John Boorman
- Casting
- Réalisation
- Production
- Écriture
Biographie
- Nationalité
- Né le
- 18 janvier 1933 à Shepperton (Royaume-Uni)
- Âge
- 93 ans
- Membre de la famille
- Boorman
- Récompenses
- 3 nominations pour 3 victoires
- Filmographie
- 8 films
John Boorman est un réalisateur, scénariste et producteur britannique, né le 18 janvier 1933 à Shepperton, dans le comté anglais du Surrey.
Des documentaires télévisés au premier long métrage
Élevé dans la banlieue ouest de Londres, John Boorman connaît enfant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Cette période fournit plusieurs décennies plus tard la matière autobiographique de Hope and Glory, centré sur un garçon londonien dont le quotidien familial est bouleversé par le Blitz.
Après son service militaire, John Boorman travaille dans le nettoyage à sec avant d’entrer dans le secteur audiovisuel. Il réalise des émissions et des documentaires pour la télévision britannique, notamment au sein de la BBC à Bristol. Cette activité lui permet de tourner avec des moyens légers et de travailler sur la construction visuelle de récits fondés sur des personnes ou des situations réelles.
Son premier long métrage, Catch Us If You Can, sort en 1965 avec les membres du Dave Clark Five. John Boorman part ensuite aux États-Unis pour réaliser Le Point de non-retour, adaptation d’un roman de Donald E. Westlake avec Lee Marvin. Le film utilise l’architecture de Los Angeles et d’Alcatraz dans une narration fragmentée consacrée à la vengeance d’un criminel trahi par ses complices.
Lee Marvin retrouve John Boorman dans Duel dans le Pacifique. L’acteur américain y partage l’affiche avec Toshirō Mifune, chacun interprétant un soldat isolé sur une île pendant la Seconde Guerre mondiale. Le récit repose en grande partie sur l’affrontement physique entre les deux personnages et sur leur incapacité à communiquer dans une langue commune.
Les paysages au cœur du récit
Tourné en Géorgie, Délivrance suit quatre citadins confrontés à la violence au cours d’une descente de rivière. John Boorman adapte le roman de James Dickey, qui apparaît lui-même dans le film. Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty et Ronny Cox composent le groupe placé au centre du récit.
Sorti en 1972, Délivrance obtient quatre nominations aux Oscars, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Le tournage fait largement appel aux décors naturels et aux rapides de la rivière Chattooga. Plusieurs interprètes exécutent eux-mêmes une partie des séquences sur l’eau, dans un environnement devenu un élément matériel constant de l’action.
Les rapports entre un territoire et ceux qui le traversent structurent également La Forêt d’émeraude. Inspiré par plusieurs récits concernant des enfants européens élevés au sein de peuples autochtones, le film est tourné au Brésil et associe une intrigue familiale à la destruction de la forêt amazonienne. Charley Boorman, fils du réalisateur, y interprète Tomme, enlevé durant son enfance et recherché par son père ingénieur.
John Boorman adapte ensuite Le Général à partir de la vie du criminel dublinois Martin Cahill. Brendan Gleeson tient le rôle principal dans ce film en noir et blanc, présenté au Festival de Cannes en 1998. Le jury attribue à John Boorman le prix de la mise en scène, distinction qu’il avait déjà reçue à Cannes pour Leo the Last en 1970.
Une mythologie arthurienne tournée en Irlande
La légende du roi Arthur constitue le sujet d’Excalibur, réalisé en 1981 d’après Le Morte d’Arthur de Thomas Malory. John Boorman cosigne le scénario avec Rospo Pallenberg et tourne le film en Irlande, où il réside. Nigel Terry interprète Arthur, tandis que Nicol Williamson joue Merlin et Helen Mirren incarne Morgane.
Plusieurs membres de la famille du cinéaste participent à la production. Katrine Boorman joue Igrayne et Charley Boorman interprète le jeune Mordred. Telsche Boorman intervient dans la conception des costumes, aux côtés de Bob Ringwood. Le tournage réunit aussi des acteurs alors peu connus du grand public, parmi lesquels Liam Neeson, Gabriel Byrne et Ciarán Hinds.
Présenté en compétition au Festival de Cannes, Excalibur reçoit le prix de la contribution artistique. Le film mobilise des armures métalliques, des forêts irlandaises et des éclairages colorés pour donner une forme visuelle aux épisodes consacrés à l’épée, à la Table ronde et à la quête du Graal.
L’intérêt de John Boorman pour les récits mythiques apparaît auparavant dans Zardoz, qu’il écrit, produit et réalise en 1974. Sean Connery y interprète Zed, membre d’une société future divisée entre une population dominée et une communauté d’immortels. Le masque de pierre volant qui donne son nom au film prononce une formule tirée du titre anglais du Magicien d’Oz.
Une enfance reconstruite pour Hope and Glory
Avec Hope and Glory, John Boorman transforme ses souvenirs du Blitz en récit familial. Sebastian Rice-Edwards interprète Bill Rohan, enfant vivant avec ses parents et ses sœurs dans une banlieue londonienne. La guerre y est observée à hauteur d’enfant, au milieu des maisons endommagées, des jeux dans les ruines et des départs successifs provoqués par les bombardements.
Sorti en 1987, le film vaut à John Boorman de nouvelles nominations aux Oscars comme réalisateur et scénariste. Hope and Glory est également nommé dans la catégorie du meilleur film, avec une production assurée par le cinéaste et Michael Medwin. Ian Bannen reçoit une nomination pour son interprétation du grand-père de Bill.
John Boorman reprend ce personnage dans Queen and Country, sorti en 2014. Callum Turner joue Bill Rohan au moment de son service militaire, durant la guerre de Corée. Le récit s’inspire de l’expérience du réalisateur dans l’armée britannique et situe l’essentiel de l’action dans un camp où les jeunes recrues affrontent la discipline, les exercices et les conflits avec leurs supérieurs.
La famille Boorman participe une nouvelle fois au projet. Katrine Boorman en est productrice associée, tandis que Charley Boorman apparaît dans un rôle secondaire. Queen and Country est présenté à la Quinzaine des cinéastes lors du Festival de Cannes de 2014, vingt-sept ans après la présentation de Hope and Glory en compétition officielle.
Une activité d’auteur et de programmateur
En dehors des plateaux, John Boorman publie plusieurs ouvrages consacrés à son parcours et à sa pratique du cinéma. Son autobiographie Adventures of a Suburban Boy paraît en 2003. Il y revient sur son enfance, ses tournages et ses relations professionnelles avec des acteurs tels que Lee Marvin.
Installé en Irlande depuis les années 1960, John Boorman fonde en 1990 la revue Projections avec Walter Donohue. Chaque volume rassemble des entretiens et des textes de cinéastes consacrés à la fabrication des films. La publication accueille notamment des journaux de tournage et des réflexions sur l’écriture, le jeu ou le montage.
Le cinéaste préside le jury du Festival de Cannes en 1992. Sous sa présidence, la Palme d’or est attribuée à Les Meilleures Intentions de Bille August. John Boorman reçoit ensuite le BAFTA Fellowship en 2004, distinction décernée pour l’ensemble de sa contribution au cinéma.
Filmographie
8 sur 8 films
- 1998
-
Le Général
- réalisateur
- producteur
- scénariste
- 1987
-
Hope and Glory : La guerre à sept ans
- Narrator (voix)
- réalisateur
- scénariste
- 1985
-
La Forêt d'émeraude
- réalisateur
- producteur
- 1981
-
Excalibur
- réalisateur
- producteur
- scénario
- 1977
-
L'Exorciste 2 : L’Hérétique
- réalisateur
- producteur
- 1974
-
Zardoz
- Farming Brutal Shot by Zed (non-crédité)
- réalisateur
- producteur
- scénariste
- 1972
-
Délivrance
- réalisateur
- producteur
- 1970
-
Léo le dernier
- réalisateur
- scénariste