Harve Presnell

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Filmographie 7 films

Biographie

Harve Presnell, né le 14 septembre 1933 à Modesto, en Californie (États-Unis) et décédé le 30 juin 2009 à Santa Monica, était un artiste complet, à la fois chanteur d'opéra, interprète de comédies musicales et acteur de cinéma et de télévision. Sa voix de baryton puissante et chaleureuse lui a d'abord ouvert les portes des scènes lyriques et de Broadway, avant de le conduire vers une seconde carrière prolifique à l’écran, souvent dans des rôles d’hommes puissants, élégants ou autoritaires. Un de ces visages familiers d’Hollywood, qu’on ne nomme pas toujours tout de suite, mais qu’on n’oublie pas.

Harve Presnell : une voix née pour la scène

Avant de devenir acteur, Harve Presnell est d’abord une voix. Formé à l’Université de Californie du Sud et au prestigieux Curtis Institute of Music à Philadelphie, il se fait connaître dans les années 1950 comme chanteur d’opéra et d’oratorio. Il collabore avec de grandes institutions comme le San Francisco Opera et l’orchestre symphonique de Los Angeles, interprétant des œuvres classiques avec une rigueur technique remarquable.

Mais c’est la comédie musicale qui va réellement le propulser sur le devant de la scène. En 1960, il crève littéralement l’affiche dans The Unsinkable Molly Brown à Broadway, dans le rôle de Leadville Johnny Brown. Ce rôle, taillé pour sa stature imposante et sa voix enveloppante, lui vaut des critiques enthousiastes et l’amènera à reprendre le personnage dans l’adaptation cinématographique de 1964 aux côtés de Debbie Reynolds.

Le film rencontre un joli succès, et Harve Presnell devient alors une figure marquante du cinéma musical des années 60. Son charisme viril, combiné à une voix exceptionnelle, en fait un acteur rare, capable de combiner intensité dramatique et puissance vocale, sans tomber dans l’excès ou la caricature.

Une traversée du désert... avant une renaissance inattendue

Après le succès de The Unsinkable Molly Brown, on aurait pu croire que la carrière cinématographique de Harve Presnell allait exploser. Mais Hollywood est parfois capricieux. Les années 70 et 80 sont moins généreuses pour lui sur le grand écran. Il retourne à la scène, où il reste une valeur sûre, enchaînant tournées de comédies musicales et opéras, notamment dans Annie, Camelot, ou encore The Sound of Music.

C’est finalement dans les années 90 que Harve Presnell opère un retour remarqué au cinéma, dans un registre radicalement différent. Il abandonne le chant pour incarner des personnages souvent austères, parfois froids, mais toujours crédibles.

Sa performance dans Fargo (1996), des frères Coen, marque un vrai tournant. Il y incarne Wade Gustafson, beau-père millionnaire à la mine fermée, peu impressionné par les manigances de son gendre. Peu loquace, imposant, Harve Presnell y livre un rôle tout en tension passive, preuve qu’il peut en dire long sans pousser la voix.

Du baryton à l’homme d’affaires sans pitié

Après Fargo, la carrière de Harve Presnell reprend un second souffle, cette fois dans des seconds rôles mémorables. On le retrouve dans Saving Private Ryan (1998), Patch Adams, Face/Off, ou encore dans Erin Brockovich. Son allure distinguée, son port altier et sa diction précise en font un choix évident pour incarner des figures d’autorité, qu’il s’agisse de militaires, de patrons ou de politiciens.

Il devient ainsi un de ces acteurs que les réalisateurs aiment avoir dans leur distribution : il donne du poids à ses scènes, crédibilise un univers, installe une ambiance. Même sans occuper le haut de l’affiche, Harve Presnell incarne cette idée d’élégance classique, héritée de ses débuts sur les planches.

Une longévité discrète mais respectée

Dans les années 2000, Harve Presnell poursuit sa carrière à la télévision, avec des apparitions régulières dans des séries comme The Pretender, Dawson's Creek, Cold Case ou encore ER. Il joue jusqu'à ses derniers mois, toujours avec ce même mélange de rigueur et de prestance.

Peu enclin aux projecteurs hors plateau, Harve Presnell laisse l’image d’un artiste complet, discret mais exigeant. Sa carrière, étendue sur plus de cinquante ans, traverse plusieurs générations sans jamais vraiment chercher à plaire à tout prix. Un choix rare, et qui explique sans doute pourquoi son nom reste associé à une forme d’élégance professionnelle peu commune.

Une présence qui ne laissait jamais indifférent

Qu’il pousse la chansonnette en costume d’époque ou qu’il lâche un regard glacial dans un bureau climatisé, Harve Presnell ne faisait jamais les choses à moitié. Il y avait chez lui une intensité retenue, une maîtrise du ton et du rythme qui trahissait ses années de scène.

Et s’il n’a jamais été une « star » au sens hollywoodien du terme, Harve Presnell fait partie de ces artistes dont la carrière parle pour eux. Une voix d’abord, une stature ensuite, et surtout un respect de l’art, du jeu, et du public. C’est peut-être ça, au fond, la vraie classe.

Filmographie

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