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Film Index

Jean Marais

Casting

Nationalité
 France
Naissance
11 décembre 1913
Mort
8 novembre 1998
Âge
84 ans
Filmographie
5 films

Biographie

Jean Marais, né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, en France, et décédé le 8 novembre 1998 à Cannes, est l’un des acteurs les plus marquants du cinéma français du XXᵉ siècle. Il fut tour à tour acteur, metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur, un véritable homme de scène et d’atelier, dont la silhouette noble, le regard perçant et l’élocution impeccable ont traversé les époques.

Mais Jean Marais, c’est aussi une figure profondément liée à un autre nom majeur : celui de Jean Cocteau, avec qui il entretient une relation artistique et amoureuse qui marquera toute sa vie. Ensemble, ils ont créé quelques-unes des œuvres les plus poétiques et stylisées du cinéma français, ancrant Jean Marais dans l’imaginaire collectif comme une incarnation du mythe, du romantisme et de la beauté mélancolique.

Une ascension marquée par la rencontre avec Cocteau

C’est dans les années 1930 que Jean Marais commence à se faire remarquer dans les milieux du théâtre et du cinéma. Il n’a pas encore de grand rôle, mais sa prestance naturelle, sa diction classique et son regard intense séduisent rapidement. La rencontre déterminante survient en 1937 avec Jean Cocteau, poète, cinéaste et dramaturge, qui va littéralement modeler la carrière, et en partie la vie, de l’acteur.

Sous sa direction, Jean Marais devient le visage de l’élégance tragique, du héros à la fois lumineux et tourmenté. Il incarne Œdipe, Orphée, le Prince, la Bête, autant de figures symboliques dans lesquelles se mêlent grâce, douleur et fascination. Le film La Belle et la Bête (1946) est sans doute le sommet de cette collaboration, chef-d’œuvre du cinéma fantastique, où Jean Marais incarne à la fois la Bête, le Prince et Avenant, dans une performance aussi physique qu’empreinte de poésie.

Héros romantique, cascadeur et aventurier

Après les années Cocteau, Jean Marais entame une seconde carrière, plus populaire, dans les films d’aventures, les fresques historiques, les drames romantiques. Il devient un héros de cape et d’épée, dans la lignée de Douglas Fairbanks ou Errol Flynn, mais à la française : élégant, agile, noble et toujours fidèle à une certaine idée de l’honneur.

Il joue dans Le Bossu, Le Capitan, Le Comte de Monte-Cristo, Les Mystères de Paris, des rôles physiques, souvent tournés avec ses propres cascades, ce qui en fait l’un des rares acteurs de son époque à mêler jeu dramatique classique et performance corporelle spectaculaire.

Cette période lui vaut une immense popularité auprès du public, tout en conservant une forme de respect critique, notamment grâce à son professionnalisme et à son refus de la facilité. Jean Marais, même dans un film commercial, reste toujours précis, impliqué, crédible.

Une carrière théâtrale exigeante et un amour du geste

Au théâtre, Jean Marais poursuit une carrière dense, jouant Racine, Hugo, Rostand, Shakespeare, dans des mises en scène souvent exigeantes, toujours portées par son goût de la langue et du souffle tragique. Il n’a jamais considéré le théâtre comme un simple exercice de prestige, mais comme un lieu de vérité, de maîtrise de soi, où l’acteur devient un artisan du verbe.

C’est aussi sur scène qu’il trouve la liberté de montrer d’autres facettes de son art, parfois plus sombres, parfois plus intimes, loin des projecteurs du cinéma commercial.

En parallèle, Jean Marais développe une passion pour les arts plastiques. Il peint, sculpte, façonne des œuvres dans la continuité de son goût pour l’esthétique classique et les figures mythologiques. Ses sculptures, souvent inspirées du corps humain, ont été exposées à plusieurs reprises, notamment à Vallauris, où il s’installe et travaille jusqu’à la fin de sa vie.

Une image publique élégante, mais pudique

Si Jean Marais a longtemps fasciné, c’est aussi parce qu’il dégageait une forme de noblesse silencieuse, d’élégance distante, presque intemporelle. Il n’était ni tapageur, ni calculateur. Sa relation avec Jean Cocteau, bien que connue, fut toujours abordée avec une pudeur remarquable pour l’époque. Il parlait peu de sa vie privée, mais n’a jamais renié son histoire, assumant avec dignité son identité dans une époque peu ouverte aux amours non conformes.

Son homosexualité, traitée avec cette réserve volontaire, a fait de lui une figure discrète mais importante dans l’histoire des artistes LGBTQ+ en France. Sans militer, sans s’exposer, il a été, à sa manière, un symbole de liberté, d’indépendance, et de fidélité à soi.

Un héritage cinématographique et artistique durable

Décédé en 1998, Jean Marais laisse derrière lui une œuvre vaste, multiforme, traversée par une constante : le goût de la beauté, du geste juste, de l’émotion contenue. Il n’a jamais cherché à suivre les modes, ni à se réinventer à tout prix. Il a simplement été fidèle à ce qu’il était : un acteur classique au sens noble, un artiste total, et un homme qui savait que le silence pouvait parfois dire plus qu’une tirade.

Aujourd’hui, ses films continuent d’être diffusés, étudiés, admirés. On y redécouvre une autre manière de jouer, où la technique ne s’oppose pas à l’émotion, où la retenue devient puissance. Et si son image de "beau ténébreux" a un temps éclipsé la richesse de son jeu, il est désormais clair que Jean Marais était bien plus qu’une icône : il était un acteur complet, habité, profondément humain.

Filmographie

  • Le Livre d'image
    Tout public

    Dans Le Livre d’Image, Jean-Luc Godard recycle des images déjà existantes (films, documentaires, peintures, archives télévisuelles, etc.), cite des extraits de livres, utilise des fragments de musique. Le moteur, c’est la rime poétique, l’association ou l’opposition d’idées, l’étincelle esthétique à travers le montage, clé de voûte. L’auteur exécute un travail de sculpteur. La main, pour cela, est essentielle. Il en fait l’éloge au début. « Il y a les cinq doigts. Les cinq sens. Les cinq parties du monde (…). La vraie condition de l’homme, c’est de penser avec ses mains. » Jean-Luc Godard compose une éblouissante syncope de séquences, dont le déferlement évoque la violence des flux de nos écrans contemporains, portée à un niveau d'incandescence rarement atteint. Couronné à Cannes, le dernier Godard est un film choc, à la beauté crépusculaire.

    2018 1h24 (archives vidéos)

  • Beauté volée
    Tout public

    Après le suicide de sa mère, Lucy, 19 ans, s'enfuit en Toscane pour retrouver son père biologique et son amour d'enfance. Sa nature insouciante et ouverte dynamise la torpeur des intellectuels qui habitent la villa où elle séjourne. L'envoûtante Lucy agit comme une force revigorante, non seulement pour l'écrivain Alex, qui lutte contre la leucémie…

    1996 1h48 M. Guillaume

  • Les Misérables
    Tout public

    Adaptation moderne du roman de Victor Hugo, Les Misérables, où le récit s'enrichit d'une multiplication des personnages (les Thénardier) avec mise en abyme de ce classique de la littérature française.

    1995 2h55 Mgr Myriel

  • Mon oncle d'Amérique
    Tout public

    Les récits de vie de deux hommes et d'une femme, issus d'horizons et de régions différents de France, qui se rencontrent au fil de leur développement personnel et professionnel, explorent : un rédacteur en chef qui perd son emploi et se lance dans la politique médiatique et l'écriture ; sa compagne de passage, une actrice et fille d'ouvrier communiste ; et enfin, le fils ambitieux d'une famille d'agriculteurs qui accède au poste de directeur d'usine, mais trouve sa tâche insurmontable. Ces récits permettent d'examiner le comportement humain à l'aide des connaissances des sciences comportementales modernes.

    1980 2h05 Self (archives vidéos)

  • Le Capitan
    Tout public

    Paris, 1616. Louis XIII encore mineur, sa mère Marie de Médicis est régente du royaume depuis la mort d'Henri IV et confie le pouvoir à Concino Concini, un homme fourbe à l'ambition dévorante. Sur les conseils de sa dangereuse épouse, Léonora Galigaï, Concini met tout en œuvre afin de déstabiliser le pays et obtenir le pouvoir absolu. Ses hommes de main volent, pillent et saccagent les domaines de la noblesse provinciale, laquelle s'inquiète bientôt de ce désordre. Une conjuration de grands seigneurs vise à chasser Concini et à remplacer le roi défaillant par le duc Charles d'Angoulême. Le noble François de Capestan dit « Le Capitan », se lance avec esprit et une lame acérée à la conquête du trône et apprend aux adversaires du roi à se méfier. Il est lui-même en danger de mort, mais il peut aussi sauver la vie des autres et finalement gagner le cœur de Gisèle d'Angoulême.

    1960 2h00 François de Capestang, aka 'Le Capitan'