu mais profondément humain. Jonathan Pryce y livre une performance subtile, dépouillée, d’une justesse rare. Pas de grands gestes, pas de phrases définitives, juste une compréhension fine d’un personnage complexe, guidé par la foi mais habité par le doute.

Ce rôle lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur, consacrant tardivement une carrière riche mais souvent en retrait des grandes récompenses hollywoodiennes.

Le grand prêtre, le roi et les rôles d’autorité ambigus

Avec l’âge, Jonathan Pryce a naturellement glissé vers des rôles d’autorité : des rois, des pères spirituels, des figures d’influence. Il incarne notamment le Grand Moineau dans Game of Thrones, chef religieux austère et manipulateur, dont la menace réside justement dans la douceur apparente. Là encore, il excelle à faire surgir la tension derrière les discours moraux, à laisser planer le doute sans jamais hausser la voix.

Dans The Crown, il reprend le rôle du prince Philip dans les dernières saisons, succédant à Tobias Menzies. Il y apporte une profondeur calme, plus introspective, face à une reine vieillissante et à une monarchie bousculée. Ce Philip-là est moins tranchant, mais tout aussi nuancé.

Une carrière sans bruit, mais avec cohérence

Ce qui caractérise Jonathan Pryce, c’est cette fidélité à un certain type de jeu : un jeu intériorisé, précis, jamais démonstratif. Il ne cherche pas à voler la scène, mais à habiter ses personnages de l’intérieur, à leur donner une voix crédible, humaine, souvent teintée d’ironie ou de tristesse feutrée.

Il a également continué à jouer au théâtre tout au long de sa carrière, conservant ce lien essentiel avec le texte et la scène. Sa longévité tient justement à cette intégrité artistique : il ne fait pas de compromis, mais il ne joue pas non plus la carte de l’élitisme. Il choisit ce qui lui parle, ce qui le fait évoluer, ce qui lui permet de rester acteur au sens plein du terme.

Filmographie

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