John Hillerman
- Casting
Détails
| Autre nom | John Benedict Hillerman |
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Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
Biographie
John Hillerman est né le 20 décembre 1932 à Denison, dans l’État du Texas, et s’est éteint le 9 novembre 2017 à Houston, à l’âge de 84 ans. Cet acteur américain est principalement connu pour son rôle culte de Jonathan Quayle Higgins III dans la série Magnum, P.I., un personnage si convaincant que beaucoup de téléspectateurs ont longtemps cru que John Hillerman était réellement britannique. Spoiler alert : pas du tout.
Sa voix posée, son accent impeccable et son port altier ont fait de lui l’archétype du majordome ou du gentleman anglais à l’américaine. Mais derrière ce rôle emblématique se cache une carrière bien plus large, marquée par un parcours atypique, une vraie passion pour la comédie et une touche de mystère.
Des débuts tardifs mais solides, entre théâtre et cinéma
Avant de briller à la télévision, John Hillerman a mené une vie plutôt classique. Il sert dans l’US Air Force pendant la guerre de Corée, puis décide de se consacrer à l’art dramatique. Il étudie au University of Texas at Austin puis rejoint le théâtre new-yorkais, où il passe une bonne dizaine d’années à perfectionner son jeu.
Son arrivée à l’écran se fait dans les années 1970, avec des petits rôles dans des films qui vont devenir de grands classiques. Il apparaît notamment dans Chinatown (1974) de Roman Polanski, Blazing Saddles (1974) de Mel Brooks, ou encore dans The Last Picture Show (1971) de Peter Bogdanovich. Ce dernier deviendra un de ses collaborateurs réguliers, lui offrant plusieurs rôles dans ses films.
Dès ses premières apparitions, John Hillerman se démarque par une diction parfaite, une présence discrète mais efficace et une capacité à incarner l’autorité... avec humour.
L’âge d’or avec Magnum, P.I.
C’est bien sûr dans les années 1980 que John Hillerman entre dans la postérité grâce à la série Magnum, P.I. (1980–1988). Il y incarne Higgins, le gestionnaire très rigide du domaine hawaïen de Robin Masters, face au décontracté et moustachu Tom Selleck. L’opposition entre les deux personnages fait tout le sel de la série : d’un côté le flegme british (façon Texan), de l’autre la coolitude américaine en chemise à fleurs.
Le personnage d’Higgins est plus qu’un simple faire-valoir. Sous sa carapace stricte se cache un homme cultivé, loyal, parfois ironique, et souvent au centre d'intrigues secondaires plus profondes. C’est ce mélange de sérieux et de dérision qui a fait le succès du personnage, et qui a valu à John Hillerman de remporter un Emmy Award en 1987 ainsi qu’un Golden Globe en 1982.
Un acteur de caractère, loin des excès d’Hollywood
À l’opposé de son personnage austère, John Hillerman était réputé pour sa simplicité et sa discrétion. Il n’a jamais vraiment cherché la célébrité, ne s’est pas exposé médiatiquement plus que nécessaire, et s’est toujours montré extrêmement respectueux de son métier. Ce profil à l’ancienne lui a permis de rester fidèle à une certaine idée du jeu d’acteur, centré sur le texte, la précision et la retenue.
Dans les années 1990, après quelques apparitions supplémentaires à la télévision et au cinéma, John Hillerman se retire doucement du métier. Il s’installe au Texas, mène une vie tranquille, loin des plateaux, sans regrets ni besoin de come-back.
Un faux Britannique devenu icône américaine
Le paradoxe John Hillerman, c’est qu’il est resté gravé dans la mémoire collective comme l’un des plus "british" des acteurs américains. Et ce, sans jamais avoir mis un pied dans un pensionnat anglais. Son accent était en réalité un travail de composition minutieux, un choix de comédien précis, et parfaitement exécuté.
Aujourd’hui encore, John Hillerman reste associé à ce personnage unique, mais ceux qui ont suivi sa carrière savent qu’il était bien plus qu’un majordome rigide. C’était un acteur de composition, un second rôle de luxe, capable d’imposer une présence avec une économie de gestes, un regard, une voix. Bref, un artisan du métier.
Dans un monde où le clinquant l’emporte souvent sur la nuance, John Hillerman a laissé derrière lui une œuvre discrète, mais impeccable. Comme son accent.