Hiam Abbass
- Casting
Détails
| Autre nom | هيام عباس |
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Nationalités |
| Filmographie | 7 films |
Biographie
Hiam Abbass, née le 30 novembre 1960 à Nazareth, en Israël, est une actrice et réalisatrice d’origine palestinienne, naturalisée française. Figure discrète mais essentielle du cinéma international, elle traverse depuis plus de trois décennies des récits chargés d’histoire, d’exil et d’intimité.
Sans jamais sur-jouer la souffrance, Hiam Abbass incarne à l’écran des femmes fortes, souvent tiraillées entre plusieurs identités, entre la mémoire et le présent, entre appartenance et éloignement. Elle a grandi à Deir Hanna, un village arabe au nord d’Israël, au sein d’une famille musulmane. Une enfance marquée par les contradictions du territoire, les non-dits politiques et la force des liens familiaux. Très tôt, Hiam Abbass se tourne vers le théâtre, puis s’installe en France dans les années 1980, où elle entame une carrière d’actrice loin des circuits dominants mais avec une régularité impressionnante.
Une actrice de frontières : entre cinéma d’auteur, séries et grandes productions
Si Hiam Abbass est aujourd’hui connue du grand public grâce à son rôle de Marcia Roy dans la série Succession, sa carrière s’est construite bien avant HBO. Elle débute au cinéma dans les années 1990 et se distingue très vite dans des rôles exigeants, porteurs de mémoire, souvent liés aux mondes arabes. Elle tourne dans Haïfa de Rashid Masharawi, The Syrian Bride, Paradise Now, Free Zone de Amos Gitaï, Munich de Steven Spielberg ou encore Lemon Tree, dans lequel elle interprète une veuve palestinienne en lutte contre l’armée israélienne — rôle poignant et sans emphase, qui la révèle à un public plus large.
On la retrouve aussi dans des productions hollywoodiennes comme Blade Runner 2049, The Visitor ou The Red Tent, ainsi que dans des séries comme Ramy, The Old Man, The Promise, toujours dans des rôles à la fois puissants, retenus, et habités.
Dans chacun de ces projets, Hiam Abbass impose une présence. Pas spectaculaire, mais dense. Elle ne cherche jamais à séduire. Elle capte. Elle creuse. Elle trouble.
Une réalisatrice attentive aux silences de l’Histoire
Au-delà de son travail d’actrice, Hiam Abbass passe aussi derrière la caméra. Elle réalise deux courts-métrages (Le Pain et La Danse éternelle) et surtout un long, Inheritance (2012), tourné en Galilée. Un film sur la famille, la mémoire, les conflits internes, les départs et les retours. On y sent déjà son style : contemplation, tension sourde, refus du spectaculaire. Elle y raconte aussi, à sa manière, ce que c’est que d’être "de là-bas" mais d’avoir choisi "d’être ailleurs".
Sa propre fille, la réalisatrice Lina Soualem, lui consacre en 2023 un documentaire, Bye Bye Tiberias, dans lequel Hiam Abbass revient sur ses choix de vie, son départ de Palestine, et les silences qu’elle a laissés derrière elle. Ce film lève un coin du voile sur ce que Hiam Abbass ne dit pas toujours à l’écran, mais qui l’habite profondément : la transmission, la rupture, le lien aux mères, aux filles, aux lieux qu’on quitte sans cesser d’y appartenir.
Une identité artistique à part, loin des étiquettes faciles
Hiam Abbass échappe à toutes les cases. Arabe, palestinienne, israélienne, française… elle ne revendique rien en bloc, mais compose avec ces appartenances multiples. Elle refuse les rôles caricaturaux et accepte volontiers ceux qui interrogent, déplacent ou dérangent. Elle parle plusieurs langues, vit entre la France et le monde, tourne aussi bien dans des productions locales que dans des films internationaux.
Elle a d’ailleurs plusieurs fois raconté les choix qu’elle a dû faire très tôt : partir pour pouvoir jouer librement, quitter une société où les rôles de femmes étaient étroits, mais sans jamais couper le lien avec sa culture d’origine. Ce tiraillement est devenu un moteur. Il nourrit ses rôles, il nourrit ses films, et il lui donne cette présence rare à l’écran à la fois enracinée et en suspens.