Jane Campion
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Autre nom | Elizabeth Jane Campion |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 4 films |
| Récompenses | 13 nominations et 6 victoires |
Biographie
Jane Campion, née le 30 avril 1954 à Wellington, en Nouvelle-Zélande, est l’une des figures majeures du cinéma contemporain. Réalisatrice, scénariste et productrice, elle s’est imposée dès ses débuts comme une voix unique, à la fois poétique, féminine et profondément humaine.
Son style, souvent qualifié de sensoriel et introspectif, interroge les rapports de pouvoir, les désirs refoulés et les complexités de l’âme humaine. Fille de deux personnalités du monde artistique néo-zélandais (un père metteur en scène de théâtre, une mère écrivaine), Jane Campion grandit dans un univers où l’art est omniprésent. Mais au lieu de suivre immédiatement les traces familiales, elle étudie d’abord l’anthropologie, puis les beaux-arts, ce qui explique peut-être cette sensibilité visuelle qui imprègne tous ses films.
Les débuts de Jane Campion entre courts-métrages et cinéma d’auteur
Avant de se lancer dans les longs-métrages, Jane Campion affine sa vision à travers une série de courts-métrages réalisés dans les années 80. Son court Peel (1982) remporte la Palme d’or du court-métrage à Cannes, un signe précoce que le monde du cinéma ne tarderait pas à la remarquer.
Dès ses premiers longs, comme Sweetie (1989) ou An Angel at My Table (1990), elle impose un ton très personnel, parfois dérangeant, toujours sincère. On y trouve déjà les thèmes qui traverseront toute son œuvre : la solitude, les liens familiaux complexes, la sexualité féminine, et cette manière très fluide de filmer les émotions sans jamais les asséner.
Jane Campion ne filme pas pour plaire mais pour explorer. C’est ce qui fait d’elle une réalisatrice à part dans un paysage souvent balisé.
L’apothéose avec La Leçon de piano et une Palme d’or historique
C’est en 1993 que le nom de Jane Campion devient incontournable grâce à La Leçon de piano (The Piano), drame sensuel et esthétique avec Holly Hunter, Harvey Keitel et une toute jeune Anna Paquin. L’histoire, en apparence simple, d’une femme mutique envoyée avec sa fille en Nouvelle-Zélande pour un mariage arrangé, devient entre ses mains un conte à la fois violent et poétique.
Le film remporte la Palme d’or à Cannes, faisant de Jane Campion la première femme réalisatrice à recevoir cette récompense (ex aequo avec Chen Kaige). Il décroche également trois Oscars, dont celui de la meilleure actrice pour Holly Hunter et celui du meilleur scénario original pour Jane Campion elle-même.
Avec ce film, elle atteint une reconnaissance internationale rarement accordée aux femmes cinéastes à l’époque. Mais au lieu d’enchaîner les productions hollywoodiennes, elle continue de choisir ses projets avec soin, fidèle à sa démarche artistique.
Un parcours exigeant entre cinéma indépendant et pauses assumées
Après le succès mondial de La Leçon de piano, Jane Campion reste fidèle à un cinéma d’auteur, parfois jugé plus austère, mais toujours porteur d’une forte vision personnelle. Portrait of a Lady (1996), adaptation d’Henry James avec Nicole Kidman, reçoit un accueil plus tiède, mais confirme son goût pour les personnages féminins complexes et les récits d’émancipation contrariée.
Dans les années 2000, elle poursuit dans cette veine avec des films comme Holy Smoke ou In the Cut, souvent incompris à leur sortie, mais aujourd’hui réévalués pour leur audace formelle et thématique. Jane Campion ne cède jamais à la facilité. Elle prend le temps. Elle écrit lentement. Elle disparaît parfois des radars. Et quand elle revient, c’est rarement pour faire tapisserie.
Un retour remarqué avec Top of the Lake et une exploration du format série
Alors que le cinéma semble parfois trop étroit pour contenir toutes ses idées, Jane Campion se tourne vers la télévision avec Top of the Lake, une série créée en 2013, co-écrite et co-réalisée, dans laquelle Elisabeth Moss incarne une détective enquêtant dans une communauté isolée de Nouvelle-Zélande. Là encore, l’ambiance est lourde, les rapports de domination sont scrutés à la loupe, et le paysage devient presque un personnage à part entière.
La série est saluée pour sa densité narrative et son esthétique maîtrisée. Elle prouve que Jane Campion, loin d’être figée dans un style ou une époque, sait s’adapter aux nouveaux formats tout en conservant son regard d’autrice.
The Power of the Dog et une reconnaissance renouvelée
En 2021, après plus d’une décennie loin du cinéma, Jane Campion revient avec The Power of the Dog, adaptation du roman de Thomas Savage. Le film, porté par Benedict Cumberbatch, Kirsten Dunst et Kodi Smit-McPhee, revisite le genre du western en le vidant de sa virilité traditionnelle pour en révéler les tensions psychologiques, les failles masculines et les non-dits dévastateurs.
Le film est acclamé et remporte une pluie de récompenses. Jane Campion reçoit notamment l’Oscar de la meilleure réalisation, devenant la première femme à être nommée deux fois dans cette catégorie, et la troisième seulement à le remporter. Une consécration tardive, mais à son image : sobre, élégante, et totalement méritée.
Filmographie
4 sur 4 films