Jack Nance

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Détails

Autre nom Marvin John Nance
Âge
Nationalité
Filmographie 4 films

Biographie

Jack Nance, né Marvin John Nance le 21 décembre 1943 à Boston, Massachusetts (États-Unis), et mort le 30 décembre 1996 à South Pasadena, Californie, est un acteur américain surtout connu pour sa collaboration étroite avec le réalisateur David Lynch. Si son nom est parfois moins connu que son visage, ou plutôt, sa coiffure unique dans Eraserhead, Jack Nance demeure une figure singulière du cinéma indépendant américain, à mi-chemin entre l’étrange, l’absurde et l’intensément humain.

Avec une carrière marquée par les rôles atypiques et les univers décalés, Jack Nance a su devenir une sorte d’icône culte, notamment pour les cinéphiles attirés par le cinéma de Lynch, mais aussi pour son charisme discret et sa façon d’habiter les personnages les plus déroutants.

Une formation classique et une carrière en marge

Formé au Southern Methodist University au Texas, Jack Nance commence sa carrière sur scène, dans le théâtre classique et expérimental. Il joue notamment dans des productions régionales à San Francisco, où il rencontre au début des années 1970 un jeune réalisateur encore inconnu : David Lynch. Ce sera une rencontre décisive.

Alors que Lynch est étudiant à l’American Film Institute, il confie à Jack Nance le rôle principal de son tout premier long-métrage, un film étrange, minimaliste et expérimental : Eraserhead.

Eraserhead (1977) : la naissance d’une icône underground

Tourné pendant cinq longues années, Eraserhead sort finalement en 1977, et devient très vite un film culte de la scène underground américaine. Jack Nance y incarne Henry Spencer, un homme mutique et angoissé, piégé dans un univers industriel et cauchemardesque, avec pour seul compagnon une créature difforme issue de ses cauchemars (ou de ses responsabilités parentales, selon l’interprétation).

Avec ses cheveux dressés en pointe, son air halluciné et son jeu ultra-concentré, Jack Nance crée une performance qui marque l’histoire du cinéma indépendant. Le film ne ressemble à rien d’autre, et Henry Spencer devient un symbole du malaise existentiel, au croisement de Kafka et du punk.

Ce rôle scelle la collaboration artistique entre Nance et Lynch, qui le réinvitera régulièrement dans ses films et séries, parfois dans des rôles plus petits, mais toujours signifiants.

Fidèle à David Lynch : une présence récurrente dans un univers à part

Après Eraserhead, Jack Nance reste dans l’orbite de Lynch, apparaissant dans Dune (1984), Blue Velvet (1986), Wild at Heart (1990), et Lost Highway (1997). Dans Blue Velvet, il joue Paul, l’un des hommes de main du sinistre Frank Booth, interprété par Dennis Hopper. Là encore, son jeu discret mais troublant contribue à l’atmosphère dérangeante du film.

Mais c’est surtout dans Twin Peaks (1990–1991), la série culte de Lynch et Mark Frost, que Jack Nance accède à un public plus large, en incarnant Pete Martell, le pêcheur bourru au grand cœur, mari d'une Catherine aussi froide que lui est candide. C’est lui qui prononce l’une des phrases les plus célèbres de la série :

“She’s dead. Wrapped in plastic.”

La découverte du corps de Laura Palmer devient un moment clé de la pop culture, et Jack Nance, avec sa voix calme et son regard sincère, incarne l’étrangeté ordinaire de Twin Peaks.

Il apparaît également dans le film Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992), où il reprend son rôle de Pete Martell.

Une carrière en marge, à son image

En dehors de l’univers lynchien, Jack Nance tourne dans une poignée d’autres films, notamment dans des séries B ou des productions indépendantes. Il apparaît dans Meatballs 4, Colors, ou encore Barfly de Barbet Schroeder. Mais il ne cherche jamais à devenir une vedette hollywoodienne. Il reste fidèle à un cinéma à la marge, souvent étrange, où son style d’acteur peut s’exprimer librement.

Connu pour sa vie personnelle mouvementée, Jack Nance lutte contre des problèmes d’alcool, et traverse des drames, notamment la mort tragique de sa femme, Kelly Van Dyke, en 1991. Ces événements laissent une empreinte visible sur son apparence dans ses derniers rôles.

Une mort tragique et énigmatique

Le 30 décembre 1996, Jack Nance meurt à l’âge de 53 ans, officiellement des suites d’un traumatisme crânien survenu après une bagarre, probablement à la sortie d’un café. La veille, il aurait raconté à des amis qu’il s’était fait frapper par un inconnu, avant de rentrer chez lui. Sa mort, entourée de zones d’ombre, alimente depuis les spéculations et les rumeurs.

Il venait tout juste de terminer le tournage de Lost Highway, qui sortira à titre posthume, marquant une dernière collaboration avec David Lynch. Son apparition brève mais intense dans le film vient refermer une boucle artistique entamée vingt ans plus tôt.

Une figure culte du cinéma américain indépendant

Jack Nance n’a jamais cherché la célébrité, et c’est peut-être ce qui a rendu sa carrière si singulière. Il a incarné un certain cinéma underground américain, fait de visages marginaux, de récits absurdes et de beauté étrange. Il est resté fidèle à son style, à ses collaborations, à une forme de vérité artistique que peu de comédiens ont su maintenir aussi longtemps hors des radars commerciaux.

Aujourd’hui encore, pour les amateurs de Twin Peaks, Eraserhead ou du cinéma de Lynch en général, Jack Nance reste une figure à part, étrange et familière, à mi-chemin entre le rêve et le malaise.

Un homme dont le silence en disait souvent plus que bien des dialogues.

Filmographie

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