Jason Miller
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
Jason Miller, né le 22 avril 1939 à Queens, New York, et mort le 13 mai 2001 à Scranton, en Pennsylvanie, est un acteur, dramaturge et metteur en scène américain, surtout connu pour son rôle inoubliable du père Damien Karras dans The Exorcist (1973), mais aussi pour son œuvre théâtrale saluée par la critique. Figure atypique d’Hollywood, Jason Miller incarne l’artiste tourmenté, cérébral, plus attiré par la scène que par les projecteurs, et dont la carrière a souvent reflété ses propres luttes intérieures.
Du Bronx à Broadway : un esprit littéraire dans un corps d’acteur
Né à New York mais élevé en Pennsylvanie, Jason Miller suit une formation universitaire classique, avec des études en anglais et en théâtre à l’université de Scranton puis à l'université catholique d'Amérique. Dès ses débuts, il est plus attiré par la dramaturgie que par le jeu d’acteur, et se fait remarquer au théâtre avant même d’apparaître au cinéma.
En 1972, il remporte le Prix Pulitzer du théâtre et le Tony Award du meilleur auteur pour sa pièce That Championship Season. Cette œuvre, centrée sur un groupe d’anciens coéquipiers de basket-ball rongés par le ressentiment et les illusions perdues, frappe par sa noirceur et son intensité psychologique. À travers elle, Jason Miller s’impose comme une voix puissante et désabusée du théâtre américain contemporain. Il adaptera lui-même la pièce au cinéma en 1982, avec un casting prestigieux.
Le père Karras : un rôle culte, un fardeau durable
Mais c’est bien sûr en 1973 que Jason Miller devient mondialement célèbre grâce à son rôle dans The Exorcist, réalisé par William Friedkin. Il y interprète le père Damien Karras, prêtre et psychiatre en proie au doute, figure centrale du combat contre le mal dans ce qui deviendra l’un des films d’horreur les plus iconiques de l’histoire du cinéma.
Son interprétation intense, mêlant retenue et tension intérieure, est saluée comme l’un des piliers émotionnels du film. Jason Miller y apporte une vulnérabilité rare, une densité psychologique qui transcende les effets spéciaux et donne au film une profondeur inattendue. Il est nommé à l’Oscar du meilleur second rôle pour cette performance, sa toute première au cinéma.
Mais ce succès fulgurant aura aussi un effet paradoxal : jamais Jason Miller ne retrouvera un rôle de cette ampleur au cinéma. Il tourne encore quelques films (The Nickel Ride, The Dain Curse), mais reste à la marge d’Hollywood, refusant de jouer le jeu de l’exposition médiatique ou du star-system.
Théâtre, alcool et fantômes personnels
À partir des années 1980, Jason Miller se retire progressivement du grand écran pour se consacrer au théâtre, en tant que metteur en scène et acteur, notamment à Scranton, où il dirige un centre dramatique. Il continue d’écrire, monte régulièrement ses propres pièces, et reste une figure influente du théâtre régional américain.
Mais cette période est aussi marquée par des difficultés personnelles. Il lutte avec des problèmes d’alcoolisme, qui affectent sa carrière et sa santé. Son image publique reste associée à un acteur intense, mais insaisissable, presque maudit, à l’image de ses personnages.
Malgré tout, il n’abandonne jamais complètement le cinéma. Il revient dans The Exorcist III (1990), reprenant le rôle du père Karras dans un registre encore plus ténébreux. Une suite parfois mésestimée, mais qui confirme le lien indélébile entre Jason Miller et ce personnage complexe.
Un héritage discret mais marquant
Jason Miller ne laisse pas derrière lui une filmographie volumineuse, mais il laisse une empreinte indélébile. Celle d’un homme de théâtre pur, passionné par le texte et la psychologie des personnages, parfois en marge, souvent tourmenté, mais toujours sincère dans son art.
Il est également le père de l’acteur et réalisateur Joshua John Miller, dont la propre carrière semble parfois dialoguer avec celle de son père, entre goût pour le fantastique et réflexion sur la mémoire, l’identité et la filiation artistique.
À Scranton, où il a vécu la dernière partie de sa vie, Jason Miller est devenu une figure locale respectée, presque mythique. Un théâtre porte désormais son nom, hommage à un artiste qui, sans avoir cherché la célébrité, a laissé une trace durable sur la scène américaine… et dans les cauchemars cinématographiques du monde entier.