Joel Schumacher

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Filmographie 12 films

Biographie

Joel Schumacher, né le 29 août 1939 à New York (États-Unis) et décédé le 22 juin 2020, est un réalisateur, scénariste et ancien costumier américain dont la carrière, traversée de fulgurances visuelles et de virages parfois déroutants, a marqué le cinéma hollywoodien de la fin du XXe siècle. Formé aux arts plastiques, passé par la mode et la publicité, Joel Schumacher incarne une figure singulière du cinéma américain, aussi adulée que critiquée, mais toujours inclassable.

De la mode au cinéma : les débuts atypiques de Joel Schumacher

Avant de poser sa caméra, Joel Schumacher s’est fait un nom dans un tout autre univers : celui du stylisme et du design. Formé à la Parsons School of Design, il entre à Hollywood par une porte inhabituelle, celle du costume. Il travaille notamment sur Sleeper de Woody Allen, où son sens du détail visuel commence à attirer l’attention.

C’est par l’écriture de scénarios qu’il entame sa transition vers la réalisation. Il signe les scripts de Sparkle et de The Wiz, deux films musicaux ancrés dans la culture afro-américaine, avant de faire ses débuts derrière la caméra en 1981 avec The Incredible Shrinking Woman. Ce premier film est accueilli de façon tiède, mais Joel Schumacher ne tarde pas à affirmer un style plus personnel.

Les années 80 : jeunesse dorée et style affirmé

C’est dans les années 1980 que Joel Schumacher impose sa signature esthétique. Avec St. Elmo's Fire en 1985, il capte l’esprit de la génération post-Breakfast Club, réunissant une bande de jeunes acteurs devenus depuis emblématiques, les fameux "Brat Pack". Ce film, portrait mélancolique de la jeunesse dorée américaine, lui vaut une reconnaissance immédiate.

Deux ans plus tard, il enfonce le clou avec The Lost Boys, un film de vampires rock et sexy devenu culte, où se mêlent esthétisme gothique, humour noir et sous-texte queer à peine voilé. Le ton est donné : Joel Schumacher ne fait rien à moitié, et sa caméra aime les ambiances stylisées, les contrastes forts et les personnages à la marge.

Les années 90 : succès commerciaux et virages controversés

Durant les années 1990, Joel Schumacher devient un réalisateur de studio très demandé. Il enchaîne les succès commerciaux avec Flatliners, Falling Down ou The Client, des films aux tons très différents mais toujours portés par une mise en scène maîtrisée et une forte direction d’acteurs. Il montre ici qu’il peut jongler avec les genres sans renier son style.

Mais c’est avec les films Batman Forever (1995) et surtout Batman & Robin (1997) qu’il entre dans une zone plus trouble. Succédant à Tim Burton, Joel Schumacher opte pour une vision plus colorée, plus kitsch, qui détonne dans l’univers sombre établi jusque-là. Batman & Robin, avec ses costumes moulants, ses répliques absurdes et son esthétique néo-camp, est un échec critique retentissant. Le film est moqué, rejeté, parfois détesté, et il marque un coup d’arrêt brutal dans la carrière grand public de Schumacher. Lui-même, avec le recul, en reconnaîtra les excès… non sans une pointe d’humour.

Retour à des projets plus sombres et intimistes

Après le fiasco de Batman & Robin, Joel Schumacher revient à un cinéma plus sobre, souvent plus sombre. 8MM, avec Nicolas Cage, explore les coulisses glauques du snuff movie. Tigerland, en 2000, révèle Colin Farrell dans un drame de guerre sobre et tendu, à l’opposé de ses productions précédentes.

Ce tournant vers des projets plus modestes mais plus personnels permet à Joel Schumacher de retrouver un certain crédit critique. Il tourne encore quelques thrillers efficaces, comme Phone Booth, presque entièrement situé dans une cabine téléphonique, ou The Number 23, dans lequel Jim Carrey change de registre.

Même si ses derniers films n’atteignent plus le succès de ses grandes années, il reste respecté comme un artisan singulier, parfois extravagant, mais toujours sincère dans sa démarche.

Joel Schumacher : une figure queer importante dans les coulisses d’Hollywood

Ouvertement homosexuel à une époque où peu le disaient dans l’industrie, Joel Schumacher a toujours assumé son identité, sans en faire une bannière militante. Son œuvre, même lorsqu’elle reste dans les cadres du cinéma commercial, est traversée de codes et de références queer, souvent dissimulés sous l’humour, l’exagération ou la stylisation visuelle.

Sa manière de filmer les corps, ses choix esthétiques assumés, son attrait pour les marginalités ou les figures ambiguës, tout cela a contribué à faire de lui une figure importante pour de nombreux cinéastes LGBTQ+ de la génération suivante. Sans avoir fait du militantisme son cheval de bataille, Joel Schumacher a tout de même contribué à ouvrir certaines portes, simplement par sa présence et sa liberté de ton.

Une œuvre inégale mais impossible à ignorer

La carrière de Joel Schumacher est faite de contrastes, de hauts très hauts et de bas parfois douloureux. Mais c’est précisément cette inconstance, ce goût du risque et cette fidélité à une vision personnelle qui rendent son œuvre si intrigante. Il a parfois déçu, souvent divisé, mais jamais laissé indifférent.

Aujourd’hui encore, ses films continuent d’être redécouverts, réévalués, parfois défendus avec ferveur, notamment par les jeunes générations qui voient dans ses excès une forme de liberté créative aujourd’hui rare. Il n’était peut-être pas toujours à la mode, mais Joel Schumacher a su, à sa manière, imprimer sa marque dans le paysage du cinéma américain.

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