Jason Robards

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 7 films
Récompenses 6 nominations et 3 victoires

Biographie

Jason Robards, né le 26 juillet 1922 à Chicago, dans l’Illinois (États-Unis), et décédé le 26 décembre 2000 à Bridgeport, dans le Connecticut, est l’un des plus grands acteurs américains du XXe siècle.

Connu pour sa voix rocailleuse, son intensité retenue et son amour du théâtre, Jason Robards a marqué de son empreinte aussi bien les planches de Broadway que les écrans hollywoodiens. Avec une carrière riche, ponctuée de deux Oscars consécutifs, de prestigieuses récompenses scéniques et de collaborations avec les plus grands réalisateurs, il incarne cette figure du comédien à l’ancienne, profondément engagé dans le texte, l’émotion et l’humanité de ses rôles.

Une carrière marquée par le théâtre, et une affinité avec O'Neill

C’est sur scène que Jason Robards s’est révélé, et notamment dans l’univers tourmenté de Eugene O’Neill, qu’il interprète avec une rare profondeur. Il devient dans les années 1950 l’un des interprètes majeurs du dramaturge, jouant dans The Iceman Cometh, Long Day’s Journey Into Night, ou encore Hughie.

Sa manière d’habiter les personnages d’O’Neill, souvent des hommes rongés par la culpabilité, la fatigue, ou l’alcool, forge sa réputation d’acteur intense, exigeant, sans esbroufe. Sur les planches, Jason Robards impose une présence magnétique, nourrie par une diction précise, une gravité naturelle et une sensibilité toujours à fleur de peau.

Ce lien entre Robards et le théâtre américain classique restera une constante dans sa carrière, même lorsqu’il deviendra une figure du cinéma.

Une reconnaissance au cinéma dans des rôles profonds et discrets

Bien qu’il ait commencé sa carrière sur scène, Jason Robards s’impose aussi à Hollywood dès les années 1960. Il ne joue pas les jeunes premiers, mais des hommes blessés, lucides, parfois en retrait, mais toujours chargés d’une intériorité forte. Il collabore avec Sergio Leone (Il était une fois dans l’Ouest), Sydney Pollack, Alan J. Pakula (Les Hommes du président), ou encore Paul Thomas Anderson (Magnolia), dans ce qui sera son dernier rôle marquant.

Il reçoit l’Oscar du meilleur second rôle pour All the President’s Men (1976), où il incarne Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post, et un second Oscar l’année suivante pour Julia (1977), deux rôles où sa sobriété fait toute la force.

Plus tard, dans Melvin and Howard (1980), il interprète Howard Hughes, rôle qui lui vaut une nouvelle nomination, et confirme son statut d’acteur capable de tout jouer sans en avoir l’air.

Une voix, un visage, une manière de disparaître dans le rôle

Jason Robards, c’est aussi une voix grave, reconnaissable entre mille, et un regard qui en dit souvent plus que de longs dialogues. Il n’a jamais eu besoin de gesticuler pour convaincre. Il savait écouter ses partenaires, donner du poids à un silence, faire exister un personnage sans jamais voler la scène.

Son jeu repose sur la retenue, l’écoute, et une forme de vérité intérieure, qui le place dans la lignée des grands comédiens de théâtre américains du milieu du XXe siècle. À l’écran, il devient ce personnage de confiance, de doute, de sagesse ou de résignation, qu’on ne voit pas arriver et qu’on n’oublie jamais vraiment.

Une vie marquée par les épreuves et une fidélité au métier

La vie de Jason Robards n’a pas été sans turbulences. Ancien marin de la Navy pendant la Seconde Guerre mondiale, il a connu des problèmes d’alcool, un thème qu’il explore dans plusieurs de ses rôles, avec une lucidité souvent douloureuse. Il a également connu plusieurs mariages (dont un avec l’actrice Lauren Bacall) et a élevé plusieurs enfants, dont l’acteur Sam Robards, lui-même actif au cinéma et à la télévision.

Malgré les difficultés personnelles, Jason Robards n’a jamais quitté les plateaux ni les planches très longtemps. Jusqu’à la fin de sa vie, il est resté engagé dans son art, fidèle aux textes et aux auteurs, refusant les facilités pour privilégier la complexité humaine des rôles.

Jason Robards, c’est l’exemple d’un acteur qui a gagné le respect de ses pairs sans jamais chercher la lumière facile. Deux fois oscarisé, monument du théâtre, voix du cinéma engagé, il reste dans les mémoires comme un homme de mots, de silences, et de profondeur. Un de ceux qu’on ne voit plus beaucoup, mais dont la trace demeure dans chaque film où l’intelligence du jeu prend le pas sur l’artifice.

Filmographie

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