John Knoll
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Né le 6 octobre 1962 à Ann Arbor, dans le Michigan (États-Unis), John Knoll est sans doute l’un des noms les plus influents du cinéma moderne que le grand public connaît le moins. Pourtant, si vous avez déjà vu un blockbuster hollywoodien au cours des trente dernières années, il y a de fortes chances que l’ombre de John Knoll y soit passée. À la fois superviseur des effets visuels, ingénieur créatif et conteur visuel, il incarne cette figure rare capable de relier l’art, la technique et la narration dans un seul et même geste. Et au passage, il a co-inventé Photoshop. Rien que ça.
Le parcours de John Knoll débute dans un environnement propice à la créativité et à la bidouille : son père est professeur à l’université, son frère Thomas est féru d'informatique. Très tôt, l’imagerie de synthèse et la photographie numérique deviennent des terrains de jeu communs. C’est dans ce contexte familial qu’ils conçoivent, ensemble, un outil permettant de manipuler des images sur ordinateur. Ce projet personnel deviendra plus tard le célèbre Adobe Photoshop, adopté d’abord par les professionnels, puis démocratisé au point d’entrer dans le langage courant.
John Knoll chez ILM : des débuts modestes à la direction créative
En 1986, John Knoll rejoint Industrial Light & Magic (ILM), la division effets spéciaux fondée par George Lucas. Il y commence comme assistant technique, notamment sur les systèmes de caméra à contrôle numérique. On est encore loin des images générées par ordinateur qui font aujourd’hui la norme. Mais très vite, il prend du galon. Son premier grand coup d’éclat survient avec The Abyss (1989), un film de James Cameron. Les effets visuels qu’il conçoit pour la fameuse « colonne d’eau vivante » marquent une avancée technique majeure dans le domaine des effets numériques.
La carrière de John Knoll décolle. Il devient superviseur des effets visuels sur des sagas aussi populaires que Star Wars, Pirates of the Caribbean, Mission: Impossible, Pacific Rim ou Star Trek. À chaque projet, il affine un équilibre subtil entre innovation technologique et storytelling visuel. En 2013, il est nommé Chief Creative Officer d’ILM, un poste stratégique où il supervise la vision artistique globale du studio tout en continuant à mettre les mains dans le cambouis numérique. Oui, John Knoll est le genre de dirigeant qui sait encore coder et aligner un storyboard.
De Photoshop à Rogue One : les deux visages de John Knoll
Il serait tentant de croire que John Knoll n’est qu’un technicien brillant. Mais ce serait passer à côté de sa fibre narrative. En 2016, il fait parler de lui d’une manière inattendue : il est à l’origine du concept de Rogue One: A Star Wars Story. C’est lui qui, en discutant avec ses collègues, suggère de raconter l’histoire de l’équipe rebelle ayant volé les plans de l’Étoile de la Mort. L’idée plaît à Lucasfilm, le projet est lancé, et John Knoll reste impliqué du début à la fin, à la fois comme co-scénariste initial et superviseur des effets spéciaux. Autrement dit, il façonne autant l’histoire que son apparence.
Dans Rogue One, John Knoll repousse à nouveau les limites, en ressuscitant numériquement l’acteur Peter Cushing (décédé depuis 1994) pour le rôle du Grand Moff Tarkin. Une décision controversée sur le plan éthique, mais technologiquement impressionnante. Et là encore, John Knoll ne se cache pas derrière la technologie : il assume le débat, explique ses choix, ouvre la discussion. Un homme du progrès, certes, mais pas sans conscience.
Un innovateur reconnu, un artisan respecté
Le travail de John Knoll a été couronné par de nombreux prix, notamment un Oscar des meilleurs effets visuels pour Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest et plusieurs nominations pour des films comme Star Wars: Episode I, Episode II, Episode III, ou encore Rogue One. Il a aussi reçu des distinctions honorifiques pour sa contribution au développement de Photoshop et son impact durable dans les domaines du cinéma, de la photo et du graphisme.
Il est aujourd’hui membre de plusieurs institutions de référence, dont l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, où il siège dans la branche effets visuels. Autrement dit, quand Hollywood s’interroge sur l’avenir de l’image, John Knoll est dans la pièce.
Mais malgré ces lauriers, il reste discret. Pas de profil Instagram ostentatoire, pas de conférence TED enflammée. Il préfère partager ses connaissances dans des contextes professionnels, lors de conférences spécialisées, ou au sein de l’équipe d’ILM où il continue à former les nouvelles générations de créateurs numériques.
Filmographie
5 sur 5 films