Jon Lucas
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
Biographie
Né le 29 octobre 1976 à Summit, dans le New Jersey (États-Unis), Jon Lucas est un scénariste, producteur et réalisateur américain qui s’est spécialisé dans la comédie populaire. On lui doit quelques-unes des comédies les plus lucratives des années 2000 et 2010, mais aussi un certain regard sur l’amitié masculine, la fête qui dégénère et les excès de la vie moderne… avec un petit goût pour les lendemains difficiles. Il forme depuis ses débuts un duo d’écriture et de réalisation quasi indissociable avec Scott Moore, avec qui il a coécrit la comédie phénomène The Hangover (ou Very Bad Trip, selon la version que vous préférez).
Des débuts discrets dans les coulisses du scénario hollywoodien
Avant de se retrouver en haut des affiches, Jon Lucas a longtemps œuvré dans l’ombre. Après des études à Yale, il commence sa carrière en tant qu’assistant du scénariste Daniel Petrie Jr., ce qui lui permet de mettre un pied dans l’industrie et d’observer de près le fonctionnement des studios. Comme beaucoup de jeunes auteurs, il passe par la phase de « script doctor », ces écrivains fantômes qui peaufinent des scénarios sans être crédités à l’écran.
Dans les années 2000, Jon Lucas et Scott Moore interviennent ainsi sur plusieurs comédies romantiques et feel-good movies, parfois sans que leur nom n’apparaisse au générique. Parmi leurs contributions : Wedding Crashers, 27 Dresses, Monster-in-Law. Cette période les forme à la mécanique précise de la comédie hollywoodienne : personnages typés, situations qui dégénèrent, punchlines qui claquent… le tout calibré pour plaire à un public large.
L’explosion The Hangover, ou comment un scénario devient une franchise culte
En 2009, tout change avec The Hangover. Le film, réalisé par Todd Phillips, s’appuie sur un scénario original de Jon Lucas et Scott Moore. L’idée est simple : trois amis se réveillent après une nuit à Las Vegas sans aucun souvenir, et doivent reconstituer ce qui s’est passé. Le concept est immédiatement percutant, mais c’est surtout l’exécution qui marque : un mélange d’humour absurde, de situations de plus en plus surréalistes, et une construction en forme d’enquête inversée.
The Hangover devient un phénomène mondial. Petit budget, énorme recette. Et surtout, une influence durable sur le ton des comédies américaines post-2000, avec cette recette mêlant beuverie, amitié masculine chaotique et accumulation de catastrophes. Pour Jon Lucas, c’est une validation : il passe du rôle d’auteur anonyme à celui de scénariste reconnu, capable de créer un univers drôle, cohérent et étonnamment bien structuré sous son chaos apparent.
De la plume à la caméra : la réalisation comme nouveau terrain de jeu
Fort de ce succès, Jon Lucas ne se contente pas de rester scénariste. En 2013, il saute le pas et co-réalise avec son acolyte Scott Moore la comédie 21 & Over. Le film reprend certains des ingrédients qui ont fait le succès de The Hangover, soirée qui tourne mal, amitié mise à l’épreuve, humour débridé, mais cette fois avec des étudiants au lieu de trentenaires désabusés. Bien que le film n’atteigne pas le même succès critique ou commercial, il marque une étape importante : celle d’un auteur qui prend le contrôle de son œuvre, de l’écriture à la mise en scène.
Ils enchaînent ensuite avec Bad Moms (2016), comédie portée par Mila Kunis, Kristen Bell et Kathryn Hahn, qui reprend le concept de crise existentielle… côté parental. Là encore, Jon Lucas applique sa recette : personnages ordinaires confrontés à un trop-plein de pression sociale, qui décident de tout envoyer valser. Le succès est au rendez-vous, et la suite, A Bad Moms Christmas, arrive l’année suivante. Plus qu’une simple suite, c’est la confirmation d’un style bien identifié : un humour un peu outrancier, mais avec une dose de tendresse et un sous-texte sur la pression que subissent les individus dans la société contemporaine.
Un artisan de la comédie moderne, dans ses codes comme dans ses excès
Ce qui caractérise l’écriture de Jon Lucas, c’est une certaine efficacité rythmique. Pas de place pour les digressions : chaque scène cherche à faire rire, choquer ou accélérer le récit. Il excelle dans la mise en place de situations absurdes, parfois improbables, mais toujours bien ancrées dans un décor réaliste. Ses personnages, souvent dépassés par les événements, finissent par apprendre quelque chose… ou pas, et c’est aussi ça qui fait rire.
Mais au-delà de l’humour gras ou du chaos organisé, il y a aussi une vraie compréhension des dynamiques humaines : amitié, pression familiale, culpabilité, et parfois, un léger malaise existentiel. C’est ce mélange qui fait que ses films, même les plus légers, trouvent souvent un écho chez un public large.
Une carrière à la croisée des genres et des publics
Jon Lucas n’est pas un auteur "à message", ni un réalisateur "d’auteur" au sens strict. Il est plutôt l’illustration d’un cinéma commercial bien pensé, assumé, qui sait faire rire sans trop s’embarrasser de morale. Son passage de scénariste à réalisateur s’est fait naturellement, sans rupture de style, et lui permet de garder une forme de contrôle sur ses projets.
Il est aussi l’un des rares auteurs de comédies à s’être inscrit durablement dans l’industrie sans être devant la caméra. Pas de stand-up, pas de sitcom à son nom, pas de personnage fétiche : Jon Lucas, c’est l’homme derrière, celui qui fabrique les situations, les dialogues, les dérapages... puis les monte en film avec un sens du rythme qui ne faiblit pas.
Et même si son nom ne fait pas toujours tilt immédiatement, son humour, lui, est reconnu entre mille. On peut ne pas se souvenir de qui l’a écrit, mais on se souvient toujours d’un tigre dans la salle de bain.
Filmographie
8 sur 8 films