Jean Yanne
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Jean Yanne, de son vrai nom Jean Roger Gouyé, est né le 18 juillet 1933 à Les Lilas, en Seine-Saint-Denis (France), et s’est éteint le 23 mai 2003 à Morsains, dans la Marne. Humoriste, acteur, réalisateur, compositeur, romancier et chroniqueur, Jean Yanne incarne une figure atypique du paysage audiovisuel français : inclassable, provocateur, souvent corrosif mais toujours pertinent.
Homme de radio, de télévision, de cinéma et de mots, il laisse une œuvre marquée par l’ironie, la satire sociale et un goût assumé pour la subversion, toujours livrée avec un flegme pince-sans-rire dont lui seul avait le secret.
Des débuts radiophoniques à la télévision, ton mordant inclus
Après des études aux Beaux-Arts et quelques petits boulots, Jean Yanne commence sa carrière dans la publicité et la radio, notamment sur Europe 1, où il fait équipe avec Jacques Martin. Ensemble, ils imposent un ton décalé, parfois absurde, souvent satirique, qui tranche avec le paysage très formaté de l’époque.
Leur humour irrévérencieux s’épanouit dans des émissions cultes comme Le Petit Rapporteur, où Jean Yanne brille par son art du contrepied, de l’absurde et de la digression intelligente. Très vite, il devient un nom qui compte dans le petit monde de l'humour français, mais à sa manière : toujours un peu à côté, jamais là où on l’attend.
Le cinéma selon Jean Yanne : anticonformisme en pellicule
Sa carrière d’acteur décolle dans les années 1960, souvent dans des seconds rôles marquants. Il explose vraiment en 1969 dans Que la bête meure de Claude Chabrol, où il incarne un homme odieux, brutal, fascinant de cynisme. Le rôle lui vaut le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1972 pour Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat.
En parallèle, Jean Yanne passe derrière la caméra avec un style très personnel, souvent grinçant, volontiers pamphlétaire. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972), Moi y'en a vouloir des sous (1973), Les Chinois à Paris (1974) : des titres évocateurs pour un cinéma qui ne s’embarrasse ni de politiquement correct, ni de subtilité feinte. Le ton est libre, cruellement drôle, parfois maladroit mais toujours stimulant.
L’homme des excès assumés
Jean Yanne n’a jamais cherché à plaire, encore moins à se faire aimer. Il fustige la bien-pensance, le pouvoir, les institutions, les médias, la publicité, l’armée, la politique… tout en se moquant aussi de lui-même. Son humour est souvent noir, jamais tiède, et sa vision du monde, quelque part entre pessimisme lucide et gouaille désabusée.
Il cultive un style à la fois populaire et intellectuel, bourru mais cultivé, avec un goût pour les dialogues mordants, les situations absurdes et les provocations bien placées.
Compositeur, écrivain, touche-à-tout
Moins connu, Jean Yanne était aussi compositeur. Il a écrit de nombreuses musiques pour ses films, ainsi que pour d’autres artistes. Pianiste de formation, mélomane averti, il connaissait parfaitement le langage musical, même s’il s’en servait souvent pour mieux le détourner.
Il publiera aussi plusieurs romans (Pensées, répliques, textes et anecdotes notamment), et restera jusqu’à la fin un observateur sarcastique et lucide de la société française.
Jean Yanne : une liberté de ton inimitable
Disparu en 2003 à l’âge de 69 ans, Jean Yanne laisse derrière lui une œuvre inégale mais profondément originale, à l’image de son créateur. Il reste dans les mémoires comme un homme libre, franc, parfois rugueux, mais jamais soumis, fidèle à sa devise non-officielle : « Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. »
Acteur intense, réalisateur libre, chroniqueur acerbe, Jean Yanne est l’un de ces rares artistes qui n’ont jamais cherché à rentrer dans une case. Il s’est contenté de la dynamiter, avec un ricanement discret et une élégance décalée.