Irene Sharaff
- Costumes et maquillages
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Irene Sharaff est née le 23 janvier 1910 à Boston, dans le Massachusetts, et s’est éteinte le 16 août 1993 à New York. De nationalité américaine, elle reste aujourd’hui une référence absolue dans le monde du costume de scène et de cinéma. Si son nom n’est pas toujours connu du grand public, les images qu’elle a contribué à façonner ont traversé les époques. Irene Sharaff, c’est l’élégance, la précision historique et la flamboyance au service du spectacle, le tout, cousu main.
Elle a œuvré aussi bien pour Broadway que pour Hollywood, remportant une série impressionnante de récompenses, dont cinq Oscars et un Tony Award. Son influence dépasse largement les milieux spécialisés, tant son style a façonné l’imaginaire visuel de la comédie musicale et du cinéma classique américain du XXe siècle.
Des débuts entre arts plastiques et création textile
Avant de plonger dans l’univers du spectacle, Irene Sharaff étudie aux institutions les plus prestigieuses : la New York School of Fine and Applied Arts (devenue Parsons), la Académie Julian à Paris, et la Art Students League de New York. Elle se forme d’abord comme artiste peintre, ce qui marquera durablement sa manière d’aborder le costume : avec un sens du volume, de la couleur et de la composition picturale extrêmement développé.
Elle débute dans les années 1930 à Broadway, où elle impose rapidement sa signature visuelle. À une époque où les costumes de théâtre sont encore souvent fonctionnels et peu individualisés, Irene Sharaff leur donne une richesse formelle inédite. Elle fait de chaque silhouette une extension du personnage, mais aussi une œuvre visuelle autonome.
Hollywood s’ouvre à son style : technicolor, tradition et audace
Le cinéma ne tarde pas à repérer son talent. À partir des années 1940, Irene Sharaff s’impose comme une costumière de premier plan, notamment dans la comédie musicale, genre qu’elle va redéfinir visuellement. Son travail sur An American in Paris (1951), The King and I (1956) ou encore West Side Story (1961) est particulièrement emblématique : elle y marie souci du détail historique, symbolisme chromatique et sens du mouvement. Les costumes ne sont pas seulement beaux, ils sont pensés pour accompagner la chorégraphie, dialoguer avec la lumière, prolonger la narration.
Ses costumes pour Cleopatra (1963) avec Elizabeth Taylor font aussi date. Loin de la simple reconstitution, Irene Sharaff crée une Égypte antique stylisée, luxuriante, dont l’esthétique a laissé une trace durable dans la culture populaire. Le film lui vaut une de ses nombreuses nominations, elle en totalisera 15 aux Oscars, pour 5 victoires.
Parmi ses récompenses, on peut aussi citer un Tony Award pour The King and I (version Broadway) et un Academy Award Honorary posthume, preuve de la reconnaissance durable de son apport à l’art du costume.
Une femme de principes, discrète et perfectionniste
Très respectée dans le milieu, Irene Sharaff était connue pour sa rigueur, son perfectionnisme presque obsessionnel et sa discrétion. Elle n’était pas du genre à chercher la lumière, préférant celle qui tombe sur les costumes une fois le rideau levé. Elle travaillait souvent seule ou en équipe réduite, exigeante mais toujours orientée vers l’excellence artistique.
Son approche était profondément documentée : pour chaque production, elle menait de longues recherches historiques, sans pour autant se laisser enfermer par la reconstitution. Ce qui comptait, c’était la vérité dramatique et la puissance visuelle. Ainsi, ses costumes sont à la fois stylisés, expressifs, mais toujours au service du récit et des personnages.
Elle fut aussi une pionnière à sa manière, dans un secteur longtemps dominé par des hommes à la direction artistique. Son autorité et son indépendance artistique en ont fait un modèle, souvent cité par les générations suivantes de créateurs et créatrices de costumes.
Un héritage cousu dans la mémoire du spectacle
Irene Sharaff a marqué durablement deux mondes souvent cloisonnés : le théâtre et le cinéma. Son style, immédiatement reconnaissable, a influencé nombre de ses contemporains et continue d’inspirer les costumiers actuels. Des expositions lui ont été consacrées, et son nom figure aujourd’hui dans plusieurs anthologies de l’histoire du costume de scène.
L’Irene Sharaff Award, créé après sa mort, récompense chaque année un ou une costumière remarquable dans le domaine du théâtre américain. Une manière concrète de prolonger son exigence et son goût de l’excellence.
Son travail, entre tradition, flamboyance et narration visuelle, reste une référence incontournable pour quiconque s'intéresse à la manière dont le costume peut raconter une histoire sans jamais prononcer un mot. Et dans le cas de Irene Sharaff, ces histoires ont souvent été inoubliables.