Jean-Pierre Jeunet

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompenses 7 nominations et 1 victoire

Biographie

Né le 3 septembre 1953 à Roanne, dans la Loire (France), Jean-Pierre Jeunet est un réalisateur, scénariste et producteur français, connu pour son style visuel inimitable, ses récits à la fois poétiques et décalés, et son goût affirmé pour les personnages marginaux et les mondes hors du temps. De Delicatessen à Amélie Poulain, en passant par La Cité des enfants perdus ou même Alien: Resurrection, Jeunet a su imposer une patte singulière, tant en France qu’à l’international. Un cinéma d’auteur… mais pop.

Une formation autodidacte et une rencontre fondatrice

Jean-Pierre Jeunet découvre le cinéma très jeune, et se passionne rapidement pour l’animation, la photographie et les univers fantastiques. Il ne passe pas par la voie académique classique, mais se forme sur le terrain : d’abord en réalisant des courts-métrages animés, puis en rencontrant Marc Caro, graphiste et illustrateur, avec qui il développe une collaboration artistique majeure.

Le duo Jeunet–Caro signe dans les années 80 des courts très remarqués (Le Manège, Pas de repos pour Billy Brakko), avant de passer au long-métrage avec Delicatessen (1991). Dès ce premier film, le style est posé : un monde clos, une lumière sépia, des personnages grotesques mais attendrissants, et un humour noir au cordeau. Le film, ovni du cinéma français, devient culte et révèle une nouvelle voix du cinéma visuel européen.

La Cité des enfants perdus : le rêve sombre en grand format

En 1995, Jeunet et Caro livrent La Cité des enfants perdus, conte dystopique et baroque dans un monde industriel surréaliste, où un savant fou vole les rêves des enfants pour ralentir son vieillissement. Le film est un chef-d'œuvre de direction artistique, où chaque décor, chaque costume, chaque mouvement de caméra est minutieusement chorégraphié.

Si le film divise une partie de la critique, il reste un exemple de cinéma total, aussi influencé par Fellini, Terry Gilliam ou le cinéma expressionniste allemand que par les bandes dessinées et les univers de fantasy. Et puis, il y a Ron Perlman, la photographie brumeuse de Darius Khondji, et une ambition visuelle rarement atteinte dans le cinéma français des années 90.

Alien: Resurrection : une incursion hollywoodienne... pas comme les autres

En 1997, Jean-Pierre Jeunet part à Hollywood pour réaliser Alien: Resurrection, quatrième volet de la saga initiée par Ridley Scott. Un projet inattendu pour un réalisateur au style si affirmé. Le résultat est... déroutant : ni complètement Jeunet, ni complètement Alien, le film divise les fans mais révèle une tentative sincère de fusionner un univers hollywoodien avec un regard d’auteur européen.

La lumière jaune-verte, les visages de travers, les dialogues absurdes (signés Joss Whedon) et les gueules pas possibles de ses seconds rôles habituels donnent au film une patte étrange. Si Alien: Resurrection n’a pas l’impact de ses prédécesseurs, il confirme que Jeunet n’a pas peur du hors-piste, même dans un cadre ultra codifié.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain : la consécration (et la controverse)

En 2001, Jean-Pierre Jeunet revient en France et réalise Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, avec Audrey Tautou dans le rôle principal. Le film, ode à la tendresse, à la beauté des petits riens, et à l’amour naïf dans un Paris de carte postale, devient un phénomène mondial. Adoré pour sa poésie visuelle, ses trouvailles de mise en scène, sa bande-son inoubliable (signée Yann Tiersen) et son optimisme sans cynisme, Amélie consacre Jeunet comme un grand nom du cinéma français contemporain.

Mais le film suscite aussi des critiques : certains lui reprochent son vision idéalisée de Paris, son manque de diversité, ou sa posture apolitique. Il n’empêche que Amélie marque durablement l’imaginaire collectif, et devient une référence universelle de cinéma poétique et accessible.

Une fidélité au style, entre technicité et fantaisie

Après Amélie, Jeunet enchaîne avec Un long dimanche de fiançailles (2004), fresque romanesque sur fond de Première Guerre mondiale, toujours avec Audrey Tautou. Le film confirme son goût pour les récits à double temporalité, les personnages abîmés mais lumineux, et une esthétique soignée jusqu’au vertige.

En 2009, Micmacs à tire-larigot revient à un ton plus burlesque et bricolé, dans la veine de Delicatessen, tandis que L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (2013), tourné en anglais, propose une adaptation littéraire filmée en 3D, avec un sens du cadrage et du détail toujours aussi minutieux.

Un cinéaste atypique dans le paysage français

Jean-Pierre Jeunet n’est pas un réalisateur prolifique, mais chacun de ses films porte sa marque indélébile. Dans un paysage cinématographique souvent marqué par le naturalisme, il revendique la fantaisie, l’artifice, la stylisation, sans jamais tomber dans la froideur esthétique. Il travaille avec ses fidèles techniciens (comme le chef décorateur Aline Bonetto ou le chef opérateur Bruno Delbonnel), et reste attaché à un cinéma artisanal, même quand il utilise la technologie numérique.

S’il est parfois taxé de se répéter, il revendique lui-même sa cohérence, et l’exploration continue de thèmes comme l’innocence, l’exclusion, la mémoire et la réparation. Son cinéma, à mi-chemin entre le conte et la fable mécanique, reste inimitable.

Filmographie

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