Joel Basman
- Casting
Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Joel Basman, né le 23 janvier 1990 à Zurich, en Suisse, est un acteur qui s’est frayé un chemin singulier dans le monde du cinéma européen. Fils d’un père suisse et d’une mère israélienne, élevé dans un environnement multiculturel et artistique (ses parents tenaient une boutique de mode à Zurich), Joel Basman s’est lancé très jeune dans le théâtre, avant d’embrasser une carrière à l’écran marquée par la diversité de ses rôles et une grande exigence dans le choix de ses projets.
Parlant couramment allemand, anglais, français et hébreu, il incarne une nouvelle génération d’acteurs capables de naviguer entre les langues, les genres et les frontières sans jamais perdre en intensité. S’il n’est pas une célébrité planétaire, Joel Basman fait partie de ces comédiens qu’on reconnaît sans toujours pouvoir mettre un nom sur leur visage, mais dont le jeu laisse rarement indifférent.
Premiers pas et reconnaissance en Suisse alémanique
C’est à l’adolescence que Joel Basman commence à apparaître à la télévision suisse alémanique. Son premier rôle marquant remonte à 2004, dans la série Lüthi und Blanc, très populaire à l’époque. Mais c’est surtout en 2008, grâce à son rôle dans le film Luftbusiness, qu’il se fait véritablement remarquer. Ce drame social suisse, dans lequel il incarne un jeune marginal, lui vaut une première reconnaissance critique, et surtout le Shooting Star Award à la Berlinale en 2008. Une distinction qui souligne les talents émergents du cinéma européen et qui ouvre de nouvelles portes à l’international.
Formé à la European Film Actor School de Zurich, Joel Basman combine une rigueur de jeu héritée du théâtre avec une forte capacité d’adaptation face aux exigences du tournage. Ce mélange fait de lui un acteur à la fois technique et instinctif, capable de nuances subtiles même dans des rôles très marqués.
Une carrière entre cinéma d’auteur et productions historiques
Le parcours de Joel Basman est fait de choix atypiques et souvent exigeants. Il privilégie les films d’auteur, les fresques historiques et les productions européennes ambitieuses. On l’a vu notamment dans We Are Young. We Are Strong. (Wir sind jung. Wir sind stark.), un drame allemand centré sur les émeutes xénophobes de Rostock en 1992, ou encore dans Picco, un film carcéral sombre et intense où il incarne un jeune détenu.
Mais l’un de ses rôles les plus remarqués reste sans doute celui de Bertl dans Der Staat gegen Fritz Bauer (Le Labyrinthe du silence), un film sur la traque d’Adolf Eichmann et les procès d’Auschwitz. Dans ce type de récits ancrés dans l’Histoire, Joel Basman impose une présence physique discrète mais puissante, souvent chargée de tension et de gravité. Il semble particulièrement à l’aise dans les rôles de personnages ambigus, tiraillés entre fidélité à eux-mêmes et pression du contexte.
Une présence remarquée dans des projets internationaux
Même si la majorité de sa carrière se déroule en Allemagne et en Suisse, Joel Basman s’est également aventuré sur des terrains plus internationaux. Il apparaît dans le film The Monuments Men de George Clooney, aux côtés d’un casting hollywoodien prestigieux, ainsi que dans The King's Man : Première Mission, preuve que son profil intéresse aussi les productions anglophones à la recherche de visages authentiques et intenses.
Dans la série The Awakening of Motti Wolkenbruch (Wolkenbruch), un film suisse en yiddish et allemand distribué par Netflix, il incarne un jeune homme issu d’une famille juive ultra-orthodoxe en quête de liberté. Une performance pleine d’humour et de mélancolie, qui montre une autre facette de son jeu, plus tendre et nuancée. L’un des rares rôles principaux où il peut véritablement exprimer toute l’étendue de son talent avec un ton plus léger, mais non dénué de profondeur.
Un acteur de l’ombre, volontairement à contre-courant
Joel Basman n’est pas de ceux qui multiplient les apparitions médiatiques ou les projets commerciaux. Il semble suivre un cap très personnel, loin des feux de la rampe, en privilégiant des films où le fond prime sur la forme. Cette discrétion médiatique alimente une certaine aura autour de lui, celle d’un acteur concentré sur son art plus que sur son image.
Il ne cherche pas à jouer les héros classiques ou les têtes d’affiche lisses. Au contraire, il s’oriente souvent vers des rôles tourmentés, vulnérables, en marge. Une position qui peut sembler moins « vendeuse » dans l’industrie actuelle, mais qui contribue à forger un parcours cohérent et respecté dans les cercles du cinéma européen.
Avec son regard intense, sa capacité à passer d’une langue à l’autre et son refus du compromis artistique, Joel Basman fait partie de ces interprètes rares qui ne cherchent pas à plaire à tout prix, mais à être justes, scène après scène. Et c’est peut-être pour cela qu’il convainc autant ceux qui prennent le temps de le découvrir.