Jean-Jacques Beineix
Réalisation Production Écriture
- Nationalité
- France
- Naissance
- 8 octobre 1946 à Paris (France)
- Mort
- 13 janvier 2022
- Âge
- 75 ans
- Récompenses
- 3 nominations et 0 victoire
- Filmographie
- 2 films
Biographie
Jean-Jacques Beineix, né le 8 octobre 1946 à Paris et mort le 13 janvier 2022 dans la même ville, est un réalisateur, scénariste, producteur de cinéma et écrivain français. Il est notamment connu pour Diva (1981), récompensé par quatre César, et 37°2 le matin (1986), adapté du roman de Philippe Djian. Son travail est associé au « cinéma du look », courant esthétique du cinéma français des années 1980, auquel sont également rattachés Luc Besson et Leos Carax. Il réalise six longs métrages de fiction et développe parallèlement une activité de documentariste.
Des études de médecine à l’apprentissage du cinéma
Jean-Jacques Beineix grandit à Paris, où son père, Robert Beineix, dirige une compagnie d’assurances. Sa mère, Madeleine Maréchal, appartient à une famille parisienne. Il fréquente le lycée Carnot, puis le lycée Condorcet, avant de s’inscrire à la faculté de médecine après son baccalauréat.
Il abandonne ses études médicales après les événements de Mai 68 et tente le concours d’entrée à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Classé vingt et unième, il n’est pas admis dans cette école, qui forme alors une partie des futurs professionnels du cinéma français.
Il apprend le métier de réalisateur en travaillant comme assistant sur des tournages. En 1969, il commence à exercer auprès de Jean Becker, notamment pour la série télévisée Les Saintes Chéries. Il devient ensuite assistant de Claude Berri sur Le Cinéma de papa (1970) et de René Clément sur La Course du lièvre à travers les champs (1972).
Son apprentissage se poursuit auprès de Claude Zidi, pour lequel il participe notamment à L’Aile ou la Cuisse (1976) et L’Animal (1977). Il travaille également sur The Day the Clown Cried (1972), film inachevé et longtemps resté inédit de Jerry Lewis.
Pendant près de dix ans, ces expériences lui permettent d’aborder l’organisation des tournages et les différentes étapes de fabrication d’un film. Il acquiert notamment une connaissance du travail avec les acteurs et des contraintes techniques propres aux productions de grande envergure.
En 1977, il réalise son premier court métrage, Le Chien de Monsieur Michel, interprété notamment par Yves Afonso. Le film reçoit le premier prix au Festival de Trouville et une nomination au César du meilleur court métrage de fiction en 1979.
Diva et l’émergence du « cinéma du look »
Pour son premier long métrage, Diva, sorti en 1981, Jean-Jacques Beineix adapte le roman policier de Daniel Odier, publié sous le pseudonyme de Delacorta. Le récit suit Jules, un jeune facteur parisien passionné d’opéra, qui enregistre clandestinement la voix d’une célèbre cantatrice américaine refusant toute diffusion de ses interprétations.
Le personnage de Jules est incarné par Frédéric Andréi, tandis que la soprano américaine Wilhelmenia Fernandez interprète Cynthia Hawkins. Le film réunit également Richard Bohringer, Gérard Darmon et Dominique Pinon.
Jean-Jacques Beineix accorde une importance particulière aux décors, aux couleurs et à la composition des plans. Il travaille avec le directeur de la photographie Philippe Rousselot, dont l’éclairage donne aux scènes nocturnes et aux espaces urbains une apparence stylisée. L’image utilise notamment des dominantes bleues et des contrastes lumineux qui contribuent à l’identité visuelle du film.
La musique occupe également une place centrale dans cette construction. La bande originale de Vladimir Cosma associe compositions instrumentales et extraits d’opéra, notamment l’air « Ebben ? Ne andrò lontana », tiré de La Wally, d’Alfredo Catalani, interprété par Wilhelmenia Fernandez.
À sa sortie, Diva reçoit un accueil réservé d’une partie de la critique française. Le film attire toutefois progressivement le public et réalise plus de 2, 2 millions d’entrées en France. Sa diffusion internationale, particulièrement aux États-Unis, contribue à faire connaître son réalisateur.
Lors de la cérémonie des César de 1982, il remporte quatre récompenses, dont le César de la meilleure première œuvre, attribué à Jean-Jacques Beineix. Philippe Rousselot reçoit celui de la meilleure photographie, Vladimir Cosma celui de la meilleure musique et Jean-Pierre Ruh celui du meilleur son.
L’esthétique du film contribue à l’apparition de l’expression « cinéma du look », employée pour désigner un courant privilégiant des images fortement composées, une utilisation expressive de la couleur et des procédés visuels proches de la publicité et du vidéoclip.
Une indépendance revendiquée et des relations difficiles avec la critique
Après le succès international de Diva, Jean-Jacques Beineix réalise La Lune dans le caniveau (1983), adaptation d’un roman noir de l’écrivain américain David Goodis. Il confie les rôles principaux à Gérard Depardieu, Nastassja Kinski et Victoria Abril.
Le film est tourné en grande partie dans les studios de Cinecittà, à Rome, où les décorateurs reconstituent un univers portuaire nocturne. Jean-Jacques Beineix collabore notamment avec le chef décorateur Hilton McConnico pour concevoir des espaces artificiels aux couleurs intenses.
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 1983, le film suscite de vives réactions et reçoit un accueil critique défavorable. Il rencontre également un échec commercial. Son travail de création visuelle est néanmoins récompensé par le César des meilleurs décors, attribué à Hilton McConnico en 1984.
En 1984, Jean-Jacques Beineix fonde sa propre société de production, Cargo Films, afin de conserver une plus grande maîtrise artistique et financière sur ses projets. Cette structure produit notamment 37°2 le matin, puis plusieurs documentaires et films réalisés par d’autres cinéastes.
Le réalisateur entretient des relations conflictuelles avec une partie de la critique cinématographique française. Il reproche notamment à certains commentateurs de privilégier les références au cinéma d’auteur traditionnel au détriment des recherches visuelles. Ses déclarations publiques et ses interventions dans les débats consacrés au cinéma français prolongent ces désaccords au-delà de la réception de ses films.
37°2 le matin, la révélation de Béatrice Dalle
En 1986, Jean-Jacques Beineix adapte le roman 37°2 le matin de Philippe Djian, publié l’année précédente. Le film met en scène Zorg, un jeune homme employé à l’entretien de bungalows sur la côte méditerranéenne, et Betty, une femme passionnée dont le comportement devient progressivement instable.
Le rôle de Zorg est confié à Jean-Hugues Anglade, tandis que celui de Betty revient à Béatrice Dalle, alors débutante au cinéma. Le film révèle l’actrice au grand public et contribue à sa notoriété internationale.
Le tournage se déroule notamment à Gruissan, dans l’Aude, puis dans d’autres régions françaises. Les décors et la photographie occupent une place importante dans la représentation de la relation entre les deux personnages. Jean-Jacques Beineix retrouve Philippe Rousselot à la direction de la photographie et confie la musique à Gabriel Yared.
Sorti en avril 1986, 37°2 le matin rencontre un important succès populaire, avec environ 3, 6 millions d’entrées en France. Il remporte le Grand Prix des Amériques et le prix du public au Festival des films du monde de Montréal.
Le film reçoit neuf nominations aux César de 1987, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Il obtient finalement le César de la meilleure affiche, décerné à Christian Blondel.
Il est également nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1987, ainsi qu’au Golden Globe et au BAFTA dans la même catégorie.
En 1991, Jean-Jacques Beineix propose une version longue de 37°2 le matin, portant sa durée à environ trois heures. Cette nouvelle version développe notamment plusieurs épisodes de la relation entre Betty et Zorg qui avaient été abrégés dans le montage initial.
Le documentaire et l’exploration du réel
À partir des années 1990, Jean-Jacques Beineix consacre une part croissante de son activité à la réalisation de documentaires. Il explore notamment les transformations sociales et les situations humaines qui échappent généralement aux récits de fiction.
En 1992, il réalise Les Enfants de Roumanie, un reportage consacré à la situation des enfants abandonnés dans les institutions roumaines après la chute du régime de Nicolae Ceaușescu. Le documentaire est diffusé sur France 2 dans le cadre de l’émission Envoyé spécial, aux côtés de reportages de Frédéric Mitterrand et Régis Wargnier.
Il poursuit son travail documentaire au Japon avec Otaku : fils de l’empire du virtuel, coréalisé avec Jackie Bastide et diffusé en 1994. Le film s’intéresse aux jeunes Japonais qui consacrent une grande partie de leur vie à des passions spécialisées, notamment les jeux vidéo et les mangas. Le cinéaste rencontre plusieurs de ces collectionneurs et examine leurs rapports à la société japonaise.
Dans Assigné à résidence (1997), il filme Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine Elle, atteint du syndrome d’enfermement (locked-in syndrome) après un accident vasculaire cérébral. Totalement paralysé, Bauby ne peut communiquer qu’en clignant de la paupière gauche. Jean-Jacques Beineix filme notamment les séances de travail au cours desquelles il dicte son livre Le Scaphandre et le Papillon à Claude Mendibil. Le documentaire est diffusé sur France 2 en mars 1997, quelques jours après la mort de Bauby.
Le réalisateur examine également les transformations de la ville dans Place Clichy sans complexe (1994), consacré à la construction du complexe cinématographique Pathé-Wepler, à Paris. Dans Loft Paradoxe (2002), il s’intéresse au phénomène de la téléréalité et à la représentation de l’intimité dans les médias.
En 2013, son documentaire Les Gaulois au-delà du mythe, diffusé sur Arte, explore les connaissances archéologiques concernant les populations gauloises avant la conquête romaine. Le film confronte notamment les représentations traditionnelles des Gaulois aux découvertes effectuées sur les sites archéologiques français.
Un écrivain et un metteur en scène
Jean-Jacques Beineix développe également une activité littéraire. En 2004, il publie le premier tome de la bande dessinée L’Affaire du siècle, intitulé Château de vampire à vendre, dessiné par Bruno de Dieuleveult. L’histoire, adaptée du roman La Vierge de glace, de Marc Behm, met en scène des vampires impliqués dans une intrigue criminelle. Un deuxième volume, Vampire à louer, paraît en 2006.
Le 4 octobre 2006, il publie chez Fayard ses mémoires, Les Chantiers de la gloire, un ouvrage de 835 pages. Il y revient sur sa jeunesse et ses années de formation, mais aussi sur les conditions de production de ses premiers films et sur ses relations avec les professionnels de l’industrie cinématographique. Il évoque également les conflits qui ont accompagné la réception de certaines de ses œuvres.
En 2015, il réalise sa première mise en scène théâtrale avec Kiki de Montparnasse, présenté au théâtre du Lucernaire, à Paris. Ce spectacle musical, interprété par Héloïse Wagner, retrace la vie d’Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, modèle et chanteuse associée aux artistes du quartier parisien pendant les années 1920. Les chansons sont composées par Reinhardt Wagner sur des textes de Frank Thomas.
En 2020, Jean-Jacques Beineix publie son premier roman, Toboggan, aux éditions Michel Lafon. Il raconte l’histoire d’un homme confronté à une rupture amoureuse et à une perte d’inspiration. Le récit aborde notamment les difficultés de la création artistique et le vieillissement, à travers le personnage d’un homme qui cherche à retrouver un sens à son existence.
Filmographie
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37°2 le matinInterdit aux moins de 12 ansZorg, 35 ans, commence à avoir une certaine expérience de la vie, il est revenu de beaucoup de choses et s’apprête à souffler un peu. C’est ce moment que choisit Betty pour débarquer avec ses valises, son cœur en « skaï mauve » et même pas un ticket de train…
1986 2h57 Réalisateur Producteur Scénario
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DivaTout publicUn jeune postier amoureux du bel canto réalise un enregistrement pirate d’un concert donné par une diva. Sa passion et un hasard malencontreux vont provoquer une chasse à l’homme dont il est la proie.
1981 1h57 Réalisateur Scénario
Récompenses
3
nominations
0
victoire
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2
1987
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1
1983