Joe Shrapnel
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Né en 1976 au Royaume-Uni, Joe Shrapnel est un scénariste et producteur britannique dont le nom circule avec régularité dans les coulisses d’Hollywood. Si le grand public ne l’identifie pas forcément, les studios, eux, le connaissent bien.
Spécialisé dans l’écriture de films mêlant tension dramatique, fond historique ou romanesque, Joe Shrapnel a su construire, en tandem avec sa collaboratrice régulière Anna Waterhouse, une carrière équilibrée entre productions intimistes et blockbusters calibrés. Il fait partie de ces artisans de l’écriture capables de s’adapter à des genres très variés sans perdre de vue le cœur du récit. Un profil discret, mais précieux, dans une industrie où les bons scénaristes sont toujours activement courtisés.
L’écriture en duo, une méthode maîtrisée
Le nom de Joe Shrapnel est quasiment indissociable de celui d’Anna Waterhouse, avec qui il forme un binôme d’écriture à la fois solide et prolifique. Ensemble, ils ont signé des scénarios pour le cinéma comme pour la télévision, passant de la biographie sportive au thriller politique, puis à l’action fantastique, sans paraître se spécialiser, et c’est peut-être là leur force.
Leur méthode de travail, qu’ils ont parfois évoquée en interview, repose sur une division naturelle des scènes ou des personnages, puis une réécriture mutuelle. Une forme de ping-pong créatif qui leur permet d’affiner les dialogues, les intentions et les structures, tout en conservant une voix scénaristique cohérente.
Ce partenariat donne à Joe Shrapnel une stabilité et une dynamique collaborative qui se ressent dans des projets bien construits, sans effets de style inutiles, mais avec une efficacité narrative certaine.
Race, Seberg, Rebecca : des récits à enjeux humains
Parmi les projets les plus remarqués du duo, Race (2016) occupe une place particulière. Le film, centré sur la vie de l’athlète Jesse Owens et sa participation aux Jeux olympiques de 1936 à Berlin, mêle contexte historique, enjeux raciaux et portrait d’un homme pris dans une mécanique politique. Joe Shrapnel y livre un scénario à la fois didactique et émotionnel, capable de rendre accessible une période complexe sans sombrer dans le simplisme.
Trois ans plus tard, Seberg (2019), centré sur l’actrice Jean Seberg et sa surveillance par le FBI en raison de son soutien aux mouvements militants noirs, confirme cette appétence pour les récits biographiques à charge politique. Ici aussi, Joe Shrapnel joue la carte de la tension psychologique, du dilemme moral et de l’intime confronté au pouvoir. Le film est modeste dans sa forme, mais riche en sous-texte, et montre bien comment l’écriture peut révéler les zones grises d’un personnage public.
En 2020, il coécrit Rebecca, adaptation moderne du roman de Daphne du Maurier. Si le film, produit par Netflix, reçoit un accueil critique mitigé, il témoigne de l’audace de Joe Shrapnel à s’attaquer à une œuvre littéraire déjà adaptée par Hitchcock, un pari risqué, mais révélateur d’une ambition de revisiter les classiques avec une touche contemporaine.
Snake Eyes et l’écriture de franchise
Avec Snake Eyes: G.I. Joe Origins (2021), Joe Shrapnel change de registre en s’attaquant à un univers plus musclé et commercial. Ce film d’action basé sur la franchise G.I. Joe demande une écriture très différente : il faut intégrer un lore déjà existant, structurer un récit rythmé, tout en respectant les attentes des fans.
Le résultat, s’il divise, montre que Joe Shrapnel sait aussi manier les codes du blockbuster moderne. Il jongle avec les scènes d’action, les origines du héros, les enjeux familiaux et la construction d’un monde semi-fantastique, tout cela sans perdre la ligne directrice. Cette incursion dans l’univers des franchises laisse penser qu’il est parfaitement capable d’évoluer entre écriture d’auteur et logique de studio.