Henry Selick

  • Réalisation
  • Production
  • Écriture

Détails

Autre nom Charles Henry Selick Jr.
Âge
Nationalité
Filmographie 2 films

Biographie

Henry Selick est né le 30 novembre 1952 à Glen Ridge, dans le New Jersey, aux États-Unis. Réalisateur, scénariste et animateur, Henry Selick est surtout connu pour ses films d’animation en stop-motion, un art qu’il a contribué à sortir de l’ombre grâce à des œuvres marquantes, souvent sombres, toujours poétiques. Si son nom est parfois éclipsé par celui de certains collaborateurs plus médiatisés, son influence, elle, est bien tangible et continue d’inspirer toute une génération de créateurs.

Une passion de l’image née dans les marges

Enfant, Henry Selick est fasciné par les films d’animation traditionnels, mais ce sont les œuvres plus atypiques qui le marquent durablement, notamment celles de Ray Harryhausen ou les ombres animées de Lotte Reiniger. Cette fascination pour le mouvement artisanal le pousse à étudier à la Rutgers University, avant de se tourner vers des écoles d’art comme l’Université de Syracuse puis surtout le California Institute of the Arts (CalArts), où il suit le programme d’animation expérimental dirigé par Jules Engel.

Ses courts métrages réalisés à CalArts, comme Phases et Tube Tales, sont rapidement remarqués, et Henry Selick se retrouve dans les années 70 à travailler chez Disney, participant à divers projets sans jamais s’éloigner de son intérêt pour des formes d’animation plus tactiles, plus minutieuses, presque sculptées.

De The Nightmare Before Christmas à Coraline : un style immédiatement reconnaissable

Le grand tournant de la carrière de Henry Selick survient en 1993 avec la sortie de The Nightmare Before Christmas. Longtemps (et à tort) attribué uniquement à Tim Burton, ce film est en réalité réalisé intégralement par Selick, sur la base d’un poème écrit et produit par Burton. Ce chef-d’œuvre gothique en stop-motion devient une référence instantanée dans le genre. Henry Selick y impose un style visuel fort, mêlant architecture tordue, lumière rasante et personnages à la fois étranges et attachants.

En 1996, il adapte James and the Giant Peach, basé sur l’œuvre de Roald Dahl, confirmant son goût pour les mondes entre l’enfance et le cauchemar, où les héros affrontent des réalités souvent cruelles en déployant leur imagination.

Mais c’est sans doute en 2009, avec Coraline, qu’il atteint un nouveau sommet. Adaptée d’un roman de Neil Gaiman, cette œuvre marie horreur psychologique et esthétique de poupée, dans un monde parallèle terrifiant et fascinant. La technique y est au service de l’émotion : Henry Selick filme chaque plan avec une précision maniaque, en utilisant pour la première fois le stop-motion en 3D stéréoscopique. Coraline est un succès critique et public, et reste aujourd’hui une pierre angulaire du cinéma d’animation contemporain.

Une carrière marquée par les projets inachevés et les paris risqués

Malgré ses réussites, le parcours de Henry Selick est loin d’être linéaire. Plusieurs de ses projets ont connu des annulations ou des retards importants. The Shadow King, par exemple, devait être son retour avec Disney après Coraline, mais il est abandonné en cours de route. Le cinéaste évoque souvent la difficulté de faire exister une animation artisanale dans une industrie tournée vers l’instantané et le rentable.

Il revient néanmoins en 2022 avec Wendell & Wild, coréalisé avec Jordan Peele, une œuvre qui mêle humour noir, thématiques sociales et démonologie. Là encore, on retrouve la “patte Selick” : un univers visuel foisonnant, une narration à double niveau (enfants et adultes) et une attention extrême aux textures. Le film, produit par Netflix, prouve que le réalisateur n’a rien perdu de sa fougue, même si son style ne colle pas aux canons les plus commerciaux.

Un cinéaste de la matière, du détail et de l’entre-deux

Le style de Henry Selick ne se résume pas à une esthétique sombre ou à une animation minutieuse. Ce qui le distingue vraiment, c’est sa manière de créer des mondes tangibles, presque palpables, dans lesquels chaque objet, chaque personnage semble avoir une histoire propre. Il ne cherche pas à rendre ses films réalistes, mais crédibles dans leur étrangeté.

On y retrouve souvent des thèmes récurrents : le double, la fuite dans l’imaginaire, l’enfance confrontée à la peur, les créatures grotesques mais bienveillantes. Les enfants qui peuplent ses films ne sont jamais candides ; ils apprennent à grandir dans des mondes fissurés, où la beauté et la laideur se confondent.

Une influence discrète mais durable

Aujourd’hui, Henry Selick est considéré comme l’un des grands artisans du cinéma d’animation. Moins médiatisé que d’autres réalisateurs, il bénéficie pourtant d’un immense respect dans le milieu artistique. Son approche lente, artisanale, rigoureuse, est à contre-courant d’un cinéma d’animation de plus en plus numérique. Il n’a pas cherché à faire de son nom une marque, mais ses films parlent pour lui.

Son influence se retrouve dans le travail de studios comme Laika, mais aussi dans certaines productions indépendantes qui revendiquent une esthétique plastique, imparfaite, presque “faite main”. À une époque où l’animation semble parfois se fondre dans l’image de synthèse, Henry Selick persiste à fabriquer ses mondes plan par plan, patient, perfectionniste, un bricoleur poétique dans un monde pressé.

Filmographie

  • Ajouté le
  • Modifié le