Jack L. Warner
- Production
Biographie
- Nationalités
- Né le
- 2 août 1892 à London (Canada)
- Décédé le
- 9 septembre 1978
- Âge
- 86 ans
- Autres noms
-
- Jack Leonard Warner
- Jacob Warner
- Filmographie
- 3 films
Jack Leonard Warner est un producteur et dirigeant de studio canado-américain, né le 2 août 1892 à London, en Ontario, et mort le 9 septembre 1978 à Los Angeles, en Californie. Avec ses frères Harry, Albert et Sam, il participe à la fondation de Warner Bros., dont il dirige pendant plusieurs décennies la production en Californie.
Des salles de quartier à la production cinématographique
Issu d’une famille juive originaire de Pologne, Jack L. Warner passe une partie de son enfance à Baltimore, puis grandit à Youngstown, dans l’Ohio. Son père, Benjamin Warner, exerce plusieurs métiers après son arrivée en Amérique du Nord. Le jeune Jack L. Warner chante lors de spectacles amateurs et adopte progressivement son prénom américain.
Les frères Warner se lancent dans l’exploitation cinématographique au début du XXe siècle. Ils ouvrent une salle à New Castle, en Pennsylvanie, puis développent une activité de distribution. Sam s’occupe notamment de la projection, tandis que Harry et Albert prennent en charge les aspects commerciaux. Jack L. Warner intervient devant le public en chantant avant ou après les séances.
La famille s’installe ensuite dans la production. Warner Bros. Pictures est constituée en 1923, avec Harry à la présidence de la société et Jack L. Warner chargé des studios de la côte ouest. À Burbank, ce dernier supervise les tournages et participe au recrutement des comédiens, des réalisateurs et des techniciens employés sous contrat.
Le pari du cinéma sonore
Sam Warner défend l’adoption du procédé Vitaphone, qui synchronise la projection avec des disques enregistrés. En août 1926, Warner Bros. présente Don Juan avec une musique et des effets sonores synchronisés. Le studio poursuit l’expérience avec des courts métrages parlants et des numéros musicaux filmés.
Sorti en 1927, Le Chanteur de jazz contient plusieurs séquences chantées et dialoguées par Al Jolson. Son succès accélère la conversion de l’industrie américaine au parlant. Sam Warner meurt la veille de la première new-yorkaise, tandis que Jack L. Warner poursuit avec ses frères le développement des productions sonores du studio.
La direction de la production place Jack L. Warner au contact quotidien des équipes de Burbank. Le studio développe pendant les années 1930 des films de gangsters, des comédies musicales et des drames consacrés à des questions sociales. James Cagney et Bette Davis comptent parmi les interprètes dont la carrière est étroitement liée à Warner Bros., malgré des relations contractuelles parfois conflictuelles avec la direction.
La direction du studio et le contrôle de la société
Après la mort de Sam, Jack L. Warner travaille sous l’autorité de son frère Harry tout en conservant la direction opérationnelle des studios californiens. Il intervient dans le choix des projets et impose un système de production fondé sur des équipes permanentes. Warner Bros. développe une identité visuelle et narrative reconnaissable, notamment dans ses films urbains et ses récits consacrés aux institutions américaines.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le studio produit des films favorables à l’engagement des États-Unis contre les puissances de l’Axe. Jack L. Warner sert avec le grade de lieutenant-colonel dans l’Army Air Forces et participe à l’organisation de films d’entraînement. Warner Bros. produit également Mission to Moscow, œuvre réalisée à la demande de l’administration Roosevelt pendant l’alliance militaire avec l’Union soviétique.
En octobre 1947, Jack L. Warner témoigne devant la commission de la Chambre des représentants sur les activités antiaméricaines. Il se présente comme un témoin coopératif et donne les noms de plusieurs scénaristes licenciés par le studio en raison de soupçons concernant leurs opinions politiques. Cette intervention accompagne l’application de la liste noire dans l’industrie cinématographique américaine.
En 1956, Harry, Albert et Jack L. Warner conviennent de vendre leurs participations dans l’entreprise. Jack L. Warner rachète secrètement des actions par l’intermédiaire d’un groupe d’investisseurs et obtient le contrôle de la société après la transaction. Cette opération rompt définitivement ses relations avec ses deux frères survivants.
Producteur de My Fair Lady
L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences remet à Jack L. Warner l’Irving G. Thalberg Memorial Award lors de la cérémonie de 1959. Cette distinction récompense l’ensemble du travail d’un producteur dont les films témoignent d’une qualité constante.
Jack L. Warner acquiert les droits cinématographiques de la comédie musicale My Fair Lady et confie sa réalisation à George Cukor. Rex Harrison reprend le rôle de Henry Higgins, tandis qu’Audrey Hepburn interprète Eliza Doolittle. Sorti en 1964, le film reçoit huit Oscars, dont celui du meilleur film attribué personnellement à Jack L. Warner comme producteur.
Warner Bros. est vendu à Seven Arts en 1966, mais Jack L. Warner conserve un temps des fonctions de production et de distribution. Il quitte progressivement les studios de Burbank à la fin des années 1960 et produit encore l’adaptation de la comédie musicale 1776, distribuée en 1972.
Vie familiale et dernières années
Jack L. Warner épouse Irma Salomon en 1914. Leur fils, Jack M. Warner, travaille ensuite comme producteur. Après leur divorce, il se remarie en 1936 avec Ann Page, mère de l’actrice Joy Page, qui joue dans Casablanca. Le couple a une fille prénommée Barbara.
Un accident vasculaire cérébral survenu en 1974 laisse Jack L. Warner gravement diminué. Il meurt au Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles le 9 septembre 1978, à l’âge de quatre-vingt-six ans, puis est inhumé au Home of Peace Cemetery, dans l’est de Los Angeles.
Filmographie
- 1972
-
1776
- producteur
- 1964
-
My Fair Lady
- producteur
- 1943
-
Casablanca
- producteur exécutif