Harvey Keitel
- Casting
- Production
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 24 films |
Biographie
Harvey Keitel est né le 13 mai 1939 à Brooklyn, New York (États-Unis), dans une famille juive d’origine roumaine et polonaise. Acteur de caractère par excellence, Keitel n’a jamais été une "star" au sens hollywoodien du terme, mais il est devenu une figure incontournable du cinéma indépendant américain, notamment grâce à ses collaborations avec Martin Scorsese, Quentin Tarantino, et Abel Ferrara. Son regard perçant, son phrasé traînant et sa présence nerveuse à l’écran en font un acteur capable d’inspirer aussi bien la peur que l’admiration. Et parfois les deux en même temps.
Harvey Keitel et Scorsese : une amitié qui fait décoller les deux carrières
C’est Martin Scorsese qui donne à Harvey Keitel ses premiers grands rôles au début des années 1970. Who's That Knocking at My Door (1967), puis surtout Mean Streets (1973), dans lequel Keitel incarne un petit gangster tiraillé entre la foi catholique et la tentation de la rue. Ce film, également l’un des premiers grands rôles de Robert De Niro, lance le "cinéma de rue new-yorkais" : brut, nerveux, sincère. Et Harvey Keitel y est parfaitement à sa place.
Il enchaîne ensuite avec Taxi Driver (1976), dans lequel il joue le rôle trouble d’un proxénète, inquiétant et presque animal. Déjà, son jeu est marqué par une intensité à la limite de l’instinctif. Pas besoin de longs dialogues : Keitel joue avec le corps, les regards, les silences. Il n’est pas toujours au centre de l’histoire, mais on se souvient toujours de lui.
Une carrière en dents de scie, mais toujours engagée
Harvey Keitel a longtemps été considéré comme un acteur "difficile", exigeant, peu conciliant avec le système hollywoodien. Il refuse certains rôles, quitte parfois les tournages (Apocalypse Now, qu’il abandonne après quelques jours), et préfère le cinéma d’auteur, même si cela signifie rester en marge.
Cela ne l’empêche pas de tourner avec des réalisateurs majeurs comme Ridley Scott (Les Duellistes, Thelma & Louise), Jane Campion (La Leçon de piano), ou James Toback. Il brille aussi dans des films plus sombres, parfois controversés, comme Bad Lieutenant d’Abel Ferrara (1992), où il livre une performance extrême, à la fois choquante et bouleversante. Nu, hurlant, priant, brisé… Keitel y va sans filet.
Tarantino et le retour en grâce grand public
En 1992, Quentin Tarantino remet Harvey Keitel sous les projecteurs avec Reservoir Dogs, où il joue Mr. White, le criminel le plus calme et le plus raisonnable de la bande. Tarantino, qui l’admire profondément, en fait aussi le "nettoyeur" Winston Wolf dans Pulp Fiction (1994). Deux apparitions marquantes, très différentes, mais toujours avec ce mélange de sang-froid et de tension contenue qui est sa marque.
Ces rôles lui valent une reconnaissance renouvelée auprès du grand public. Il devient une figure culte, sans jamais renier sa fidélité au cinéma indépendant.
Un acteur fidèle à ses racines artistiques
Harvey Keitel est un membre fondateur de l’Actors Studio, où il a été formé à la méthode de jeu "à l’américaine", celle de Brando, de Pacino ou de De Niro : intense, personnelle, ancrée dans l’émotion brute. Il reste fidèle à cette école toute sa vie, s’impliquant dans des rôles exigeants, même dans de petits films.
Il apparaît aussi dans des œuvres plus étonnantes, comme Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Youth de Paolo Sorrentino, ou encore The Irishman (2019), où il retrouve Scorsese… et De Niro, encore et toujours.
Il n’a jamais été une tête d’affiche au sens classique, mais c’est l’acteur que les réalisateurs aiment avoir à leurs côtés : fiable, précis, profondément humain, et toujours prêt à se jeter dans l’inconfort d’un rôle difficile.
Harvey Keitel aujourd’hui : un vétéran respecté, une présence indélébile
Toujours actif, même passé 80 ans, Harvey Keitel continue de tourner, souvent dans des films indépendants ou internationaux. Il n’a pas besoin de faire du bruit pour exister : sa filmographie parle pour lui, riche, cohérente, fidèle à ses valeurs d’acteur.
Il reste une figure tutélaire du cinéma américain, un de ces rares comédiens dont la présence suffit à ancrer une scène, même sans mot. Pas besoin d’explosions, pas besoin d’effets spéciaux : Harvey Keitel, c’est une voix rauque, un regard inquiet, une colère rentrée — et parfois, une tendresse inattendue.
Filmographie
24 sur 24 films