Ittoku Kishibe
- Casting
Détails
| Autres noms | 岸部一徳 Shigekatsu Kishibe |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 5 films |
Biographie
Ittoku Kishibe est né le 9 janvier 1947 à Kyoto. Sa carrière, entamée dans les années 1960, est un exemple rare de transition réussie entre la musique et le cinéma. D’abord connu comme musicien pop-rock dans un Japon en pleine effervescence culturelle, il devient au fil des décennies un acteur respecté, reconnu pour sa présence calme, son jeu nuancé, et cette capacité à incarner aussi bien des figures d’autorité que des personnages excentriques. Il fait partie de ces artistes dont la carrière épouse les grandes mutations de la culture japonaise d’après-guerre, passant du yé-yé local à la nouvelle vague japonaise, puis à la télévision contemporaine et au cinéma d’auteur. Une trajectoire longue, cohérente, et toujours en mouvement.
Des débuts dans la musique avec les Tigers
Avant de devenir acteur, Ittoku Kishibe est d’abord une idole musicale. Dans les années 60, il rejoint le groupe The Tigers, une des formations les plus populaires de l’ère Group Sounds, la version japonaise du rock à la Beatles. Il y joue de la basse, tandis que son frère, Shiro Kishibe, devient également une figure connue du groupe. À cette époque, les Tigers déchaînent les foules, enchaînent les tubes, et incarnent un nouveau souffle de liberté et de modernité dans un Japon encore marqué par l’après-guerre.
Mais lorsque le groupe se dissout au début des années 70, Ittoku Kishibe ne cherche pas à relancer une carrière musicale solo. Il prend une autre voie, plus discrète mais tout aussi ambitieuse : celle du jeu d’acteur. Un virage audacieux, à une époque où peu de musiciens parvenaient à se faire accepter comme comédiens sérieux.
Une reconversion d’une rare longévité au cinéma et à la télévision
Le passage à la comédie se fait progressivement, mais avec des choix intelligents. Ittoku Kishibe collabore notamment avec Juzo Itami, réalisateur iconoclaste de Tampopo, A Taxing Woman ou Supermarket Woman. Ce partenariat marque un tournant : il s’installe durablement dans le paysage du cinéma japonais contemporain, en s’illustrant dans des rôles à la fois comiques et profonds, toujours avec une forme de retenue expressive.
Il apparaît également dans des films d’auteurs comme ceux de Hirokazu Kore-eda, Kiyoshi Kurosawa ou Kōki Mitani, incarnant des figures paternelles, des patrons d’entreprise, des médecins, des politiciens, souvent ambigus, parfois attachants, jamais manichéens. Son jeu repose sur une sobriété redoutablement efficace, qui lui permet de faire passer beaucoup avec peu.
Côté télévision, il devient un visage familier des dramas japonais (J-dramas), avec une constance remarquable. Il apparaît dans des dizaines de séries, toujours dans ce registre de l’homme mature, souvent ironique, parfois bourru, mais toujours humain. Son nom est devenu au fil du temps synonyme de fiabilité artistique au Japon.