Jerry Siegel
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Détails
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| Filmographie | 13 films |
Biographie
Jerry Siegel, de son nom complet Jerome Siegel, est né le 17 octobre 1914 à Cleveland, dans l’Ohio, aux États-Unis, et est décédé le 28 janvier 1996 à Los Angeles, Californie.
Auteur de comics et scénariste prolifique, Jerry Siegel restera à jamais lié à la création de Superman, le premier super-héros tel qu’on le connaît aujourd’hui, et figure fondatrice d’un genre qui allait transformer à jamais la culture populaire mondiale. Mais derrière le S emblématique sur fond rouge se cache une histoire bien plus complexe, où se mêlent ambition, injustice, génie créatif et lutte pour la reconnaissance.
Un rêve de science-fiction dans l’Amérique des années 30
Fils d’immigrants juifs originaires de Lituanie, Jerry Siegel grandit dans un environnement modeste à Cleveland. Passionné par la science-fiction, il dévore les pulps et écrit très tôt ses propres histoires. Il se lie d’amitié avec un autre adolescent féru de dessin, Joe Shuster, avec qui il commence à publier des fanzines dès le lycée.
C’est dans l’un de ces fanzines, Science Fiction: The Advance Guard of Future Civilization, que le nom "Superman" apparaît pour la première fois… en 1933. À l’origine, ce "Superman" est un vilain, un personnage surhumain dominé par ses instincts. Mais rapidement, Jerry Siegel repense le concept, influencé par des figures comme Hercule, Samson, et les justiciers masqués des serials radiophoniques. Il imagine un héros doté de pouvoirs extraordinaires, venu d’un autre monde, et défendant les opprimés. L’idée moderne du super-héros vient de naître.
La naissance de Superman : génie créatif, perte de contrôle
En 1938, Jerry Siegel et Joe Shuster vendent leur personnage à Detective Comics, Inc. (futur DC Comics) pour la somme de 130 dollars. Une somme dérisoire, même à l’époque, mais suffisante pour de jeunes créateurs encore marginaux dans une industrie balbutiante.
Action Comics #1, publié en juin 1938, marque la première apparition de Superman. Le succès est immédiat et colossal. En quelques mois, le personnage devient une icône nationale. Il est adapté en feuilletons radiophoniques, en dessins animés, en produits dérivés. Il devient le modèle d’un nouveau genre de fiction illustrée : le super-héros. Sans le savoir, Jerry Siegel vient de redéfinir un pan entier de la culture populaire.
Mais voilà : Siegel et Shuster n’ont plus les droits de leur propre création. Ils travaillent encore sur la série pendant quelques années, mais très vite, la question des droits d’auteur et de la rémunération devient un point de tension. En 1947, après avoir été évincés, ils intentent une action en justice pour récupérer les droits de Superman. Ils perdent.
Une lutte pour la reconnaissance longue de plusieurs décennies
La carrière de Jerry Siegel après Superman est marquée par des hauts et beaucoup de bas. Il continue d’écrire, notamment pour des éditeurs indépendants ou de petites maisons, mais il ne retrouvera jamais un succès équivalent. Il co-crée aussi The Spectre, un autre personnage marquant de l’univers DC, mais sans l’impact planétaire de son premier héros.
Dans les années 1970, alors que Superman s’apprête à devenir une superproduction hollywoodienne avec le film de Richard Donner, le combat de Siegel et Shuster pour la reconnaissance ressurgit. Sous la pression médiatique et populaire, DC Comics (Warner Bros.) finit par leur accorder une pension annuelle et une mention en tant que "créateurs de Superman" sur les publications officielles. Un geste tardif, certes, mais symboliquement fort.
Le nom de Jerry Siegel réapparaît alors dans les crédits, là où il aurait toujours dû être. Il assiste au retour de son héros sur grand écran, même s’il n’en récolte ni la gloire médiatique ni les bénéfices financiers.
Un héritage plus fort que la fiction
L’importance de Jerry Siegel dépasse largement la création de Superman. Il est, avec Joe Shuster, l’architecte fondateur du genre super-héroïque, celui qui a posé les bases narratives, morales et graphiques d’un mythe moderne.
En créant Superman, Jerry Siegel invente le super-héros tel qu’on le connaît encore aujourd’hui : double identité, morale inébranlable, origine extraterrestre, combat pour la justice, et surtout, espoir dans un monde souvent injuste. Superman n’est pas juste fort : il est bon. Et cette bonté, dans le contexte de la Grande Dépression et des prémices de la Seconde Guerre mondiale, prend une dimension quasi messianique.
Des générations d’auteurs, de scénaristes et de réalisateurs reconnaissent l’influence de Siegel. Sans lui, pas de Batman, pas de Spider-Man, pas de Wonder Woman, ni de tout l’univers étendu qui occupe désormais les écrans du monde entier.
Une figure discrète, mais immortelle dans l’histoire des comics
Jerry Siegel n’a jamais eu le statut de star dans les médias. Il n’a pas cherché à briller. Ce qui comptait pour lui, c’était l’idée, le personnage, le symbole. Son parcours reste un exemple frappant des dérives de l’industrie culturelle, mais aussi de la force durable de la création pure, sincère et inspirée.
Aujourd’hui encore, chaque fois que Superman s’envole dans un film, une série ou une bande dessinée, le nom de Jerry Siegel plane au-dessus. Comme une preuve que certaines idées sont plus fortes que les contrats, plus résistantes que les injustices, et plus durables que les honneurs.
Un héros en costume peut sauver la Terre. Un écrivain à sa machine à écrire peut, lui, changer la fiction pour toujours.