James Garner
- Casting
Détails
| Autre nom | James Scott Bumgarner |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
James Garner, né James Scott Bumgarner le 7 avril 1928 à Norman, dans l’Oklahoma (États-Unis), est décédé le 19 juillet 2014 à Los Angeles, à l’âge de 86 ans. À la fois acteur de cinéma et de télévision, producteur, vétéran de guerre et homme d’affaires, James Garner a su construire une carrière à contre-courant du star-system hollywoodien : sans excès, sans frasques, mais avec un naturel désarmant et une présence à l’écran d’une rare authenticité. Un acteur aimé du public, respecté de ses pairs, et dont le charme discret a traversé les époques.
Des débuts modestes, une entrée tardive mais marquante
Rien ne prédestinait vraiment James Garner à devenir acteur. Il quitte le lycée prématurément, travaille comme manœuvre, soldat (il sert pendant la guerre de Corée), puis modèle, avant de se retrouver par hasard sur un plateau de théâtre à Broadway. Ce coup de pouce du destin l’amène à décrocher ses premiers rôles à la télévision au milieu des années 1950.
C’est en 1957 que tout bascule avec Maverick, série western dans laquelle il incarne Bret Maverick, un joueur de poker charmeur, malin, un peu lâche mais toujours attachant. À une époque où les cowboys étaient durs, impassibles et toujours armés jusqu’aux dents, James Garner propose un héros ironique, qui préfère l’esquive à la confrontation. Et ça marche : le public l’adopte immédiatement.
Un homme entre comédie et drame, toujours avec justesse
Le succès de Maverick propulse James Garner vers le cinéma, où il s’impose rapidement grâce à sa capacité à incarner des personnages ordinaires avec naturel et sincérité. Il ne joue pas les durs à cuire, ni les romantiques invincibles : il incarne l’homme de tous les jours, qui doute, qui râle, mais qui fait ce qu’il faut quand il le faut.
Dans les années 1960, il enchaîne les rôles dans des genres très différents. On le retrouve dans The Great Escape (aux côtés de Donald Pleasence et Steve McQueen), Support Your Local Sheriff!, Grand Prix (où il joue un pilote de Formule 1), ou encore dans des comédies romantiques légères comme The Thrill of It All avec Doris Day. À chaque fois, James Garner apporte une touche d’ironie, de décontraction et de profondeur sans jamais voler la vedette.
Il n’avait peut-être pas l’aura ténébreuse d’un Clint Eastwood ni la flamboyance d’un Paul Newman, mais il était profondément crédible. Il ne jouait pas les héros, il les incarnait sans effort.
The Rockford Files, le rôle d’une vie
En 1974, James Garner retrouve la télévision avec The Rockford Files, série policière où il joue Jim Rockford, un détective privé fauché, ex-taulard et farceur, qui résout des affaires avec plus de bagout que de muscles. Le personnage est intelligent, désabusé, très humain, et fonctionne à merveille grâce au jeu tout en retenue de Garner.
La série connaît un immense succès, dure six saisons et devient l’une des références du genre. Elle lui vaut un Emmy Award, une reconnaissance critique qui s’ajoute à son immense popularité. Encore aujourd’hui, Jim Rockford reste l’un des détectives les plus appréciés de l’histoire de la télévision américaine.
Une carrière longue, une image toujours intacte
Même passé la soixantaine, James Garner continue de tourner, avec cette même aisance tranquille. Il prête sa voix dans Atlantis: The Lost Empire (2001), joue dans Space Cowboys (2000), et marque les esprits dans The Notebook (2004), où il incarne la version âgée du personnage principal — rôle bouleversant, tout en pudeur, qui rappelle à quel point il savait exprimer l’émotion sans jamais la forcer.
Il reste aussi actif derrière la caméra, via sa société de production, et prend soin de ses projets comme de son image : authentique, fiable, fidèle à lui-même.
Un homme droit dans une industrie instable
Au-delà de l’acteur, James Garner était connu pour son intégrité. Il a plusieurs fois poursuivi des studios pour non-paiement, notamment lors de The Rockford Files — et a gagné. Il ne supportait pas les abus de pouvoir ni les promesses non tenues, ce qui lui valut une réputation de “difficile” chez certains, mais surtout de professionnel exemplaire chez la plupart.
Il refusait également les excès du star-system : peu de scandales, peu de déclarations tapageuses, peu de flirts médiatiques. Marié pendant près de 60 ans à la même femme (Lois Clarke), vétéran décoré, lecteur assidu… il était l’un de ces hommes dont la vie privée était aussi stable que sa carrière était riche.
L’élégance de la simplicité
Quand James Garner meurt en 2014, les hommages pleuvent, venant autant d’Hollywood que du public. Car s’il n’a jamais cherché à être une star, il l’a été malgré lui. Pas pour ses excès, mais pour sa cohérence, sa régularité, et son humanité.
Son jeu ne cherchait pas à impressionner. Il ne surjouait jamais. Et pourtant, il remplissait chaque scène, souvent par la seule force d’un regard, d’un haussement d’épaule ou d’un demi-sourire.
James Garner, c’est l’Amérique sans maquillage, l’élégance sans vanité, la comédie sans lourdeur, et le drame sans pathos. Un acteur qui ne s’est jamais pris pour un héros, mais qui l’a été pour plusieurs générations de spectateurs — simplement parce qu’on pouvait se reconnaître en lui.