John Lurie
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
John Lurie est un artiste américain aux multiples casquettes, né le 14 décembre 1952 à Minneapolis, dans le Minnesota (États-Unis), mais associé de manière indissociable à la scène underground new-yorkaise des années 1980.
Saxophoniste, compositeur, acteur, peintre et réalisateur, il fait partie de ces personnalités inclassables, à la fois iconiques et volontairement en marge, qui préfèrent l’expérimentation à la répétition, et la liberté à la célébrité classique. Avec une carrière artistique qui a exploré le jazz, le cinéma indépendant, la télévision et l’art contemporain, John Lurie incarne une forme d’antistar absolue, dont l’influence dépasse largement ses apparitions à l’écran ou ses concerts. Si on devait choisir un mot pour résumer son œuvre ? Peut-être : inattendu.
Le Lounge Lizards : jazz, punk et second degré
C’est dans le monde de la musique que John Lurie se fait d’abord remarquer, en fondant en 1978 The Lounge Lizards, un groupe de jazz expérimental qui n’a jamais vraiment respecté les règles du jazz… ce qui en faisait tout l’intérêt. À une époque où le punk domine la scène new-yorkaise, les Lounge Lizards débarquent avec leurs saxophones, mais aussi une attitude provocatrice, ironique, entre hommage et parodie.
Le style du groupe mélange free jazz, minimalisme, funk, musique de film, le tout porté par la présence scénique très particulière de John Lurie, saxophoniste autodidacte au phrasé aussi brut qu’inspiré. Le groupe devient culte dans les milieux alternatifs, et marque durablement une génération de musiciens friands de formes hybrides.
Cinéma indépendant et collaborations avec Jim Jarmusch
Parallèlement à sa carrière musicale, John Lurie devient un acteur fétiche du cinéma indépendant américain, notamment grâce à sa collaboration avec le réalisateur Jim Jarmusch. Il tient le rôle principal dans Stranger Than Paradise (1984), film fondateur du cinéma indé américain, où il campe un personnage stoïque, à la coolitude désabusée. Ce rôle installe Lurie comme une figure du cool minimaliste, parfaitement à l’aise dans les silences et les plans fixes.
Il récidive dans Down by Law (1986), aux côtés de Tom Waits et Roberto Benigni, autre film culte qui installe le trio dans un imaginaire cinématographique à la fois poétique, absurde et profondément humain. Son jeu, tout en distance et ironie contenue, colle parfaitement à l’esthétique de Jarmusch.
Il joue aussi dans Paris, Texas de Wim Wenders, The Last Temptation of Christ de Martin Scorsese (où il incarne Jacques), et dans quelques autres projets confidentiels, souvent au sein de productions où l’ambiance et le regard priment sur l’intrigue.
Compositeur de bandes originales, entre tension et poésie
John Lurie ne se contente pas de jouer devant la caméra, il compose aussi pour elle. Il signe plusieurs bandes originales, dont celles de Get Shorty ou Fishing with John, qui portent sa patte musicale reconnaissable : des compositions jazzy, un peu bancales, toujours élégantes, où l’ambiance l’emporte sur la mélodie.
Ses musiques, souvent instrumentales, traduisent un sens du détail narratif, une capacité à créer du mystère, de l’ironie ou de l’inconfort, sans appuyer les effets. Là encore, il préfère l’esquisse au trait lourd.
Fishing with John : l’ovni télévisuel culte
Au début des années 1990, John Lurie se lance dans la création de sa propre série télé, Fishing with John. Le concept est aussi absurde que génial : Lurie invite ses amis (Tom Waits, Dennis Hopper, Willem Dafoe…) à pêcher avec lui, tout en filmant leurs conversations, leurs silences gênés, et les péripéties de leurs excursions. Le tout est monté avec un humour pince-sans-rire et une voix off volontairement dramatique et inutile, qui fait de chaque épisode un petit chef-d'œuvre d’absurde contemplatif.
La série devient rapidement culte, non pas pour ses conseils de pêche, mais pour son ambiance étrange, son montage décalé et l’alchimie bizarre entre l’ennui et le génie.
Une deuxième vie en tant qu’artiste visuel
Atteint de problèmes de santé chroniques, John Lurie se retire progressivement de la scène publique dans les années 2000. Il cesse de se produire en musique, mais trouve un nouveau souffle dans la peinture, une activité qu’il développe avec un mélange d’humour naïf et de sincérité brute.
Ses œuvres, souvent colorées, pleines de personnages énigmatiques et de légendes ironiques griffonnées, sont exposées dans plusieurs galeries. Elles reprennent ce qui fait sa marque : un regard oblique sur le monde, tendre, moqueur et profondément singulier. Il publie aussi The History of Bones, un livre de mémoires acides et poétiques, à l’image de sa trajectoire.
En 2021, il revient sur HBO avec Painting with John, une série aussi inclassable que la précédente, où il parle de tout, art, vie, maladie, moustiques, tout en peignant en direct. Plus qu’une série, une expérience artistique et existentielle, fidèle à son créateur.
Filmographie
4 sur 4 films