Joaquin Phoenix
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Détails
| Autre nom | Joaquín Rafael Bottom |
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Nationalité |
| Famille | |
| Filmographie | 22 films |
| Récompenses | 10 nominations et 4 victoires |
Biographie
Joaquin Phoenix, de son vrai nom Joaquín Rafael Bottom, est né le 28 octobre 1974 à San Juan, à Porto Rico. De nationalité américaine, il est l’un des acteurs les plus singuliers, imprévisibles et respectés de sa génération. Il est aussi connu pour sa capacité à disparaître dans ses rôles, au point de rendre chaque performance presque méconnaissable par rapport à la précédente. C’est un acteur de contrastes : capable de jouer un empereur romain narcissique, un vétéran tourmenté ou un clown anarchiste, toujours avec une intensité qui frôle parfois la mise en danger.
Une enfance atypique et une entrée précoce dans le monde du spectacle
L’histoire de Joaquin Phoenix commence dans une famille pour le moins peu conventionnelle. Né au sein d’un couple d’ex-hippies américains, il grandit au sein du mouvement controversé des Children of God, dont sa famille finit par s’éloigner. Les Phoenix (car toute la famille changera de nom pour symboliser un nouveau départ) traversent les États-Unis et l’Amérique du Sud avant de revenir en Californie. Très tôt, les enfants montent sur scène, tournent dans des pubs, chantent dans la rue, et Joaquin Phoenix, tout comme son frère River, montre très jeune un vrai talent.
Mais en 1993, la trajectoire du jeune acteur est violemment bouleversée par la mort tragique de River Phoenix, décédé d’une overdose à l’âge de 23 ans. Joaquin est le témoin direct de ce drame, c’est lui qui passe l’appel au 911. Ce traumatisme restera une cicatrice permanente, et marque aussi un tournant dans sa vie personnelle et professionnelle.
Une ascension marquée par des choix radicaux
Malgré cette tragédie, Joaquin Phoenix continue à jouer, et il le fait avec une précision et un engagement qui le démarquent très vite. Dans To Die For de Gus Van Sant (1995), il incarne un adolescent manipulateur face à Nicole Kidman. En 2000, il explose littéralement dans Gladiator, où il campe Commode, un empereur romain aussi fragile que cruel, avec un mélange de décadence et de rage rentrée qui lui vaut une nomination aux Oscars.
Il alterne ensuite entre drames intimistes et projets ambitieux, toujours avec cette volonté d’éviter les chemins balisés. Il travaille plusieurs fois avec James Gray (The Yards, We Own the Night, Two Lovers), explore le cinéma indépendant avec Buffalo Soldiers ou I’m Still Here, et creuse de plus en plus des personnages tourmentés, ambigus, souvent à la lisière du malaise psychologique.
Walk the Line, Her, The Master… des rôles qui marquent une époque
En 2005, il impressionne dans Walk the Line, où il incarne Johnny Cash avec une intensité vocale et émotionnelle remarquable. Il apprend à chanter et à jouer de la guitare pour le rôle, qu’il interprète sans doublure musicale. Sa performance lui vaut un Golden Globe et une nouvelle nomination aux Oscars.
Mais c’est peut-être avec The Master de Paul Thomas Anderson (2012) qu’il atteint un sommet artistique. Dans ce rôle de vétéran instable face à Philip Seymour Hoffman, Joaquin Phoenix livre une performance aussi déroutante que viscérale, à la fois inquiétante, fascinante, et complètement hors des codes traditionnels du jeu hollywoodien.
Il confirme ensuite sa versatilité dans Her (2013), où il incarne un homme solitaire tombant amoureux d’une intelligence artificielle. Ici, tout passe par les silences, les regards, les failles. Il prouve que l’émotion la plus brute peut aussi passer par la retenue, et pas uniquement par l’explosion.
Joker : consécration et trouble dans la ville
En 2019, Joaquin Phoenix franchit un cap avec Joker, réalisé par Todd Phillips. Il y incarne Arthur Fleck, clown dépressif basculant dans la violence, dans une version réaliste et sociale du célèbre antagoniste de Batman. Pour le rôle, il perd énormément de poids, modifie sa gestuelle, sa voix, sa manière de rire. La performance est totale, troublante, et parfois difficile à regarder.
Le film divise, mais sa performance met tout le monde d’accord. Il reçoit l’Oscar du meilleur acteur, après plusieurs nominations, et devient l’un des rares comédiens à être récompensé pour un rôle de super-vilain. Mais au-delà du prix, c’est l’impact culturel du film qui marque : Joaquin Phoenix offre un Joker sans filtre, ancré dans une réalité sociale sombre, bien loin des versions plus flamboyantes ou grotesques.
Un acteur en marge, fidèle à ses principes
Au-delà de l’écran, Joaquin Phoenix est connu pour son engagement militant, notamment en faveur de la cause animale, de l’environnement et de la justice sociale. Il est végétalien depuis l’enfance, très impliqué dans plusieurs ONG, et n’hésite pas à utiliser sa notoriété pour défendre des causes, quitte à passer pour radical. Il se tient volontairement à l’écart des circuits de promotion traditionnels, fuit les tapis rouges, refuse les interviews formatées.
Il est aussi réputé pour son approche quasi artisanale du jeu d’acteur : pas de méthode figée, mais une immersion totale, parfois dangereuse, toujours sincère. Il n’a jamais voulu devenir une « star » au sens hollywoodien du terme. Il voulait, et veut toujours, incarner, pas briller.
Un acteur rare, imprévisible, nécessaire
Aujourd’hui, Joaquin Phoenix reste l’un des derniers grands acteurs caméléons, capables de surprendre à chaque apparition. Il choisit ses rôles avec soin, prend des risques, repousse les limites du jeu traditionnel, tout en refusant les carcans imposés par l’industrie.
Que ce soit dans un film indépendant minimaliste ou une superproduction controversée, il fait partie de ces acteurs dont on regarde chaque geste avec attention, car il n’y a jamais rien d’anodin dans son jeu. Il dérange, il émeut, il fascine, souvent en même temps.
Et même si on ne sait jamais vraiment ce qu’il fera ensuite, une chose est sûre : ce sera à sa manière, ou pas du tout.
Filmographie
22 sur 22 films