Ilya Naishuller
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- Production
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Détails
| Autre nom | Илья Найшуллер |
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Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Ilya Naishuller, né le 19 novembre 1983 à Moscou, en Russie, est un réalisateur, scénariste, musicien et producteur qui s’est fait connaître par un style visuel nerveux, hyper dynamique et franchement casse-cou.
Si son nom n’est pas encore dans toutes les bouches, ses films, eux, ont fait tourner bien des têtes, parfois au sens propre, vu l’effet de ses caméras en mouvement perpétuel. Avant de se lancer dans le cinéma, Ilya Naishuller fait ses armes dans la musique. Il fonde le groupe Biting Elbows, un mélange de rock alternatif et d’électro-punk qui se taille un joli succès d’estime à Moscou. Mais c’est surtout grâce à ses clips en vue subjective, réalisés pour son propre groupe, qu’il attire l’attention du monde entier.
Un premier coup d’éclat venu du fond de l’œil
En 2013, Ilya Naishuller explose littéralement sur Internet avec le clip Bad Motherfucker, réalisé pour Biting Elbows. Filmé en vue subjective, ce court-métrage ultra-violent et chorégraphié comme un jeu vidéo d’action cartonne sur YouTube. Entre cascades, gunfights et courses-poursuites en plan-séquence, on est à mi-chemin entre Call of Duty, Crank et Jason Bourne sous caféine. Résultat : des millions de vues, une réputation instantanée, et un téléphone qui ne tarde pas à sonner.
Le concept de la caméra embarquée à la première personne, rarement utilisé avec autant d’aisance dans un clip, devient la marque de fabrique de Ilya Naishuller. Il faut dire qu’il ne fait pas dans la demi-mesure. Là où certains réalisateurs évitent la confusion, lui l’embrasse, pourvu que ce soit stylé, brutal, et un peu fou.
Hardcore Henry : un long-métrage à la première personne
Fort du succès de son clip, Ilya Naishuller passe au long-métrage avec Hardcore Henry (2015), un film d’action tourné intégralement en caméra subjective. Oui, tout le film. C’est une première dans l’histoire du cinéma à ce niveau de production.
Produit notamment par Timur Bekmambetov, le film est un concentré d’action non-stop, avec bastons acrobatiques, poursuites en jetpack, explosions, et une narration... disons secondaire. On y suit Henry, un homme cybernétique muet, qui tente de sauver sa femme dans un Moscou dystopique en démolissant tout sur son passage. On ne regarde pas le film, on le vit, à condition d’avoir le cœur bien accroché.
Présenté au festival de Toronto, Hardcore Henry reçoit un accueil mitigé mais curieux. Certains crient au génie, d’autres à la migraine. En tout cas, Ilya Naishuller réussit un coup d’éclat : transformer un gimmick visuel en expérience cinématographique à part entière. Même si la critique reste partagée, personne ne peut dire que le film manque de personnalité.
Nobody : la confirmation hollywoodienne
En 2021, Ilya Naishuller revient sur le devant de la scène avec Nobody, un thriller d’action plus classique dans la forme, mais toujours efficace dans l’exécution. Il ne signe pas le scénario (écrit par Derek Kolstad, le créateur de John Wick), mais il y apporte son savoir-faire visuel et son sens du rythme.
Le film, porté par Bob Odenkirk (oui, Saul Goodman dans Breaking Bad et Better Call Saul), raconte l’histoire d’un homme apparemment banal qui cache un passé très, très dangereux. À mi-chemin entre vengeance familiale et défouloir ultraviolent, Nobody assume son côté série B stylisée. Le public suit, les critiques aussi, et le film devient un petit succès surprise.
Avec Nobody, Ilya Naishuller montre qu’il peut s’adapter à un cadre hollywoodien tout en gardant sa signature visuelle nerveuse et fluide. La mise en scène est soignée, les scènes d’action parfaitement lisibles, et l’humour noir bien dosé. Bref, un film de genre maîtrisé, sans prétention mais franchement jouissif.
Entre Russie et États-Unis : un pied dans chaque monde
Si Ilya Naishuller tourne à Hollywood, il reste très lié à la scène artistique russe. Il continue à produire des clips, à collaborer avec des musiciens, et à développer des projets en Russie. Son bilinguisme culturel lui permet de naviguer entre deux mondes, même si, dans le contexte politique actuel, cela devient un exercice délicat.
Discret dans les médias, il préfère laisser parler ses images. Il ne donne pas dans la grande déclaration artistique, mais dans l’exécution millimétrée de plans d’action conçus comme des chorégraphies. Son cinéma n’est pas cérébral, il est physique, viscéral, presque vidéoludique par moments. Et c’est justement ce qui le rend intéressant.
Filmographie
3 sur 3 films