Jeremy Irons
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 22 films |
| Récompenses | 2 nominations et 1 victoire |
Biographie
Jeremy John Irons, né le 19 septembre 1948 à Cowes, sur l’île de Wight (Angleterre), est un acteur britannique à la carrière aussi élégante qu’éclectique. Véritable caméléon des arts dramatiques, il a marqué aussi bien la scène londonienne que le grand écran hollywoodien. Entre théâtre classique, drames psychologiques, voix mythique et personnages troubles, Jeremy Irons a su imposer un style d’interprétation tout en retenue, intelligence et intensité. Et, pour ceux qui aiment les distinctions rares, il fait partie du cercle très fermé des comédiens ayant remporté un Oscar, un Emmy et un Tony. La fameuse "Triple Crown".
Une formation classique, des débuts sur scène prometteurs
Formé à la Bristol Old Vic Theatre School, Jeremy Irons fait ses débuts professionnels en 1969, d’abord au théâtre, notamment avec la Royal Shakespeare Company. Sa diction impeccable, sa silhouette longiligne et sa capacité à incarner des figures ambiguës le placent rapidement dans la lignée des grands interprètes britanniques. En 1984, il reçoit un Tony Award pour sa prestation dans The Real Thing de Tom Stoppard à Broadway. Un rôle qui confirme sa capacité à faire vibrer chaque réplique, sans jamais hausser le ton.
Percée au cinéma : charme froid et intensité magnétique
C’est au cinéma que Jeremy Irons se fait connaître du grand public, d’abord dans La Maîtresse du lieutenant français (1981), puis dans The Mission (1986). Mais c’est surtout en 1990, dans Reversal of Fortune, qu’il impressionne durablement. Il y incarne Claus von Bülow, aristocrate cynique accusé d’avoir tenté d’assassiner sa femme, et remporte l’Oscar du meilleur acteur. À contre-emploi, à contre-courant, et pourtant d’une efficacité absolue.
Parmi ses rôles notables, on peut citer Dead Ringers (1988) de David Cronenberg, où il incarne des jumeaux gynécologues troublants, Lolita (1997), adaptation controversée du roman de Nabokov, ou encore The Man in the Iron Mask et Being Julia. Toujours sur le fil, il apporte une humanité saisissante à des personnages parfois glaçants.
Scar, Die Hard, Batman… et l’art de sublimer les blockbusters
Jeremy Irons est aussi l’un des rares acteurs à pouvoir passer de Shakespeare à Disney sans jamais se renier. Il prête sa voix au scarabée manipulateur Scar dans Le Roi Lion (1994), un rôle devenu culte grâce à sa diction vénéneuse et son humour noir. En 1995, il joue le méchant Simon Gruber dans Die Hard with a Vengeance, frère de Hans Gruber, incarné par un autre maître du sarcasme : Alan Rickman. Clin d’œil bien placé.
Plus récemment, il incarne Alfred Pennyworth, le majordome fidèle et sarcastique de Bruce Wayne dans l’univers Batman (avec Batman v Superman, Justice League, etc.). À chaque apparition, il ajoute ce qu’il sait faire de mieux : de la nuance, de la présence, de la classe.
Télévision, narration et reconnaissance critique
Jeremy Irons ne délaisse jamais le petit écran. Il explose en 1981 dans Brideshead Revisited, série culte de la BBC. Il y incarne Charles Ryder, jeune homme fasciné par une aristocratie en déclin. Ce rôle devient l’un des emblèmes du drame britannique des années 1980.
Il remporte plusieurs Emmy Awards, notamment pour Elizabeth I (2005) où il donne la réplique à Helen Mirren, ou encore pour ses performances vocales dans des documentaires animaliers. En 2019, il apparaît dans la série Watchmen sur HBO, en Ozymandias, ex-superhéros mégalomane et isolé. Une performance à la fois théâtrale et dérangeante, très "Ironsienne", si l’on peut dire.
Une voix, une posture, un regard
Ce qui distingue Jeremy Irons, au-delà de ses choix de rôles, c’est son style unique. Une voix grave et feutrée, immédiatement reconnaissable. Une posture distante mais jamais froide. Et surtout, cette manière de ne jamais surjouer, préférant les silences aux grandes démonstrations, les tensions internes aux explosions de surface.
Il assume aussi une certaine affection pour les personnages sombres : "J’aime les vilains. Je les comprends", confiait-il dans une interview. On le croit sans peine.
Vie personnelle et convictions
Marié depuis 1978 à l’actrice Sinéad Cusack, Jeremy Irons est père de deux enfants, dont l’acteur Max Irons. Il partage son temps entre le Royaume-Uni et l’Irlande, où il a acquis un château en bord de mer, loin des tapis rouges. Engagé sur les questions environnementales et de lutte contre la faim, il est ambassadeur de bonne volonté pour la FAO depuis 2011. Une discrétion naturelle, jamais dans la posture, toujours dans l’action.
Jeremy Irons, c’est l’acteur des ombres élégantes, des non-dits brillants et des répliques qui résonnent bien après le clap de fin. Sa filmographie est un mélange audacieux de classicisme, de risques assumés et de fidélité à une vision artistique exigeante.
Et franchement, entendre “Long live the king” avec sa voix, c’est presque plus marquant qu’un Oscar.