John Qualen

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Biographie

John Qualen est né le 8 décembre 1899 à Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada), dans une famille d’origine norvégienne. Il a grandi aux États-Unis, dans l’Iowa, et c’est là qu’il a développé son goût pour le théâtre.

Naturalisation, accent scandinave, rôles de soutien... John Qualen est typiquement ce qu’Hollywood appelait à l’époque un "character actor", ces visages qu’on voit partout, qu’on reconnaît à coup sûr, sans forcément mettre un nom dessus. Mais dans son cas, le nom mérite amplement d’être retenu. Actif principalement entre les années 1930 et 1960, John Qualen a tourné dans plus d'une centaine de films. Il était l'un des seconds rôles fétiches de John Ford, grand maître du western et du cinéma américain classique, ce qui suffit à situer son importance dans le système hollywoodien d'alors.

Une carrière au service des grands réalisateurs

Le tout premier grand rôle de John Qualen au cinéma remonte à The Grapes of Wrath (Les Raisins de la colère, 1940), réalisé par John Ford, où il incarne Muley, un paysan chassé de sa terre. Ce rôle poignant ouvre la voie à une longue série de collaborations avec Ford : on le retrouve dans The Searchers, The Man Who Shot Liberty Valance, The Long Voyage Home, et d'autres.

Sa présence devient une sorte de fil rouge discret dans la filmographie du réalisateur, à tel point qu’il est parfois considéré comme un membre informel de la “John Ford Stock Company”, cette troupe d’acteurs réguliers qui formaient l’ossature humaine de ses films.

Mais John Qualen ne s’arrête pas à Ford. Il tourne aussi pour Frank Capra (Mr. Deeds Goes to Town), Howard Hawks, Michael Curtiz et bien d’autres. Il est de ces acteurs que les réalisateurs aiment avoir à leurs côtés : fiables, expressifs, capables d’incarner la fragilité, la maladresse, ou la bonté naïve, souvent avec un accent étranger à l’américaine très marqué.

L’homme aux mille visages… un peu tous les mêmes

Oui, John Qualen jouait souvent des immigrants, des gens simples, un peu cassés par la vie, un peu perdus dans un monde plus grand qu’eux. Son accent norvégien lui collait à la peau, et les studios ne s’en privaient pas. Suédois, Finlandais, Hollandais, Allemand… peu importe l’origine exacte, tant qu’il apportait cette touche d’"étrangeté douce" qui allait si bien à certains rôles secondaires.

C’est ce qui fait sa spécificité : il n’était jamais au centre de l’intrigue, mais son personnage apportait une teinte d’humanité, parfois de comique involontaire, parfois de tristesse muette. Ce genre de rôle, aujourd’hui encore, demande une grande finesse d’interprétation, et John Qualen en avait à revendre.

Une longévité à l’écart des projecteurs

Si le nom de John Qualen n’a jamais figuré en haut d’affiche, il a eu l'avantage d’être constamment employé, ce qui, dans l’industrie hollywoodienne de l’époque, est déjà une forme de consécration. Il est apparu dans plus de 150 films, un chiffre impressionnant, surtout pour un acteur dont on n’attendait pas qu’il porte un film sur ses épaules.

Il continue de jouer jusque dans les années 1970, souvent à la télévision, avant de prendre une semi-retraite. Il s’éteint en 1987, à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui une carrière discrète mais dense, typique de ces ouvriers du cinéma classique qui ont contribué, film après film, à façonner l’âge d’or hollywoodien.

Un héritage modeste mais précieux

Aujourd’hui, John Qualen est surtout connu des cinéphiles et des passionnés de cinéma classique. Il n’a jamais été une star, mais il fait partie de ces acteurs qui ont nourri l’âme du cinéma de studio. Sa manière de rendre crédible les personnages simples, vulnérables, décalés, en a fait une figure attachante, souvent émouvante, parfois même essentielle à l’équilibre d’un film.

Alors non, John Qualen ne faisait pas de grandes tirades, n’avait pas de scènes d’action spectaculaires, mais il possédait ce don rare : celui de rendre crédible une époque, une société, un contexte, juste par sa manière d’exister à l’écran. Un pilier de l’ombre, à (re)découvrir entre deux westerns ou un vieux classique en noir et blanc.

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