Hisashi Igawa
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Détails
| Autre nom | 井川比佐志 |
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Nationalité |
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Hisashi Igawa, né le 17 novembre 1936 à Shinagawa, dans la préfecture de Tokyo (Japon), est un acteur japonais dont la carrière, discrète mais profondément marquante, traverse plus de six décennies de cinéma et de théâtre.
Son nom est indissociable de l’univers de Shōhei Imamura, mais aussi de réalisateurs majeurs du nouveau cinéma japonais d’après-guerre. Hisashi Igawa, avec sa présence grave, ses traits expressifs et sa sobriété de jeu, incarne une certaine idée de l’acteur au service du propos, souvent loin des projecteurs, mais toujours au cœur de l’image.
Formé au théâtre dans les années 1950, Hisashi Igawa fait ses débuts dans un Japon en pleine transformation sociale et artistique. Le cinéma japonais connaît alors un tournant important, s’éloignant du classicisme pour aborder des sujets plus contemporains, plus crus, souvent teintés de critique sociale. C’est dans ce contexte que Hisashi Igawa trouve sa place, prêt à endosser des rôles d’ouvriers, de marginaux, de fonctionnaires écrasés ou de figures tragiques du Japon moderne.
Une figure récurrente du cinéma de Shōhei Imamura
C’est en collaborant avec Shōhei Imamura, l’un des grands noms du cinéma japonais d’après-guerre, que Hisashi Igawa devient un visage incontournable pour les cinéphiles. Il apparaît notamment dans L’Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (Nippon sengen, 1970), Le Profond Désir des dieux (Kamigami no fukaki yokubō, 1968), et surtout La Vengeance est à moi (Fukushū suru wa ware ni ari, 1979), où il livre l’une de ses performances les plus saisissantes.
Dans ces films, Hisashi Igawa incarne des personnages souvent ambigus, parfois effacés, mais jamais insignifiants. Son jeu, sans emphase, se distingue par une économie de gestes et une intensité intérieure. Il représente une forme de réalisme rugueux, à rebours du spectaculaire, ce qui colle parfaitement à la vision quasi-anthropologique du cinéma d’Imamura.
Loin d’être une simple silhouette, Hisashi Igawa devient une figure humaine profondément ancrée dans la réalité japonaise, parfois résignée, parfois révoltée, mais toujours crédible. Il est aussi de ceux que la caméra semble aimer pour leur capacité à porter le poids de l’histoire avec retenue.
Une filmographie au service du cinéma d’auteur
En dehors d’Imamura, Hisashi Igawa travaille également avec d'autres grands réalisateurs du cinéma japonais contemporain, comme Masaki Kobayashi, Yoshishige Yoshida, ou encore Kiju Yoshida. Il ne cherche jamais la notoriété facile, préférant les films à message, les rôles secondaires forts, les histoires ancrées dans la réalité sociale et politique du pays.
Il apparaît aussi dans Kagemusha (1980) d’Akira Kurosawa, dans un petit rôle, ce qui témoigne de la reconnaissance de ses pairs, même dans des projets de plus grande ampleur. Là encore, il fait preuve d’une capacité rare à s’intégrer dans des univers visuels très marqués, sans jamais en dénaturer l’équilibre.
Son jeu traverse les décennies sans vieillir, précisément parce qu’il ne repose pas sur des effets de mode. Il reste, tout au long de sa carrière, un acteur de caractère, attaché à la justesse, au détail, et à la densité humaine des rôles qu’il choisit.
Une carrière marquée par la fidélité au théâtre et à l’art dramatique
Bien que très actif au cinéma, Hisashi Igawa n’abandonne jamais le théâtre, qui reste pour lui un espace essentiel d’expression. Il s’illustre notamment dans des pièces de dramaturges japonais contemporains, mais aussi dans des adaptations de textes européens, apportant à la scène la même rigueur que devant la caméra.
Il est également connu pour son engagement artistique, souvent dans des œuvres dénonçant les travers de la société japonaise : bureaucratie rigide, pertes de repères, solitude urbaine. Toujours sans surjeu, sans spectaculaire, mais avec une vérité brute.
Ce lien constant entre théâtre et cinéma façonne une identité d’acteur complète, capable de passer d’un médium à l’autre sans jamais perdre sa cohérence artistique. Dans un monde de l’image parfois dominé par l’éphémère, Hisashi Igawa appartient à une génération qui croit à la durabilité des personnages et des récits.