Jodie Turner-Smith
- Casting
Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Jodie Turner-Smith, née le 7 septembre 1986 à Peterborough, en Angleterre, est une actrice et mannequin britannique, d’origine jamaïcaine. Devenue visible au niveau international au tournant des années 2020, Jodie Turner-Smith incarne une nouvelle génération d’actrices à l’esthétique forte, au jeu magnétique, et à la trajectoire marquée par une volonté constante de briser les codes — à l’écran comme en dehors.
D’un parcours atypique à une percée inattendue
Avant de devenir actrice, Jodie Turner-Smith n’avait pas prévu de suivre une carrière dans le cinéma. Elle étudie les finances à l’University of Pittsburgh, mais change de cap après avoir été repérée par un ami proche du chanteur Pharrell Williams, qui l’encourage à tenter sa chance à Los Angeles. Elle commence comme mannequin, posant pour diverses campagnes, tout en faisant ses premières armes à la télévision.
Elle apparaît notamment dans des clips musicaux, puis dans quelques épisodes de séries comme True Blood ou The Last Ship, où elle obtient un rôle récurrent. Sa présence, longiligne et assurée, ne passe pas inaperçue, et sa carrière d’actrice s’amorce véritablement dans le monde des séries avant de prendre son envol sur grand écran.
Queen & Slim : un rôle fondateur, entre tragédie et romance contemporaine
C’est avec Queen & Slim (2019), réalisé par Melina Matsoukas et écrit par Lena Waithe, que Jodie Turner-Smith explose aux yeux du public et de la critique. Elle y incarne Queen, une avocate rigide et désenchantée, qui se retrouve en cavale avec un inconnu (joué par Daniel Kaluuya) après un contrôle de police qui tourne mal.
Le film, à mi-chemin entre road movie, drame social et histoire d’amour tragique, est un puissant commentaire sur les violences policières et l’identité noire en Amérique. Et dans ce cadre tendu, Jodie Turner-Smith livre une performance d’une intensité rare, à la fois retenue, rageuse et vulnérable. Elle impose un personnage complexe, dur mais émouvant, que le spectateur suit de plus en plus étroitement jusqu’à une fin inévitable.
Ce rôle, exigeant et audacieux, révèle non seulement son talent dramatique, mais aussi sa capacité à porter un film entier sur ses épaules. Une ascension immédiate pour une actrice encore peu connue jusque-là, et un choix de projet loin des sentiers battus.
Une présence marquante dans des univers très variés
Après Queen & Slim, Jodie Turner-Smith refuse de se laisser enfermer dans un archétype. Elle enchaîne les projets très différents, parfois inattendus. Elle joue dans la série Anne Boleyn (2021), dans laquelle elle incarne… la célèbre reine Tudor, femme blanche dans l’Histoire, femme noire dans la fiction. Ce choix suscite évidemment des réactions contrastées, mais Jodie Turner-Smith assume pleinement cette lecture contemporaine et politique du rôle, avec une performance tout en tension intérieure.
Elle apparaît aussi dans Without Remorse (2021) aux côtés de Michael B. Jordan, un thriller d’action où elle incarne une officier militaire avec autorité et sobriété. Puis, elle intègre des univers plus stylisés comme The Independent, After Yang, ou encore la série Sex Education (Netflix), dans un rôle secondaire qui confirme sa volonté de surprendre plutôt que de s’installer.
Elle montre également qu’elle n’a aucun problème à passer du drame au genre, de la fiction historique à la science-fiction, tout en gardant une intensité visuelle qui capte l’objectif, même sans paroles. Il faut dire que son port de tête, son regard perçant et son présence frontale rendent ses apparitions rarement anodines.
Une actrice engagée, une voix affirmée
Jodie Turner-Smith ne se contente pas de jouer : elle prend position, dans ses choix artistiques comme dans ses déclarations publiques. Elle aborde ouvertement des sujets liés à la représentation des personnes noires au cinéma, aux standards de beauté dans l’industrie, ou encore aux droits des femmes, sans chercher à lisser ses propos.
Son mariage (aujourd’hui terminé) avec l’acteur Joshua Jackson, sa maternité, et ses prises de parole sur le racisme systémique en Grande-Bretagne comme aux États-Unis, ont également attiré l’attention médiatique, mais elle ne laisse jamais sa vie privée définir son image publique.
Elle revendique une forme de féminisme radical, de liberté esthétique, et une indépendance de trajectoire qui fait d’elle une figure de plus en plus emblématique dans un paysage audiovisuel en pleine mutation.