Halina Reijn
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Halina Reijn est née le 10 novembre 1975 à Amsterdam, aux Pays-Bas. Elle grandit dans une famille sensible aux arts et s’oriente très tôt vers le théâtre et la littérature. Son prénom, d’origine polonaise, lui vient de son héritage familial, bien qu’elle soit née et élevée aux Pays-Bas. Cette double résonance, européenne et personnelle, marquera aussi son regard artistique : sensible, intense, souvent ancré dans des récits identitaires et psychologiques.
Elle étudie à la Maastricht Academy of Dramatic Arts, l’une des institutions les plus reconnues du pays en matière d’interprétation scénique. Très vite, Halina Reijn se fait remarquer par son jeu expressif, capable de mêler vulnérabilité et dureté, intensité dramatique et subtilité émotionnelle. Dès ses débuts, elle impose une présence forte, à la fois magnétique et insaisissable. Pas exactement du genre à se fondre dans le décor.
Une actrice de théâtre reconnue aux Pays-Bas
La première partie de la carrière de Halina Reijn se construit solidement sur les planches, dans le circuit du théâtre néerlandais, en particulier au sein du Toneelgroep Amsterdam (devenu ITA – Internationaal Theater Amsterdam). Elle y collabore de manière très étroite avec Ivo van Hove, metteur en scène réputé pour ses adaptations modernes et souvent radicales des classiques.
Dans ce cadre, Halina Reijn interprète de nombreux grands rôles du répertoire, de Hedda Gabler à Maria Stuart, en passant par des figures shakespearo-bergmaniennes revisitées. Elle y développe une langue scénique singulière, intense, souvent physique, où le corps, la voix et la tension dramatique s'entrelacent. Elle devient rapidement une figure incontournable du théâtre néerlandais contemporain, admirée pour son engagement et sa capacité à se réinventer dans des univers souvent dérangeants.
Une transition vers le cinéma… devant et derrière la caméra
Si Halina Reijn débute comme actrice de cinéma dans des films néerlandais et européens dès les années 1990, c’est dans les années 2000 qu’elle se fait connaître à l’international, notamment grâce à Paul Verhoeven, qui lui confie un rôle marquant dans Zwartboek (Black Book, 2006). Dans ce thriller historique sur la résistance néerlandaise pendant la Seconde Guerre mondiale, elle impose une présence magnétique et ambiguë, entre sensualité et paranoïa.
Mais c’est surtout derrière la caméra que Halina Reijn attire une attention renouvelée ces dernières années. En 2019, elle passe à la réalisation avec Instinct, un film psychologique et dérangeant sur la relation entre une psychologue (interprétée par Carice van Houten) et un détenu manipulateur. Présenté au Festival de Locarno, le film est salué pour sa tension, sa mise en scène maîtrisée et sa complexité morale. Pas de sensationnalisme, juste un malaise intelligent, et, comme souvent chez Halina Reijn, une exploration des rapports de pouvoir et de désir.
Bodies Bodies Bodies : virage international et satire générationnelle
En 2022, Halina Reijn réalise Bodies Bodies Bodies, produit par A24, avec un casting jeune et américain. Ce slasher satirique, à mi-chemin entre l’horreur et la comédie de mœurs, déconstruit les codes des réseaux sociaux, du narcissisme et de l’amitié toxique dans un groupe de trentenaires enfermés pendant une tempête.
Le film, rythmé, caustique et brillamment mis en scène, surprend par son maîtrise du genre et de l’humour noir, tout en conservant une vraie profondeur psychologique. Il montre aussi que Halina Reijn sait s’adapter à d’autres langues, d’autres cultures, d’autres formes de narration, sans jamais perdre sa signature : la tension intérieure, la violence invisible, et une fascination pour les dynamiques humaines tordues.
Une voix féminine libre, à contre-courant des étiquettes
Au fil de ses projets, Halina Reijn construit une œuvre marquée par la complexité des rapports humains, souvent vus à travers le prisme du pouvoir, de l’intimité, du désir et de la manipulation. Elle s’inscrit dans une tradition européenne exigeante, mais sans élitisme. Son regard est parfois cru, souvent ironique, toujours acéré.
Elle revendique aussi un féminisme artistique : pas militant au sens frontal, mais profondément enraciné dans ses choix de récits, de personnages et de ton. Ses héroïnes ne sont jamais parfaites, encore moins dociles. Et ses récits refusent les réponses simples. Elle travaille d’ailleurs souvent avec Carice van Houten, son amie proche et partenaire artistique de longue date, dans une dynamique de création féminine fondée sur la confiance et la complicité.
Filmographie
4 sur 4 films