Jean-Paul Rappeneau

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 1 film
Récompenses 4 nominations et 0 victoire

Biographie

Jean-Paul Rappeneau, né le 8 avril 1932 à Auxerre, en Bourgogne, est un réalisateur et scénariste français dont le nom est associé à un cinéma élégant, lyrique et grand public, porté par un souffle romanesque rarement égalé dans le paysage hexagonal. Connu pour son sens du rythme, de la mise en scène chorale et des dialogues vifs, il a su marier ambition formelle et accessibilité populaire avec une régularité impressionnante. À son actif, une poignée de films seulement, mais presque tous devenus des références.

Des débuts brillants dans les années 1960

Avant de devenir réalisateur, Jean-Paul Rappeneau se fait remarquer comme scénariste, notamment aux côtés de Louis Malle (Zazie dans le métro, Vie privée). C’est en 1965 qu’il signe son premier long-métrage en tant que réalisateur, La Vie de château, avec Catherine Deneuve et Philippe Noiret. Le film, comédie pétillante en pleine Seconde Guerre mondiale, est déjà emblématique de son style : légèreté de ton, dialogues ciselés, personnages vifs et romanesques, le tout sur fond d’Histoire.

Le succès est immédiat, et Jean-Paul Rappeneau s’impose comme un auteur à part, capable de filmer des récits historiques sans lourdeur, avec un sens rare de la comédie de situation et de l’enchaînement fluide.

Il enchaîne avec Les Mariés de l’an II (1971), grand divertissement historique porté par Jean-Paul Belmondo, puis Le Sauvage (1975) avec Yves Montand et Deneuve à nouveau, dans un duo explosif en pleine jungle sud-américaine. Ce film-là, souvent diffusé à la télévision, est devenu un classique populaire, alliant aventures, romance et dialogues acérés. Le charme Rappeneau opère : ses films mêlent panache, ironie et évasion, avec un raffinement rare dans le cinéma de l’époque.

Cyrano de Bergerac : le chef-d’œuvre flamboyant

En 1990, Jean-Paul Rappeneau frappe un grand coup avec son adaptation de Cyrano de Bergerac, d’après la pièce d’Edmond Rostand. C’est un projet ambitieux, à contre-courant des modes du moment, mais porté par Gérard Depardieu, dont la performance monumentale dans le rôle-titre marque les esprits.

Le film est un triomphe critique et public, cumulant dix César dont celui du meilleur réalisateur pour Rappeneau, et une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger. Visuellement somptueux, rythmé comme un film d’action, fidèle au texte en vers tout en restant accessible, Cyrano incarne le cinéma de prestige à la française, dans ce qu’il a de plus noble. C’est aussi une œuvre qui symbolise parfaitement la maîtrise de Rappeneau : orchestrer des scènes complexes avec une lisibilité parfaite, faire danser les mots avec la caméra, et insuffler une émotion réelle à un récit stylisé.

Un cinéaste rare, mais toujours attendu

Après Cyrano, Jean-Paul Rappeneau prend son temps. Il revient en 1995 avec Le Hussard sur le toit, adaptation du roman de Jean Giono, avec Juliette Binoche et Olivier Martinez. Épopée historique et amoureuse sur fond d’épidémie de choléra, le film est une superproduction française, ambitieuse et magnifiquement mise en scène. Là encore, il conjugue romance, aventure et engagement visuel, avec un soin extrême porté aux costumes, aux décors et à la lumière. Le film divise un peu la critique à sa sortie, mais il est aujourd’hui reconnu pour sa beauté plastique et sa fidélité au style Rappeneau.

Il faudra encore attendre 2003 pour Bon Voyage, un film choral sur l'Occupation, à la fois thriller, comédie, film d’espionnage et portrait d’époque. Un exercice de style virtuose avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen et Yvan Attal, où la mécanique du récit fonctionne comme une horloge bien huilée. On y retrouve son goût pour les personnages qui courent beaucoup, parlent vite, aiment fort, dans des contextes politiques agités.

Puis, douze ans de silence… jusqu’à Belles Familles (2015), où Jean-Paul Rappeneau revient avec un ton plus intime, plus contemporain, tout en gardant son énergie narrative légendaire. Le film, avec Mathieu Amalric en tête d’affiche, évoque les secrets de famille et les maisons de province, mais toujours sur un tempo rapide, avec une mise en scène dynamique. Preuve que, même à plus de 80 ans, le réalisateur n’avait rien perdu de sa vivacité.

Jean-Paul Rappeneau, le cinéma du mouvement et de l’élégance

Ce qui définit Jean-Paul Rappeneau, c’est cette capacité à filmer le mouvement avec grâce, à mêler l’intime et l’aventure, à donner au cinéma français une dimension de spectacle sans jamais sombrer dans le clinquant. Ses personnages parlent vite, se croisent, se fuient, se cherchent, dans un tourbillon maîtrisé de situations souvent cocasses, parfois tragiques, mais toujours portées par une mise en scène précise et fluide.

Il n’a réalisé qu’une petite poignée de films, mais chacun d’entre eux semble avoir été pensé, peaufiné, ciselé comme un objet d’orfèvrerie narrative. Jean-Paul Rappeneau est de ces réalisateurs pour qui chaque film est une entreprise complète, à la fois artistique et artisanale.

Et si son œuvre paraît rare, elle n’en est que plus précieuse.

Filmographie

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