Jack Gilford

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Biographie

Jacob Aaron Gellman, connu sous le nom de Jack Gilford, né le 25 juillet 1908 à New York et mort le 4 juin 1990 dans la même ville, est un acteur et humoriste américain. Interprète de théâtre, de cinéma et de télévision, il reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Sauvez le tigre.

Les débuts de Jack Gilford dans les cabarets new-yorkais

Issu d’une famille juive originaire de Roumanie, Jack Gilford grandit à Williamsburg, dans l’arrondissement de Brooklyn. Sa mère, Sophie Gellman, tient un restaurant, tandis que son père, Aaron Gellman, travaille dans le commerce de la fourrure. Il commence à se produire lors de concours amateurs pendant les années 1930 et développe des numéros fondés sur l’imitation et la pantomime.

Milton Berle remarque Jack Gilford alors que celui-ci travaille dans une pharmacie. Le jeune artiste se produit ensuite dans des cabarets et devient maître de cérémonie au Café Society, établissement new-yorkais ouvert par Barney Josephson en 1938. Ses numéros utilisent ses expressions faciales et des bruitages imités, parfois consacrés à des objets ordinaires plutôt qu’à des personnalités célèbres.

Broadway accueille Jack Gilford en 1940 dans la revue Meet the People. Le spectacle est représenté au Mansfield Theatre pendant 160 séances. Ce travail scénique accompagne ses activités dans les clubs, où il construit une forme de comédie visuelle qui restera présente dans ses rôles ultérieurs.

La mise à l’écart de Jack Gilford pendant le maccarthysme

Les engagements politiques de Jack Gilford et de son épouse Madeline Lee attirent l’attention de la commission de la Chambre des représentants chargée d’enquêter sur les activités dites antiaméricaines. Tous deux sont cités au cours des années 1950 et placés sur la liste noire du spectacle américain. Cette mesure réduit fortement leurs possibilités de travail à la télévision et au cinéma.

Le théâtre permet à Jack Gilford de reprendre une activité régulière. En 1959, il interprète le personnage de Zitorsky dans The Tenth Man, pièce de Paddy Chayefsky présentée pendant 623 représentations à Broadway. Il participe également à la création de la comédie musicale Once Upon a Mattress, dont la distribution comprend Carol Burnett.

Deux nominations aux Tony Awards pour Jack Gilford

Dans Le Forum en folie, Jack Gilford crée à Broadway le rôle d’Hysterium, esclave nerveux entraîné dans les stratagèmes de Pseudolus. Cette interprétation lui vaut en 1963 une nomination au Tony Award du meilleur acteur dans un second rôle dans une comédie musicale. Il reprend le personnage dans l’adaptation cinématographique réalisée par Richard Lester.

La création de Cabaret en 1966 confie à Jack Gilford le rôle de Herr Schultz, commerçant juif épris de la logeuse Fräulein Schneider, interprétée par Lotte Lenya. Il reste dans la production originale jusqu’en octobre 1968 et reçoit une nouvelle nomination au Tony Award.

Le Metropolitan Opera engage également Jack Gilford pour le rôle parlé de Frosch dans l’opérette La Chauve-Souris. Il interprète ce geôlier à 77 reprises entre 1950 et 1964, en adaptant ses interventions comiques au cadre de la représentation lyrique.

La nomination de Jack Gilford aux Oscars

Dans Sauvez le tigre, réalisé par John G. Avildsen, Jack Gilford joue Phil Greene, associé du fabricant de vêtements Harry Stoner, interprété par Jack Lemmon. Le personnage s’oppose aux pratiques frauduleuses envisagées pour empêcher la faillite de leur entreprise. Cette prestation vaut à Jack Gilford une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle lors de la cérémonie de 1974.

Le registre dramatique de Phil Greene diffère des numéros de pantomime qui avaient fait connaître Jack Gilford dans les cabarets. Le rôle repose sur les échanges entre les deux associés et sur le refus exprimé par Greene devant le projet criminel de Stoner. Jack Lemmon remporte l’Oscar du meilleur acteur pour le même film.

Les dernières années professionnelles de Jack Gilford

Le succès de Cocoon, réalisé par Ron Howard en 1985, confie à Jack Gilford le personnage de Bernard Lefkowitz. Résident d’une maison de retraite en Floride, Bernard refuse d’utiliser la piscine dont l’eau redonne de la vitalité à plusieurs de ses amis. Il conserve ce rôle dans Cocoon, le retour, sorti en 1988.

À Broadway, Jack Gilford participe en 1981 à The Supporting Cast, avec Sandy Dennis et Hope Lange. Il retrouve l’année suivante plusieurs personnages de la tradition littéraire yiddish dans The World of Sholom Aleichem, présenté au Rialto Theatre.

La famille de Jack Gilford

Jack Gilford épouse l’actrice et productrice Madeline Lee en 1949. Le couple élève trois enfants, Lisa Gilford, issue du premier mariage de Madeline Lee, ainsi que Joe Gilford et Sam Max Gilford. Leur fils Joe devient dramaturge, scénariste et metteur en scène.

Atteint d’un cancer de l’estomac, Jack Gilford meurt à son domicile de Greenwich Village le 4 juin 1990, à l’âge de 81 ans. Il est inhumé au Mount Hebron Cemetery, dans la section consacrée au théâtre yiddish.

Filmographie

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